Objet du Conseil n. 5 du 17 janvier 1958 - Verbale

OBJET N° 5/58 - ALLOCATION DE SUBSIDES AU COMITÉ D'ENTENTE DES ASSOCIATIONS DE L'EMIGRATION VALDOTAINE.

Monsieur le Président, PAREYSON, déclare ouverte la discussion sur l'interpellation suivante, présentée par le Conseiller Madame Perruchon Veuve Chanoux et Monsieur le Conseiller Claude Manganoni, concernant la proposition d'allouer des subsides au "Comité d'Entente des Associations de l'Emigration Valdôtaine", interpellation transmise à Messieurs les Conseillers en annexe à l'ordre du jour de la séance:

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Monsieur le Géom. PAREYSON Président du Conseil de la Vallée

AOSTE

Monsieur le Président,

Nous vous prions de bien vouloir inclure dans l'ordre du jour de la prochaine séance du Conseil l'interpellation suivante:

"Ces années passées, la Junte régionale a accordé à M. l'Abbé Petigat, responsable du "Secrétariat Valdôtain" à Paris, des sommes considérables à titre de contribution à des oeuvres d'assistance.

Vu qu'à Paris il existe d'autres Associations d'émigrés valdôtains ayant pour but la solidarité et l'assistance entre émigrés valdôtains;

vu que les susdites associations se sont groupées en un seul Comité d'Entente;

nous demandons à la Junte régionale si elle ne juge pas préférable d'accorder ces contributions au Comité d'Entente, qui groupe toutes les associations d'émigrés valdôtains".

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos hommages respectueux.

Aoste, le 9-12-1957.

Signés: M. Céleste Perruchon V.ve Chanoux - Claudio Manganoni.

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Monsieur le Conseiller MANGANONI illustre brièvement l'interpellation en question et déclare ce qui suit:

"C'est notre devoir de démontrer notre esprit de solidarité envers nos frères émigrés à l'étranger, qui ont dû quitter leur clocher, leur pays, leur famille, leur Patrie, pour chercher du travail au-delà des frontières, solidarité non seulement morale mais aussi matérielle.

L'Administration régionale a donné une preuve concrète de cette solidarité matérielle envers nos émigrés.

En effet, nous voyons que, dans ces dernières trois années, l'Administration régionale a donné diverses allocations: 1.000.000 de lires en 1955; 1.050.000 en 1956 et 1.000.000 en 1957. Or, cet argent aurait dû être, - et peut-être il l'aura été -, destiné pour des buts d'assistance, pour venir en aide aux émigrés qui ont besoin de la solidarité concrète de l'Administration régionale.

Seulement, j'ai vu que ces subsides étaient accordés à une seule Association d'émigrés valdôtains. Nous savons qu'à l'étranger, et surtout en France, il y a plusieurs Associations qui ont un but d'assistance, de secours mutualiste. Or, tandis que ces subsides ont été accordés à une seule Association, depuis l'année dernière les Sociétés Valdôtaines se sont réunies dans un Comité d'Entente, c'est-à-dire elles se sont groupées, elles ont donné leur adhésion spontanée pour réunir et pour grouper ces Associations en un Comité d'Entente.

Je me demande, par conséquent, si la Junte ne croit pas plus opportun de donner ces subsides à ce Comité d'Entente, qui groupe toutes les Sociétés d'émigrés valdôtains".

Le Conseiller Madame PERRUCHON Veuve CHANOUX déclare ce qui suit:

"J'approuve ce que Monsieur Manganoni a dit, parce que je retiens que les émigrés ne seront peut-être pas tous groupés dans une seule Association et que, par conséquent, si nous voulons donner une aide aux émigrés, il faut tenir compte de ce Comité d'Entente, qui groupe toutes les Associations des émigrés.

Je ne peux donc qu'être d'accord sur ce que Monsieur Manganoni vient de dire et j'invite la Junte et le Conseil à prendre en considération toute l'œuvre d'assistance de l'émigration".

Monsieur l'Assesseur BORDON déclare ce qui suit:

"Je regrette de ne pouvoir être d'accord avec les deux Conseillers qui ont présente cette interpellation, parce que ce qu'ils ont écrit sur l'interpellation même, ainsi que ce qu'ils ont affirmé maintenant ne correspond pas à la réalité des choses et il est facile de le prouver.

Parlons avant tout très brièvement du Secrétariat valdôtain. Il est connu partout le monde: il a été créé en 1918 et il a toujours fonctionné très régulièrement.

Quels sont les buts du Secrétariat Valdôtain? Nous les connaissons tous; mais s'il y a quelqu'un qui les ignore, je dirai que le Secrétariat valdôtain a toujours travaillé, depuis sa création, pour l'assistance sociale de l'émigration (papiers d'identité, papiers de mariage, placement, etc...).

Comme justement Monsieur le Conseiller Manganoni a dit, à ce Secrétariat, qui a toujours été reconnu comme Secrétariat ou Association réunissant tous les émigrés en France, des subsides ont été annuellement donnés, à partir de 1951.

Les subventions allouées par la précédente Administration étaient peut-être moins fortes que celles allouées par l'Administration actuelle, car je n'oublie pas qu'alors on était plus riches de crédits imaginaires que de monnaie.

Cela dit, je voudrais vous rappeler que le Comité d'Entente est né, sauf erreur, le 27 mars 1957. Quels sont les buts de ce Comité? Je les ignore, parce que je n'ai jamais vu un Statut de ce Comité; et c'est drôle: comme ce Comité est né, on a presque eu la mésentente et la désunion entre les émigrés, car, vous le savez, la première discussion qui est surgie de ce Comité c'est au sujet du fameux dîner de Chézallet.

A propos de ce dîner on en a entendu et lu de toutes les couleurs, mais on n'a jamais voulu répondre car ce n'était pas le cas de perdre son temps pour des niaiseries pareilles. Ce ne serait pas non plus celui-ci l'endroit le plus indiqué, car ici nous avons des problèmes beaucoup plus importants à discuter.

Je voudrais seulement dire que on a eu des pourparlers avec des représentants du Comité d'Entente. Ces Messieurs sont venus nous faire savoir qu'ils avaient plaisir de faire un dîner à Chézallet, pour réunir les Valdôtains émigrés avec ceux du Pays.

Nous, nous n'avions rien à redire à cela et, personnellement, j'aurais peut-être participé à ce dîner, en payant naturellement ce que je devais payer.

Mais le Comité d'Entente aurait prétendu que la fête que la Région organise chaque année pour les émigrés n'eût pas eu lieu.

Je concorde avec ce qu'a dit le Conseiller Manganoni, car nous les émigrés nous les avons effectivement dans le coeur et, comme nous les avons invités ces dernières années, nous les inviterons cette année aussi et je pense que vous nous en donnerez l'autorisation.

Nous les recevrons avec plaisir et nous les porterons à travers la Vallée pour la faire connître à ceux d'entre eux qui ne la connaissent pas encore complètement et pour faire constater à tous les progrès qui ont été faits en Vallée d'Aoste en ces dernières années.

Naturellement, nous n'avons pas pu adhérer à la demande qui nous avait été faite par les représentants du Comité d'Entente. Vous vous rappellerez, certainement, qu'une des critiques les plus farouches, mais ridicules, qui ont été faites à ce moment-là, - et je vous assure que cette observation du Comité d'Entente n'a pas été bien accueillie par les émigrés - était que, cette manifestation étant payée par la Vallée, elle venait à peser sur les contribuables valdôtains.

Moi, comme contribuable valdôtain, je sais que tous les Valdôtains sont parfaitement satisfaits que nous suivions cette tradition, malgré l'avis contraire du Comité d'Entente.

Nous avons donc entendu dire que ce Comité n'était pas de l'avis de peser sur les contribuables valdôtains et alors je trouve drôle, - et j'exprime ici une opinion plutôt personnelle que comme Administrateur - que ces personnes qui font partie du Comité d'Entente, qui auparavant critiquaient les autres émigrés pour avoir participé à un dîner qui était à la charge des contribuables valdôtains, demandent aujourd'hui des subventions.

Ils ne seraient vraiment pas cohérents avec eux-mêmes.

Je ne veux pas continuer, car nous ne sommes pas ici pour faire de la polémique. Je remarque, cependant, que le Comité d'Entente n'a jamais rien demandé, tandis que d'autres Sociétés qui ont leur siège en France, - par exemple la Société de Secours Mutuel -, ont eu ce qu'elles méritaient, ce qu'on a cru de pouvoir donner.

C'est surtout une affirmation, qui a été faite, que je veux discuter ici: je peux prouver, à n'importe quel moment, que le Comité d'Entente ne réunit absolument pas tous les Valdôtains émigrés, mais simplement un groupe de Sociétés de Paris: l'Union Valdôtaine et ses satellites, le Rideau Valdôtain, l'Association Sportive et la Pro Schola de Champdepraz.

Une autre Société, le Groupe Théâtral Valdôtain, reste en dehors.

Le Comité d'Entente n'a pas été reconnu ni par le Groupe de Lyon, ni par le Groupe de Grenoble, ni par le Groupe de l'Association Valdôtaine de Genève.

Je crois que cela soit suffisant; mais en tout cas, si vous croyez de mettre en doute l'affirmation que le Comité d' Entente ne réunit absolument pas toutes les Sociétés des Valdôtains à l'étranger, je pourrais vous lire des déclarations, que je préfère, cependant, ne pas lire pour ne pas faire de la polémique".

Monsieur le Conseiller MANGANONI réplique ce qui suit:

"Je suis étonné des déclarations faites par l'Assesseur Bordon et je voudrais seulement lui faire observer certaines choses.

Je veux, avant tout, faire une déclaration: j'ai envers le Secrétariat Valdôtain et envers l'Abbé Petigat, qui le préside, le plus grand respect comme tous les émigrés valdôtains.

Le Secrétariat Valdôtain, a affirmé l'Assesseur Bordon, a été créé en 1918. Je voudrais rappeler à Monsieur Bordon que la Société de l'Union Valdôtaine de Paris a été fondée en 1897, c'est-à-dire 20 ans avant le Secrétariat, et il a toujours fonctionné.

Il me semble que l'affirmation de l'Assesseur Bordon, selon laquelle le Secrétariat Valdôtain est reconnu par tous et il groupe tous les Valdôtains émigrés, est une affirmation assez gratuite.

Je voudrais savoir comment l'Assesseur Bordon peut affirmer que tous les émigrés reconnaissent le Secrétariat Valdôtain. Ce Secrétariat aura sa fonction comme toutes les autres Sociétés ont la leur.

Pour ce qui est du Statut du Comité d'Entente, qui, selon l'Assesseur Bordon, n'existerait pas, je prierais à mon tour l'Assesseur de me faire voir le Statut du Secrétariat Valdôtain.

Quant à la fête de Chézallet, je préfère ne pas en parler, car je ne voudrais pas continuer la polémique, parce que mes points de vue non seulement ne s'accordent pas avec ceux de l'Assesseur, mais ils sont diamétralement opposés.

Si je voulais continuer, je pourrais démontrer que la grande majorité des émigrés valdôtains est de mon avis et non de celui de l'Assesseur Bordon.

Je veux ajouter une chose: l'affirmation que le Comité d'Entente ne demande pas de subsides, faite par l'Assesseur Bordon, est exacte: mais je pense que l'on ne doit pas attendre qu'il en demande: l'on devrait avoir le bon sens de demander à ce Comité d'Entente s'il en a besoin.

Si j'ai fait cette interpellation, ce n'est pas parce que le Comité d'Entente a demandé des subsides, mais parce que, en ma qualité d'Administrateur, je juge opportun que l'Administration régionale prenne contact avec le Comité d'Entente et lui demande s'il est disposé d'accepter les subsides, que jusqu'à présent on envoyait à une seule de ces Sociétés.

Je voudrais encore ajouter: serait-il possible d'avoir un compte-rendu détaillé des subsides que nous avons donné en ces trois dernières années?

Pourrions-nous savoir combien d'enfants ont été envoyés aux colonies avec les subsides, où et pour combien de temps? Et de même pour les autres voix.

Je demanderais donc, si cela est possible, d'avoir un compte-rendu de l'argent qui a été donné au Secrétariat Valdôtain.

Je pense que, comme administrateur, ce soit non seulement mon droit, mais mon devoir, de savoir où va finir l'argent des contribuables valdôtains.

Je finis en déclarant que c'est regrettable que l'Assesseur au Tourisme, avec la position qu'il a prise, ait contribué à augmenter cette déplorable division entre les émigrés valdôtains, créée et fomentée l'été dernier par l'Assesseur ou par la Junte, je l'ignore.

Et je souhaite que cette division ait à cesser et que l'année prochaine n'ait plus à se vérifier le fait que d'un côté on organise officiellement un diner payé par les contribuables valdôtains (- et à ce propos je ne sais pas si elle est juste l'affirmation de l'Assesseur Bordon que les contribuables valdôtains sont tous contents de payer ce dîner -), tandis que de l'autre côté il y ait des émigrés valdôtains avec des Autorités de la Vallée, des Administrateurs, qui justement et honnêtement ont payé de leur poche".

Monsieur l'Assesseur BORDON repousse l'accusation d'avoir créé et fomenté la division entre les émigrés et déclare qu'il s'agit d'une affirmation tout à fait gratuite, dont il ne s'étonne pas du tout, vu que l'on est bientôt à la veille des élections politiques.

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