Evénements et anniversaires

De 12 juin 2026 à 12 juin 2026

“Voci Nascoste. Le lingue che resistono”: quand les langues minoritaires deviennent images, sons et mémoire vivante

À 18h30 au centre Le Milieu d'Emarèse

 

Il existe des langues qui n’occupent pas une grande place dans les statistiques, mais qui renferment des mondes entiers. Des langues qui résistent dans les voix non seulement des personnes âgées, mais aussi des jeunes générations, dans les gestes du quotidien, les chants, les paysages, les rites et les fêtes. C’est à ces communautés, à leurs territoires et à leur mémoire vivante qu’est consacrée ''Voci nascoste. Le lingue che resistono'', l’exposition qui sera inaugurée le vendredi 12 juin à 18h30 au centre Le Milieu d’Emarèse.

Le projet, organisé par l’Association La Clé sur la Porte ETS avec le soutien du Conseil régional de la Vallée d’Aoste, est conçu par CAMERA – Centre italien pour la photographie de Turin, en partenariat culturel avec le groupe Lavazza et Chora Media.

L’exposition présente trois projets photographiques commandés à Arianna Arcara (Monza, 1984), Antonio Ottomanelli (Bari, 1982) et Roselena Ramistella (Gela, 1982), consacrés au thème des minorités linguistiques dans les zones rurales et périphériques italiennes. Un parcours pluridisciplinaire qui associe photographie contemporaine, matériaux recueillis dans les territoires et les communautés concernées, ainsi qu’une série de podcasts réalisés par Chora Media, donnant naissance à une archive en devenir sur les marginalités linguistiques et les enjeux culturels, sociaux et identitaires qui leur sont liés.

''Voci nascoste. Le lingue che resistono'' construit un paysage visuel et sonore où la photographie rencontre l’histoire, la mémoire, la vitalité des personnes et la dimension symbolique des lieux, des fêtes et des mythes. Au cœur du projet se trouve un patrimoine de savoirs, de pratiques et de récits en constante transformation: le résultat de migrations, de coexistences, de dispersions linguistiques, de marginalités numériques et de centralités culturelles qui font de la diversité une valeur identitaire.

Le travail d’Arianna Arcara naît de la rencontre avec les communautés francoprovençales et le paysage de la Haute Vallée d’Aoste. À travers des entretiens et une présence attentive sur le terrain, l’artiste saisit dans les visages une tension émotionnelle capable de traverser les générations et de dépasser le temps.

Antonio Ottomanelli concentre, quant à lui, sa recherche sur les zones des Pouilles où l’on parle le griko salentin, retraçant les lieux liés à la musique et à la danse et mettant en lumière, à travers le paysage et ses transformations, les limites et les opportunités des processus de développement économique.

Roselena Ramistella porte son regard sur la communauté arbëreshe en Sicile, explorant ses usages, ses coutumes et ses symboles identitaires, avec une attention particulière portée à la volonté de résister à l’uniformisation culturelle et aux tendances mondiales.

Les œuvres d’Arcara, Ottomanelli et Ramistella ne racontent pas seulement la richesse de ces patrimoines, mais aussi le moment critique qu’ils traversent. Le vieillissement de la population, le dépeuplement des zones rurales, la reconversion économique des territoires, le tourisme de masse et l’uniformisation esthétique mettent aujourd’hui en péril des communautés, des langues et des mémoires qui continuent pourtant de résister.

Intégrée au Mine Festival – nouveau festival participatif qui, du 12 au 14 juin 2026, proposera dans la commune valdôtaine trois journées d’art, de musique, de photographie, de paroles, d’ateliers et de convivialité – l’exposition invite le public à réfléchir à la valeur des langues minoritaires non pas comme des traces du passé, mais comme des présences vivantes, fragiles et nécessaires, capables de raconter une Italie plurielle, complexe et profondément liée à ses territoires.