Compte rendu complet du débat du Conseil régional

Objet du Conseil n. 3415 du 19 mai 1992 - Resoconto

OBJET N° 3415/IX Application des nouvelles orientations ministérielles des activités pédagogiques aux écoles maternelles valdôtaines. (Interpellation)

Président Je donne lecture de l'interpellation présentée par les conseillers Viérin, Perrin et Mostacchi.

Interpellation Vu le Décret Ministériel du 3 juin 1991 portant application des nouvelles orientations des activités pédagogiques de l'école maternelle d'Etat;

Rappelant les compétences statutaires en matière d'éducation et notamment l'article 40 du Statut spécial d'autonomie;

Considérant ainsi la nécessité et l'urgence, en raison de la spécialité de l'école valdôtaine de adapter les orientations susdites aux exigences socioculturelles et linguistiques du Val d'Aoste;

Considérant également l'opportunité d'organiser à cet effet des activités spécifiques de formation et de recyclage à l'intention du personnel de direction et enseignant;

les soussignés conseillers régionaux

interpellent

le Gouvernement valdôtain pour connaître:

- si les nouvelles orientations de l'école maternelle d'Etat ont été adaptées aux nécessités des écoles maternelles valdôtaines ou, au cas contraire, quelle en est la situation d'application au Val d'Aoste;

- les initiatives spécifiques de formation qui ont déjà été réalisées ou sont envisagées;

- ses intentions à cet égard.

Presidente Ha chiesto la parola il Consigliere Viérin.

Viérin (UV)Au mois de juin dernier, après une longue procédure, le ministre de l'Instruction Publique a arrêté un décret portant application des nouvelles orientations de l'activité pédagogique de l'école maternelle.

Il s'agit d'une mesure importante qui attribue à l'école maternelle les fonctions véritables d'une école, en la considérant comme le premier élément, le premier segment du système éducatif.

Parmi les points les plus importants nous pouvons rappeler la centralité de l'enfant non pas en tant qu'entité abstraite, mais comme un sujet actif qui est inséré du point de vue historique et du point de vue anthropologique par rapport à sa famille, à la société environnante, au milieu et à sa culture.

Il y a également une interaction entre l'enfant, l'école et sa famille, la société et la culture: rapport sur lequel doit être fondé le projet éducatif de cette école et enfin, ce qu'on a souligné auparavant, il y avait ou il y a dans ces orientations une attention spécifique du point de vue pédagogique et du point de vue didactique de l'école maternelle en tant que éléments de rénovation pour construire une continuité éducative avec l'école primaire.

Je disais: une mesure importante qui vise à faire de l'école maternelle une véritable école; nous connaissons tous quelle est l'importance de cette école à la lumière des études les plus récentes dans le domaine pédagogique parce que ce sont les années où se forme véritablement la personnalité de nos enfants.

Si d'une part nous voulons souligner l'importance de ce décret, l'importance de ces nouvelles orientations pour une rénovation de l'école maternelle, d'autre part nous devons également rappeler nos compétences statutaires en matière d'éducation et notamment l'article 40 du Statut spécial d'autonomie établissant que les programmes et les orientations de l'Etat sont adaptées aux exigences socioculturelles et linguistiques valdôtaines.

Il y a donc une raison supplémentaire pour souligner l'importance de ces orientations et en même temps pour en mettre en évidence la nécessité et l'urgence d'une adaptation. Ce qui a été fait auparavant pour les précédentes orientations; procédures qui ont été également suivies quant à l'école primaire; procédures qui, je crois, sont en cours de définition pour l'école moyenne.

Avec ces nouvelles orientations il y a eu, de la part de l'Etat, l'organisation d'activités spécifiques de formation et de recyclage à l'intention du personnel de direction et du personnel enseignant. C'est à cet effet qu'ont été récueillies les sollicitations pour lancer un plan extraordinaire de formation, de recyclage de tout le personnel de l'école maternelle afin, tout d'abord, de mieux comprendre quelle est la nature de ces orientations et ensuite de les appliquer du point de vue pédagogique et du point de vue de la nouvelle organisation du travail des enseignants qui en découle.

Sur la base de ces considérations, nous avons présenté cette interpellation, compte tenu que nous sommes presque au mois de juin 1992, afin de connaître si ces nouvelles orientations de l'école maternelle d'Etat ont été adaptées aux nécessités des écoles maternelles valdôtaines ou quelle en est la procédure suivie ou encore au contraire quelle en est la situation d'application au Val d'Aoste.

Il nous appartient de constater que depuis toujours l'école maternelle a été l'un des fleurons de notre système éducatif, depuis son institution en 1972, par la suite avec les différentes interventions et mesures adoptées.

Dans le but d'avoir une vision générale de cette situation, nous voulons également savoir quelles initiatives spécifiques de formation ont déjà été réalisées ou sont envisagées à fin de permettre à tout le personnel d'appliquer au mieux ces nouvelles orientations et, pour terminer, quelles sont à cet égard les intentions du Gouvernement de sorte que, également au sein de nos écoles maternelles, l'on puisse appliquer, compte tenu des adaptations nécessaires, ces nouvelles orientations.

Depuis 17,47 c'est le Vice-président Stévenin qui remplit les fonctions de Président de l'Assemblée.

Président La parole à l'Assesseur à l'Instruction Publique, Rusci. Je veux rappeler qu'il faut être au moins dix-huit dans ce Conseil pour pouvoir continuer les travaux.

Rusci (PRI) Les nouvelles orientations des écoles maternelles sont un document assez complexe qui demande une lecture, une réflexion attentive à fin de comprendre quel type d'école maternelle est nécessaire aujourd'hui aux enfants, à la société, à l'école élémentaire par la suite et par conséquence quel type d'adaptation on veut pour la Vallée d'Aoste.

Une circulaire ministérielle d'application 134 prévoit toute une série d'initiatives que nous avons déjà réalisées ou que nous sommes en train de réaliser.

Une Commission a été nommée et travaille déjà depuis quelques mois. Elle est formée par deux directrices d'école maternelle, par deux collaboratrices didactiques de l'école maternelle, par un directeur didactique de l'école primaire et par un responsable du service dell'IRRSAE.

Les directrices des circonscriptions d'Aoste et de Verrès ont déjà fréquenté un cours de formation spécifique à Turin avec leurs collègues de circonscription scolaire du Piémont.

L'Assessorat a demandé à l'IRRSAE l'organisation de cours de formation pour le personnel enseignant: un premier cours est déjà prévu pour le mois de juin prochain; il portera la réflexion surtout sur les aspects psychopédagogiques et socioculturels des orientations; un deuxième cours, assez plutôt, sur les aspects didactiques et méthodologiques, est prévu pour la prochaine année scolaire.

Une fois achevée cette première phase, la Commission sera intégrée par des experts de psychologie pour approfondir les problèmes qui concernent l'intégration des enfants en difficulté et par les experts de linguistique pour approfondir les problèmes qui concernent l'apprentissage bilingue précoce; ils fourniront leurs conseils pour des initiatives dans les deux secteurs.

Un petit flash d'histoire maintenant.

Les premières orientations de l'Etat ont été approuvées en 1969; l'école maternelle régionale a été créée en 1972 et ses premières orientations ont été adaptées en 1983: onze ans après. Nous, on compte de faire plus vite.

Commission et corps enseignants seront concernés dans la formulation d'une série de propositions dont on veut tenir compte avant de rédiger un document qui, en tout cas, devra être en syntonie pédagogique avec les adaptations de l'école primaire.

Président Le Conseiller Viérin à demandé la parole.

Viérin (UV) Nous n'avons pas apprécié l'ironie de l'assesseur. Peut-être dans sa leçon d'histoire a-t-il oublié un passage important: c'est-à-dire, quand les compétences ont été reconnues au Val d'Aoste afin de pouvoir appliquer les programmes. Donc nous l'invitons à réviser cette période historique parce que son ironie sur les onze années qu'on a effectivement mis depuis la création de l'école maternelle pour adapter les autres orientations ne tient pas en considération un élément important. Nous l'invitons donc à se renseigner sur quand les décrets d'application du Statut nous ont permis de mettre en fonction la procédure par laquelle nous avons pu adapter les orientations de l'Etat. Il est vrai, le Statut remonte à 1948, mais comme l'assesseur le sait, sans décrets d'application de ce même Statut il s'agit d'une compétence exclusivement formelle et donc il faudrait rectifier cette considération.

Surtout, nous ne sommes pas satisfaits de la réponse de l'assesseur car il n'a pas répondu. Il est vrai que les orientations sont un document complexe qui nécessite une lecture attentive, mais peut-être l'assesseur a-t-il oublié de dire que depuis longtemps les enseignants valdôtains se penchent sur les documents préparatoires. Depuis 1989/1990, les conseils des enseignants se sont réunis, ils ont lu toutes les ébauches et toutes les propositions des nouvelles orientations; ils ont même constitué une commission; ils ont envoyé au Ministère et au Conseil national de l'Instruction publique leurs remarques et leurs formulations et donc il ne s'agit pas d'un document nouveau de ce point de vue. L'autre élément de contradiction que nous trouvons c'est de lancer un plan de formation des enseignants sur des orientations valdôtaines qui n'existent pas; encore une fois nous nous demandons, quel est le sens de la compétence statutaire que nous avons en matière d'éducation.

Il nous dit qu'on a créé cette Commission, qu'on a chargé l'IRRSAE et qu'au mois de juin 1992, après que depuis une année partout il y a déjà eu des activités spécifiques de formation, il y aura un premier cours, une première activité. Les autres activités la prochaine année.

Mais ce que nous ne comprenons pas c'est comment l'on peut former nos enseignants qui se trouvent face à des exigences socio-culturelles et linguistiques tout à fait différentes. Il y a la nécessité d'avoir des orientations spécifiques pour l'école maternelle sur lesquelles former le personnel.

Alors, je disais, quel sens y-a-t-il de former du personnel sur des orientations d'Etat? C'est là qu'à notre avis il y a un pas en arrière et un manque d'attention grave vis à vis de ce que sont nos compétences statutaires, parce que le processus a été inversé.

D'abord on dit qu'on avait mis onze années, tandis que maintenant on fera plus vite, mais rien n'a été dit quant à la procédure, parce que la procédure établie par l'article 40 du Statut est précise. Pourquoi les commissions mixtes n'ont-elles pas été convoquées? Je n'ai pas entendu parler de convocation de la commission qui doit nécessairement formuler un avis.

Le Conseil scolaire régional n'a pas été sollicité: on s'est réuni et il y a des points à l'ordre du jour, des points peut-être importants, mais les points que nous considérons comme capitaux n'ont jamais été inscrits à l'ordre du jour.

Et donc, non seulement il n'y a eu aucune attention à la procédure qui reste et demeure lettre morte, mais également on lance un plan de formation des enseignants sur des adaptations qui, au Val d'Aoste, n'existent pas.

Donc, nous ne pouvons que conclure que c'est l'homologation la plus totale du point de vue de l'activité pédagogique aux orientations de l'Etat.

Alors - nous l'avons déjà fait remarquer une fois, Monsieur l'assesseur, il voudrait mieux que vous déclariez que l'école valdôtaine n'existe plus, il existe l'école d'Etat qui ne nécessite aucune adaptation aux exigences spécifiques de l'école valdôtaine.

C'est pour ces raisons que nous nous déclarons insatisfaits des réponses fournies et nous déclarons également notre déception pour la façon avec laquelle ce problème important a été affronté.