Resoconto integrale del dibattito dell'aula. I documenti allegati sono reperibili nel link "iter atto".

Oggetto del Consiglio n. 2362 del 18 aprile 2012 - Resoconto

OBJET N° 2362/XIII - Question: "Actions pour la valorisation de la connaissance de la langue française dans les différents secteurs de l'économie".

Question

Rappelant l'article 38 du Statut Spécial pour la Vallée d'Aoste, Loi constitutionnelle n. 4 du 26 février 1948 concernant le caractère bilingue de notre région;

Constatant que, en Vallée d'Aoste, dans la perception commune l'apprentissage et l'utilisation de la langue française sont assimilés essentiellement à l'administration publique, à la culture et à la politique, et qu'on lui oppose parfois l'anglais auquel l'on attribue une utilité plus économique;

Estimant important de favoriser le plein épanouissement du patrimoine linguistique valdôtain - pour valoriser lequel notre région se fait charge d'importants investissements financiers - et de parvenir à lui attribuer une plus grande place dans l'économie et dans le monde de l'emploi, de manière à rendre plus attractif et dynamique l'apprentissage du français aux jeunes générations;

les soussignés Conseillers régionaux

Demandent

au Gouvernement régional:

1) si les politiques du travail comprennent des actions de valorisation de la connaissance de la langue française dans les différents secteurs de l'économie et lesquelles.

Signé: Patrizia Morelli - Giuseppe Cerise

Presidente - La parola al Presidente della Regione, Rollandin.

Rollandin (UV) - Merci M. le Président. Je remercie les collègues pour avoir souligné un aspect de notre langue qui est sans doute important, pour caractériser les différentes actions menées et pas seulement à l'intérieur de l'école...mais justement la partie économique. Je viens aux réponses ponctuelles aux questions posées.

"Si les politiques du travail comprennent des actions de valorisation de la connaissance de la langue française dans les différents secteurs de l'économie et lesquelles": pour ce qui est de cette question, dans le cadre des politiques de l'emploi, les actions de diffusion et de valorisation de la langue française sont une offre constante sur le territoire valdôtain. Leur financement passe essentiellement par des appels à projets, auxquels peuvent participer les organismes de formation régulièrement inscrits au registre des organismes accrédités par l'Administration régionale.

Pour ce qui est des programmes auxquels on fait référence, le Fonds social européen 2007/2013, un certain nombre de parcours de formation, conçus pour des groupes de 14 personnes et plus, ont été approuvés et réalisés sur tout le territoire régional. L'appel à projet n° 3/2008 a permis la réalisation d'un parcours de français de base de septembre à décembre 2009 et d'un parcours de culture française de février à mai 2009; l'appel à projet n° 3/2010 a permis la réalisation de deux parcours de français, niveau intermédiaire, le premier de janvier à avril 2011 et l'autre de mars à mai 2008; l'appel à projet n° 10/2011 a permis la réalisation d'un premier parcours de français de base de décembre 2011 à mars 2012, tandis qu'un second parcours, qui a débuté à mars 2012, s'achèvera en juin prochain. A mars 2012 un nouvel appel à projet a été approuvé et les organismes de formation accrédités auront la possibilité de présenter également des initiatives relatives à la diffusion de la langue française.

Pour ce qui est des interventions axées sur les capacités d'adaptation des personnels, des entreprises et des entrepreneurs, des parcours de valorisation de la langue française sont financés au sein des entreprises qui en font demande, dans le cadre de leur plan d'amélioration et de développement. Par ailleurs, les chômeurs peuvent bénéficier de bons de formation dans le cadre de la formation permanente; grâce à eux les intéressés peuvent fréquenter le parcours leur permettant de renforcer leurs compétences en vue de l'accès à davantage d'emplois et au nombre d'initiatives recevables figure l'attribution d'un financement en vue de la fréquentation des cours de français. D'autre part l'Eurydice, le programme, que la collègue connaît, d'échanges entre Régions membres de l'ARE (Assemblée des Régions d'Europe) offre la possibilité d'effectuer un stage à l'étranger, ce qui permet à l'intéressé d'acquérir une expérience professionnelle et de perfectionner ses compétences dans une langue étrangère. C'est ainsi que les jeunes valdôtains âgés de 18 à 30 ans peuvent demander de passer un certain temps dans une des neuf Régions françaises concernées, là où on a fait les accords.

Donc dans sa programmation le Fonds social européen destine constamment des ressources aux actions de formation en vue de la valorisation de la langue française et du renforcement des compétences linguistiques des personnels et des entrepreneurs valdôtains. Il faut ajouter à cela les autres importantes initiatives que l'Administration régionale a non seulement soutenues, mais aussi fortement voulues et encouragées, telles que le projet ESABAC, qui permet la délivrance d'un double diplôme sanctionnant la réussite à la fois de l'examen d'Etat italien et du baccalauréat français. Si la mise en place de ce dernier est le fruit d'un projet INTERREG mis en œuvre par la Vallée d'Aoste et la Haute Savoie, ESABAC s'étend aujourd'hui à toutes les Régions situées le long de la frontière franco-italienne depuis l'accord signé par le Gouvernement italien et français en 2009. Maintenant c'est un des projets qui est porté de l'avant aussi pour l'Eurorégion. Il ne faudrait pas oublier non plus les activités internationales de l'Université de la Vallée d'Aoste et notamment le double diplôme universitaire "Langues étrangères appliquées".

Il me semble donc que la Vallée d'Aoste fait tout son possible pour valoriser la langue française, non seulement parce qu'elle constitue un élément essentiel de notre spécificité et de notre identité, mais aussi parce qu'elle offre un atout professionnel sérieux aux travailleurs et aux jeunes de notre Région. Si nous poursuivons cette démarche, c'est parce que nous sommes convaincus que le fait de connaître plusieurs langues offre aux jeunes un avantage culturel et professionnel, c'est-à-dire une base plus solide pour relever les défis de la société contemporaine, et ce, même s'il est très bien évident aujourd'hui que l'anglais domine toujours le monde de l'économie et avance...le fait de connaître le français n'exclut pas de connaître aussi l'anglais, c'est une exigence d'aujourd'hui, et de la technologie et de la transmission des savoirs, comme le témoigne d'ailleurs une nouvelle récente. A partir de 2014 l'Ecole polytechnique de Milan dépensera toute sa formation magistrale, autrement dit les deux dernières années de cours et le cours de doctorat, exclusivement en anglais. C'est de toute évidence un peu ce qui se passe dans le monde, ce qui n'empêche qu'en suivant aussi, je crois...et c'est la raison pour laquelle j'estime la collègue qui a posé cette question.

Nous faisons le possible pour maintenir cette attention vis-à-vis des entreprises, des travailleurs et des jeunes qui représentent le futur de notre collectivité. Merci.

Presidente - La parola alla Consigliera Patrizia Morelli.

Morelli (ALPE) - Merci M. le Président.

Président Rollandin, dans la prémisse de notre initiative nous mettions l'accent sur le fait qu'en Vallée d'Aoste la perception que l'on a quant à l'utilisation de la langue française est que cette langue soit liée à certains secteurs: la politique (nous nous exprimons souvent en français), le domaine culturel, et je pense à certaines associations savantes, à certaines publications, à certaines manifestations...et on la lie aussi à l'emploi dans l'administration publique. Mais en général la pensée courante attribue au français une valeur essentiellement culturelle, n'attribue pas une valeur économique, contrairement - comme vous le disiez - à ce qui se passe pour la langue anglaise, ce qui est confirmé par la nouvelle récente de l'Ecole polytechnique de Milan qui va adopter les cours en anglais.

Cette idée que le français est une langue essentiellement culturelle est répandue dans tous les pays de la francophonie, même en France. J'ai eu l'occasion de participer, dernièrement, à la réunion de la Commission culture de l'Assemblée parlementaire de la francophonie; un des volets qui ont été affrontés était lié à l'utilisation dans l'économie de la langue française, le titre était "Francophonie culturelle, francophonie économique, antagonisme ou complémentarité?"...Donc c'est un thème engageant et nous devons nous y confronter dans notre Région, qui est une Région bilingue, car si nous sommes tous persuadés que le français est un patrimoine important du point de vue culturel, historique, identitaire, nous devons aussi aller au-delà et lui donner une valeur plus économique. Comment le rendre plus actuel, comment rendre son apprentissage plus attractif surtout pour les jeunes générations? Car nous ne pouvons pas nous cacher le fait que c'est un patrimoine qui est de plus en plus négligé. Donc il faut se donner l'impératif de lui donner un rôle économique; le marché francophone, et non seulement le marché lié au tourisme, est un marché que nous devons et pouvons encore explorer, je pense à une action conjointe avec la Chambre, parce que le temps n'est plus où notre francophonie pouvait s'appuyer essentiellement sur les valeurs culturelles, historiques et identitaires. Il faut aller au-delà, penser - surtout dans des moments de crise comme le moment présent - à une valorisation ultérieure. Peut-être qu'il y a quelqu'un qui voit dans cette vision des aspects blasphèmes, je ne sais pas, il y a un peu cette vision de la langue française comme de quelque chose de culturel absolument supérieur, mais je pense qu'il faut regarder la réalité en face.

Voilà le sens de la question que nous avons voulu poser, à laquelle vous avez répondu en partie, car vous avez mis en valeur l'aspect de la formation: appel à projets, fonds social, renforcement des compétences; je crois que le moment est venu d'essayer de mettre à profit toute cette action de formation par des actions plus ciblées, pour ouvrir le marché du travail francophone à nos jeunes.