Oggetto del Consiglio n. 147 del 29 dicembre 1949 - Verbale
OGGETTO N. 147/49 - INSEGNAMENTO DELLA LINGUA FRANCESE IN VALLE D'AOSTA - MOZIONE DEL CONSIGLIERE SIGNORA DESAYMONET-RONC ANAIDE.
Il Presidente, Avv. Dr. BONDAZ, dichiara aperta la discussione sulla seguente mozione relativa all'"Insegnamento della lingua francese in Valle d'Aosta", presentata dal Consigliere Signora Désaymonet-Ronc Anaide e trasmessa in copia ai Signori Consiglieri:
"A Monsieur le Président du Conseil régional - AOSTE
Je n'ai pas été satisfaite des réponses évasives et incomplètes que M. l'Ass. à l'I.P. a donné a mon interpellation.
Comme je désire renseigner le Conseil Régional sur la situation dans laquelle se trouve l'enseignement de la langue française chez nous et l'inviter à prendre les mesures nécessaires pour favoriser cet enseignement, je me permets de vous soumettre la suivante
Motion
Etant donné que le ban du Concours organisé par le Casino de la Vallée pour des livres de texte Valdôtains n'a pas été publié par la presse locale et communiqué aux Instituteurs et que les enseignants sentent la nécessité d'avoir à leur disposition des livres propres à leur faciliter l'enseignement de la langue française.
Considéré que la liberté de choix des livres de texte sanctionnée par l'Arrêté ministériel - du 19-5-1947 - a été entravée par des moyens illicites.
Constaté que les instituteurs de la Vallée n'ont pas été complètement renseignés sur le contenu de l'Arrêté ministériel, comme il était prescrit par cet Arrêté même, et qu'il est nécessaire que l'enseignement de la langue française puisse être donné d'une façon plus libre, plus sereine et plus efficace:
Je propose:
que l'Autorité Régionale intervienne pour éliminer toutes les infractions aux dispositions ministérielles qui s'effectuent largement dans la Vallée (propagande - pressions - prohibitions) au but de favoriser l'adoption d'un unique livre de texte dans notre Région Autonome.
Aoste, 11 novembre 1949.
Signé A. Ronc-Désaymonet"
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Madame DESAYMONET-RONC, Conseiller, fait savoir qu'elle entend renseigner le Conseil sur la situation de l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste, sur les fautes commises, et sur les remèdes auxquels on doit recourir afin d'éviter qu'à l'avenir on ne constate pas de grave conséquences pour l'enseignement de la langue française, langue qui intéresse toutes les tendances sociales et toutes les zones de la Vallée d'Aoste.
Elle fait remarquer que l'enseignement de la langue française n'a pas, jusqu'à ce jour, donné les résultats satisfaisants que l'on espérait, et pense que l'on ne doit pas en rejeter la faute exclusivement sur les instituteurs. Ceux-ci, dès le début, ont démontré leur bonne volonté dans l'accomplissement de leur devoir.
La faute est à rejeter sur les plus hautes autorités scolaires. Elle pense que les autorités scolaires ont imposé d'une manière un peu brutale l'enseignement de la langue française, et qu'elles ne se sont pas occupées de fournir aux instituteurs et aux élèves les moyens propres à pouvoir bien enseigner et bien apprendre cette langue.
Elle ajoute que l'enseignement de la langue française présente de sérieuses difficultés, dues surtout au fait qu'à l'heure actuelle, en Vallée d'Aoste, les instituteurs ne peuvent plus compter sur la collaboration des familles des élèves, soit parce que les familles de l'endroit ont dû renoncer à parler français pendant plus de vingt ans, soit parce que de nombreuses familles ont immigré, avec somme conséquence un fort afflux d'élèves non valdôtains.
Elle pense qu'une des premières erreurs commises fut celle qui concerne l'adoption des programmes scolaires non coordonnés et excessivement vastes et complexes. Elle fait remarquer que l'élaboration des programmes concernant l'enseignement de la langue française devait être confiée à une Commission spéciale au lieu d'être confiée, comme on le lui a dit, à une seule personne, une institutrice, religieuse de l'Institut des Sœurs de Saint-Joseph d'Aoste. Elle pense que cette institutrice, auteur des livres de texte de langue française imposés dans les écoles élémentaires de la Vallée d'Aoste, s'est préoccupée, avant tout, de subordonner et d'adapter les programmes aux livres de texte, au lieu de subordonner l'élaboration des livres de texte aux programmes ministériels.
Elle pense qu'une autre erreur a été celle d'imposer l'adoption, en première et deuxième élémentaire, de vieux syllabaires publiés il y a plus de trente ans et qui ne sont certainement pas faits pour inspirer aux enfants de la sympathie et de l'intérêt pour l'étude de la langue française.
Elle fait remarquer que l'on a imposé également, pour les classes de troisième, quatrième et cinquième, l'adoption de livres de lecture, d'histoire, de géographie et d'arithmétique, trouvés tellement lourds que les instituteurs les ont appelés "les livres-briques de l'autonomie valdôtaine".
Elle juge que ces livres, mis à part le fait qu'ils contiennent des programmes excessivement lourds, sont nettement de caractère confessionnel.
Elle ajoute qu'après examen de ces livres, leur contenu confessionnel et leur ton propagandiste sont par trop évidents, et elle ajoute que cela a créé un certain mécontentement et diverses préoccupations qui ont fait que les instituteurs ont demandé qu'on mit à leur disposition des livres de texte plus "agréables", d'un contenu plus varié, et plus à même d'orienter des élèves vers les problèmes et les nombreuses exigences de notre vie moderne.
Elle regrette que l'on ait mis des obstacles - et cela de la part des plus hautes autorités scolaires locales -à l'adoption de nouveaux livres de texte pour l'enseignement de la langue française. C'est ce qui a fait penser que les autorités scolaires avaient concédé le monopole des programmes, des livres de texte, de l'instruction et de l'éducation de la population valdôtaine, aux Sœurs de l'Institut Saint-Joseph d'Aoste, grâce aux livres faits par ces mêmes sœurs pour l'enseignement de la langue française.
Elle rappelle que le Ministère de l'Instruction Publique, par la circulaire n. 163/26, du 19 mai 1947, envoyée à MM. les Proviseurs, accordait la plus entière liberté aux instituteurs en matière de choix de livres de texte et prohibait, de la manière la plus absolue, aux autorités scolaires, de faire pression sur les instituteurs dans le choix des livres de texte. Elle fait savoir qu'à la suite de la circulaire précitée, furent publiés de nouveaux livres pour l'enseignement de la langue française, livres qui nuisaient à l'adoption de ceux qui avaient été élaborés par les Sœurs de l'Institut de Saint-Joseph.
Elle se plaint de ce que soient intervenus en faveur des livres des Sœurs de Saint-Joseph la Directrice des Ecoles Elémentaires d'Aoste et les divers Assesseurs à l'Instruction Publique de la Vallée d'Aoste, qui n'eurent pas honte d'écrire de longues préfaces à ces livres, les louangeant et les recommandant aux instituteurs. Il en résulta que de nombreux maitres d'école qui avaient déjà spontanément décidé l'adoption de nouveaux livres plus aptes à faciliter l'enseignement de la langue française, abandonnèrent leur projet, craignant des représailles, et adoptèrent les livres recommandés par les autorités scolaires.
Elle pense que les autorités scolaires, profitant de l'indécision et de l'incertitude des instituteurs, sont en train d'introduire dans les Ecoles de la Vallée d'Aoste une nouvelle forme d'esclavage spirituel, et elle déplore vivement le système d'enseignement actuel.
Elle déclare que la situation scolaire actuelle devrait préoccuper les Conseillers régionaux en tant qu'administrateurs responsables de la Région.
Elle fait savoir qu'elle s'est adressée à l'Assesseur à l'Instruction Publique afin de savoir comment il entendait sauvegarder la liberté des instituteurs dans l'enseignement de la langue française, et elle précise qu'elle a décidé de transformer son interpellation en motion étant donné que l'Assesseur à l'Instruction Publique ne lui fournit pas d'explications satisfaisantes.
Faisant allusion au ban de concours publié par le Casino de la Vallée, concernant la rédaction des livres de texte en langue française, elle se plaint du fait que l'Assesseur à 1'Instruction Publique n'ait pas pris les dispositions nécessaires pour faire publier le ban de concours sur les journaux locaux, les faisant publier seulement sur les grands quotidiens italiens, et n'ait pas invité directement les instituteurs à participer au concours.
Elle fait noter que ceci démontre que l'Assesseur à l'Instruction Publique craignait que l'on ne choisit d'autres livres de texte pour l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste.
Elle déclare que la Démocratie Chrétienne s'est arrogé le droit et la responsabilité d'élever et d'instruire, suivant sa volonté, la population valdôtaine, la ramenant vers l'obscurantisme du Moyen-Age.
Elle pense qu'il n'est pas concevable que l'Union Valdôtaine, qui, avec la Démocratie Chrétienne forme la majorité du Conseil actuel, puisse permettre et favoriser une tendance scolaire visant à faire rétrograder la population valdôtaine.
Elle souhaite que les représentants du peuple valdôtain, qui aiment la langue française, et en conséquence désirent que cette langue soit enseignée dans les écoles suivant les meilleures méthodes, voudront bien s'unir au groupe social-communiste pour aider et encourager les instituteurs valdôtains. Ceci afin de les mettre en condition de pouvoir enseigner avec sérénité et tranquillité et avec la plus grande efficacité la belle langue française qui n'est pas seulement la langue de nos pères, mais est [testo aggiunto - visto: Il Segretario A. Brero] aussi la langue d'une des nations les plus policées du monde, nation qui a semé partout les nouveaux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, actuellement bannis de l'école valdôtaine.
Elle sollicite l'attention toute particulière du Conseil sur la circulaire précitée du Ministre de l'Instruction Publique, n. 163/26 du 19 mai 1947, et elle donne lecture des passages les plus marquants de cette circulaire. Elle fait ressortir entre autres la disposition n. 17: ".... secondo l'articolo 211 è fatto divieto ai maestri, ai direttori, agli ispettori ed in genere a tutti i funzionari preposti ai servizi dell'istruzione elementare di esercitare commercio dei libri di testo. Nei riguardi dei contravventori sarà provveduto in via disciplinare. La norma va interpretata ed applicata in senso estensivo intendendosi come attività commerciale la propaganda, il collocamento di testi presso i librai.... E ciò allo scopo di sottrarre l'insegnante e la scuola ad ogni possibile, anche se ingiustificato sospetto sulla correttezza ed obiettività della scelta dei libri di testo...".
Elle rappelle que la circulaire en question termine en rappelant aux autorités responsables de veiller à ce que tous les instituteurs soient informés d'une manière précise des dispositions contenues dans cette circulaire.
Revenant sur la question des préfaces écrites par les divers Assesseurs à l'I.P. sur les livres précités, elle donne lecture de ces préfaces, citant les phrases les plus élogieuses reportées sur la "Troisième partie" du "Chez nous", signées par M. l'Avocat E. Page, sur la "Quatrième partie" du "Chez nous", signées par le Géom. F. Bionaz et sur la "Cinquième partie" du "Chez nous", signées par le Dr. A. Berthet. Elle pense que ces préfaces ont été écrites en évident contraste avec les dispositions contenues dans la circulaire précitée du Ministre de l'Instruction Publique, portant le numéro 163/26 en date du 19 mai 1947.
Elle fait observer que les instituteurs ont adopté les textes recommandés par les autorités scolaires de la Vallée d'Aoste, et ajoute que d'après ce qui vient d'être exposé, il apparait par trop évident que les membres de la majorité tendraient et seraient plus intéressés à favoriser une certaine catégorie de personnes plutôt que d'encourager l'enseignement de la langue française.
Rileva che sui testi dei succitati libri "Chez nous" non è segnato il prezzo di vendita e ciò in contrasto con le tassative disposizioni della succitata circolare del Ministro della Pubblica Istruzione, di cui dà lettura, nonché con quelle del D.L.L. 21-8-1945, n. 714, che fanno obbligo agli editori di segnare il prezzo di vendita sui volumi.
Conclude, chiedendo che il Presidente della Giunta intervenga e adotti le necessarie disposizioni per il rispetto delle vigenti disposizioni e proponendo che siano fatti bandi di concorso per libri di testo da adottarsi dagli insegnanti con piena libertà di scelta.
Il Consigliere Sig. MANGANONI ribadisce le osservazioni e i rilievi del Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet.
Mr. l'Assesseur F. BIONAZ communique qu'avant d'écrire la préface du quatrième livre du "Chez nous", il a reçu les livres composés par M.me Ronc-Désaymonet et, après les avoir lus, il envoya une lettre de compliments à l'auteur. Il précise que Madame Ronc-Désaymonet, qui pourtant démontre d'être si bien renseignée sur les dispositions édictées par le Ministre de l'Instruction Publique S.E. Gonella, envoya une lettre-circulaire à tous les instituteurs, les priant de choisir et d'adopter comme livre de texte pour l'enseignement du français, son propre livre, mentionnant la lettre de compliments envoyée par l'Assesseur à l'Instruction Publique.
Il fait ressortir, par ailleurs, que lorsqu'il écrivit la préface de la quatrième partie du "Chez nous", il n'y avait pas encore d'autres livres pour l'enseignement du français dans les écoles élémentaires (IVème et Vème), et que, par conséquent, on ne commit alors aucune injustice.
Il conclut en faisant remarquer que, contrairement aux critiques émises contre les livres "Chez nous" et leurs auteurs, on devrait se rappeler qu'il faut reconnaître que les auteurs du "Chez nous" ont bien mérité, même dans le passé, pour le maintien de la langue française en Vallée d'Aoste.
Madame RONC-DESAYMONET, Conseiller, fait remarquer qu'elle n'avait pas l'intention de soutenir de ses propres livres, mais qu'elle a voulu mettre le point sur la question de l'instruction et de l'éducation de la jeunesse. Elle ajoute que l'on a violé le principe de la liberté du choix des livres de texte, et cela est si vrai qu'il a été produit recours à ce sujet.
Ensuite elle précise que l'Assesseur à l'Instruction Publique, F. Bionaz, ayant reçu de son éditeur ses livres en hommage, lui envoya courtoisement une lettre d'encouragement et d'éloges, lettre qui lui causa beaucoup de plaisir.
Mr. l'Assesseur BIONAZ fait remarquer que la lettre-circulaire envoyée aux instituteurs par Madame Ronc-Désaymonet avait un caractère de publicité pour ses livres.
Monsieur le Conseiller DAYNÉ déclare que - bien qu'il ne partage pas le point de vue de M.me Ronc-Désaymonet, Conseiller - il reconnait que l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste est encore donné d'une façon superficielle. Il propose d'incorporer l'amendement suivant à la motion présentée par M.me Ronc-Désaymonet:
1°) fixer les heures d'enseignement, par exemple, matinée en français, après-midi en italien, ou vice-versa;
2°) instituer une prime de 500 lires pour chaque élève promu, à condition que les élèves promus soient plus des 3/4 de la classe;
3°) que les examens soient plus sérieux que par le passé, parce qu'à l'heure actuelle les Commissions d'examens sont composées exclusivement d'instituteurs de l'endroit;
4°) que les commissions examinatrices soient toujours présidées ou par une directrice didactique, ou par un professeur de confiance ou par un instituteur ou une institutrice retraités qui aient toujours donné la preuve d'une grande application.
Monsieur le Conseiller MATHAMEL est d'accord avec Mr. le Conseiller Dayné pour reconnaitre que l'enseignement de la langue française laisse encore beaucoup à désirer, et il prie Mr. l'Assesseur à l'Instruction Publique de vouloir bien ordonner que l'on fasse des inspections dans les écoles.
Mr. l'Assesseur DEFFEYES déclare qu'il a l'intention de dire une parole "d'apaisement" en ce qui concerne la question soulevée par Madame Ronc-Désaymonet, Conseiller. Il faut reconnaître déclare-t-il, que l'enseignement du français a été repris dans les écoles élémentaires de la Vallée d'Aoste depuis peu d'années. Comme la chose est arrivée dans des conditions particulièrement difficiles, l'enseignement du français devra être encore perfectionné.
Il déclare qu'il ne partage pas l'opinion de M.me Ronc-Désaymonet en ce qui concerne les livres "Chez nous". A ce propos, il fait remarquer que le Conseil doit être unanime à reconnaître le grand effort accompli par les Sœurs de Saint-Joseph en matière d'enseignement de la langue française, en tenant compte du fait que si l'on n'avait pas préparé et édité les livres "Chez nous", ont aurait rencontré de nombreuses difficultés dans l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste.
Il pense qu'il n'est pas exagéré d'affirmer que l'apparition dans les librairies du "Chez nous" a produit une certaine émotion chez les valdôtains.
Il note que lorsque les Assesseurs à l'Instruction Publique écrivirent les préfaces des livres "Chez nous" (3ème, 4ème et 5ème partie), il n'y avait pas encore d'autres livres pour l'enseignement de la langue française.
Il admet que l'on peut y relever certaines erreurs, surtout au point de vue politique. Cela est normal, étant donné que l'Histoire fut écrite suivant la tendance politique à laquelle appartient l'auteur. Il pense qu'il n'est pas convenable, et cela dans l'intérêt de l'école valdôtaine et de l'enseignement de la langue française, de se déchaîner avec tant de violence contre des livres qui ont été écrit en parfaite bonne foi.
Il forme le vœu que d'autres personnes, appartenant à tous les milieux politiques, se chargent d'élaborer et de publier de nouveaux livres de texte en langue française. Il ajoute que M.me Ronc a été la première, après les Sœurs de Saint-Joseph, à écrire un livre pour l'enseignement du français, et pour ce fait, il n'a jamais manqué une occasion de la louer.
Il croit pourtant, qu'il est plutôt exagéré de dire qu'il y a, en Vallée d'Aoste, des personnes qui sont contraires à l'enseignement du français, et étant donné que les livres "Chez nous" bien que remplis de mérites, renferment aussi des lacunes et des erreurs, ils sont en butte aux critiques de ces personnes. Il pense qu'il faut s'insurger contre ces éléments dont le but est de combattre l'enseignement du français en Vallée d'Aoste. Il croit qu'il faut éviter de porter la question sur le plan politique.
Il fait remarquer qu'en qualité de Surintendant des Ecoles, il a toujours rappelé au corps enseignant que celui-ci avait toute liberté pour choisir les livres de texte, même provenant de France ou d'autres pays.
Il fait ressortir que justement à cause des difficultés que l'on rencontrait pour mettre à la disposition des instituteurs une plus grande variété de livres, la Junte a demandé, au cours des discussions sur le contingentement, l'admission à l'achat en franchise douanière, de livres imprimés en d'autres pays pour un total annuel de 5 millions de lires.
Il déclare qu'il n'est pas d'accord avec M.me Ronc-Désaymonet, Conseiller, en ce qui concerne la méthode d'enseignement, en tant, qu'à son avis, la pédagogie doit aider les enfants à devenir des hommes. Il ajoute qu'on ne peut parler de méthode de pédagogie, étant donné que les méthodes pédagogiques sont nombreuses.
Il dit qu'il n'est pas vrai du tout que dans le domaine scolaire ont ait exercé des pressions et instauré l'obscurantisme, car il se rappelle d'avoir personnellement communiqué la circulaire précitée du Ministre de l'Instruction Publique aux instituteurs, au moyen d'une circulaire spéciale de la Surintendance des Ecoles.
Il répète que le "Chez nous" avait été adopté parce qu'alors il n'y avait pas d'autres livres de ce genre dont on put se servir.
Faisant allusion, ensuite, au ton religieux des "Chez nous", il note que cela est dû aux convictions de l'auteur. Il ajoute que, par ailleurs, la plus grande partie des valdôtains est de religion catholique, et il pense que quiconque désirerait écrire des livres destinés à l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste, devrait respecter les sentiments religieux qui ont, en Vallée d'Aoste, des racines profondes.
Il revient sur l'inutilité qu'il y a à ce que la question de l'enseignement du français revête un aspect politique. Il prie donc Messieurs les Conseillers de collaborer dans l'intérêt commun, et pour l'amélioration des moyens et des méthodes d'enseignement du français.
Puis, il fait observer à Mr. le Conseiller Dayné qu'il serait souhaitable qu'il retire son amendement d'adjonction, qui pourra être examiné et largement discuté en temps et lieu, lorsque l'on s'occupera de la question de l'enseignement de la langue française.
A propos de la défense du principe de la liberté de choix des livres de texte, il fait remarquer que suivant ce principe on peut choisir les livres de texte que ce soient les "Chez nous", que ce soient les livres de Madame Ronc ou les livres publiés par des pays étrangers, à condition que les livres possèdent les qualités nécessaires prescrites. Il fait remarquer que si le Conseil, admettant la proposition de M.me Ronc-Désaymonet, décidait de publier un ban de concours pour l'élaboration de livres de texte pour l'enseignement de la langue française, il contreviendrait au principe de liberté de choix des livres de texte, étant donné que, logiquement, l'Administration régionale devrait, par la suite, adopter les livres jugés les meilleurs, ou tout au moins, donner un prix aux livres ayant gagné le concours. Et ceci serait une espèce de recommandation d'avoir à choisir ces livres.
Monsieur le Conseiller DAYNÉ dit qu'il retire son amendement d'adjonction, se réservant de le transformer en motion pour une autre réunion du Conseil.
M.me RONC-DESAYMONET insiste sur la nécessité qu'il y a à ce que soit sauvegardée la liberté du choix des livres de texte, et demande que le Président de la Junte intervienne pour faire respecter la loi et les dispositions ministérielles en vigueur.
Mr. BERTHET, Assesseur à l'Instruction Publique, fait observer que Messieurs les Assesseurs Bionaz et Deffeyes ont déjà parlé sur le problème dont il est question et que, par conséquent, il répondra directement à Madame Ronc-Désaymonet, Conseiller, sur les divers points de sa motion.
Il déclare, d'abord, que la motion qui a été présentée par M.me Ronc en date du 11 novembre 1949 est sans fondement. S'adressant ensuite à M.me Ronc-Désaymonet, il dit:
"La première question se rapporte au concours organisé par le Casino de la Vallée (S.I.T.A.V.) pour les livres valdôtains."
A cet égard, je n'ai qu'à confirmer ce que j'avais déjà déclaré dans la séance du Conseil du 27 octobre 1949, lors de votre interpellation.
Je répète aujourd'hui que l'idée, l'initiative du concours, sa préparation, sa publication dans les journaux, les revues, sa divulgation dans le pays, en un mot toutes les formalités nécessaires pour donner de la publicité à ce concours, ont été du ressort de la Direction de la S.I.T.AV. ou Casino de la Vallée.
Les moyens de diffusion dont la Société S.I.T.A.V. s'est servie, comme déjà démontré, sont principalement: la presse quotidienne de la Région piémontaise, "La Stampa", "La Gazzetta del Popolo", "L'Unità", "L'Umanità", "L'Avanti", "Il Corriere della Sera", etc. etc. et la radiodiffusion.
Voici d'ailleurs la meilleure preuve que M.me Ronc-Désaymonet était au courant: à la date du 20 septembre 1949, elle m'écrivait:
"Alcuni insegnanti mi hanno detto che è stato bandito un concorso per libri di testo valdostani e mi consigliano di concorrere, dato che i miei volumetti hanno incontrato il favore dei maestri e delle famiglie valdostane.
Mi permetto perciò di pregarla di volermi far sapere:
1°) C'è questo concorso?
2°) Quali ne sono le modalità?
3°) Quali sono i componenti della Commissione giudicatrice ?
La ringrazio e Le porgo ossequi vivissimi".
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En date 21 septembre 1949, je lui répondais:
"J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre da 20 courant me demandant les modalités, etc. du "deuxième Grand Prix International de Saint-Vincent, 1949"".
En réponse, j'ai le plaisir de vous remettre sous ce pli le "Programme du Concours" en question sur lequel vous trouverez tontes les informations que vous demandez.
Par ailleurs, je me permets de vous faire remarquer que la publicité de ce concours a été confiée à tous les grands journaux italiens.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de ma parfaite considération.
P.S. A titre .informatif, ci-joint, également, le n. 159 du "Corriere della Sera'', page 3 du 5 juillet 1949".
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En date 22 septembre 1949, elle m'écrivait:
"Le sono grata per gli schiarimenti che mi ha favorito in merito al Concorso al II Premio Internazionale Saint-Vincent.
Dato che le disposizioni non sono molto chiare in merito al Concorso pei libri di testo, ho deciso di rinunciare alla partecipazione.
Sarà per un'altra volta. - Omissis -".
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"La deuxième question se rapporte à la communication aux instituteurs du contenu de la circulaire du 19 mai 1947, n. 163/26 du Ministère de l'Instruction Publique sur le choix des livres de texte, dont lecture a été donnée. Je répète encore ici ce que j'ai déjà dit: le contenu de cette circulaire ministérielle a été transcrit dans la circulaire n. 960 de la Surintendance des écoles (dont il donne lecture) ayant pour objet "Adozione dei libri di testo per l'anno scolastico 1949-1950", et qui a été envoyée à M. l'Inspecteur, à tous les Directeurs didactiques de la Vallée, et pour information "a tutti i fiduciari dei circoli scolastici", de la Vallée."
Tous les points susdits ont encore fait l'objet de la circulaire n. 3735 du 21-9-1949, qui a été envoyée à l'Inspecteur scolaire et aux Directeurs didactique, pour qu'ils la communiquent aux instituteurs, à l'occasion des réunions plénières pour le choix des livres.
Et la chose est si vraie que M.me Ronc, Conseiller, dans sa lettre du 22 septembre 1949, a écrit:
"La ringrazio per la circolare chiarificatrice e rasserenatrice che la S.V. si è gentilmente impegnata d'inviare direttamente ai maestri".
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Mr. l'Assesseur Berthet dit, ensuite:
"M.me Ronc, vous êtes de mauvaise foi".
"Autre plainte de M.me Ronc-Désaymonet, Conseiller: c'est qu'il y aurait eu des pressions, des prohibitions pour favoriser un livre de texte plutôt qu'un autre".
Il n'y a rien de vrai en tout cela; c'est ce que j'ai déjà communiqué à M.me Ronc par lettre en date du 22 août 1949, n. 3343, et à la suite d'une enquête faite personnellement. Mais puisque elle insiste dans son accusation, je l'invite à me signaler quels sont les Instituteurs qui auraient été l'objet de pressions de la part des Autorités scolaires ou autres pour l'adoption d'un livre de texte plutôt qu'un autre. S'il y a des coupables, on prendra à leur égard les mesures nécessaires établies par la circulaire elle-même.
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"Il y a enfin un quatrième point qui se rapporte à la "nécessité que l'enseignement de la langue française puisse être donné d'une façon plus libre, plus sereine et plus efficace".
Quant au quatrième point je suis d'accord avec M.me Ronc, Conseiller, de bien soigner l'enseignement de la langue française dans nos écoles. Toute proposition, faite par elle, venant s'ajouter aux délibérations déjà prises en cette matière, sera examinée avec attention par les bureaux compétents.
Qu'on veuille bien nous soumettre des propositions pratiques à cet effet. Je souhaite que cette étude soit encore intensifiée à l'avenir pour augmenter la culture des élèves et le bien-être de la Vallée."
Mr. le Conseiller MANGANONI fait remarquer que M. l'Assesseur Berthet a affirmé que la Direction de la S.I.T.A.V. a fait publier sur les journaux piémontais le ban de concours dont il est question. Il note, à ce sujet, que lorsqu'il y a d'importantes communications à faire au public, et qui concernent les intérêts de la Vallée, ces communications doivent également être publiées sur des journaux locaux. Il pense que l'on doit imputer ce lapsus à l'Assesseur à l'Instruction Publique. Il fait ensuite remarquer que l'Assesseur a, de plus, affirmé d'avoir informé tous les instituteurs des modalités de la circulaire du Ministre de l'Instruction Publique. Il croit qu'une pareille affirmation ne doit pas correspondre à la vérité étant donné que l'Assesseur a été le premier à violer les dispositions de la circulaire précitée, en recommandant aux instituteurs le livre "Chez nous" comme livre de texte pour les écoles élémentaires.
Il ajoute que l'on ne peut pas prétendre que les instituteurs suivent ces dispositions lorsque l'Assesseur à l'Instruction Publique est le premier à les transgresser. Il déclare, ensuite, que l'accusation de mauvaise foi au lieu d'être adressé à M.me Ronc doit être retournée à l'Assesseur à l'Instruction Publique.
Mr. l'Assesseur BERTHET, mentionnant les divers points de la circulaire déjà si souvent citée, lit, devant le Conseil, la lettre du 11 août 1949 envoyée par M.me Ronc-Désaymonet:
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"In questi giorni verrà affidato alle stampe il mio IV° volume, per l'insegnamento del francese, richiesto da maestri e famiglie valdostane.
Come da Sua promessa, spero che Ella vorrà intervenire, onde far cessare quella sistematica opera di sabotaggio compiuta dalla Direzione didattica e dalla Sovraintendenza agli Studi di Aosta, a danno dei miei volumetti che, pure, furono apprezzati in Valle.
Sarei grata alla S.V. Ill.ma se mi volesse informare delle decisioni che intende prendere, perché sia tutelata, presso i maestri, la libertà di adozione dei libri di testo, sancita con decreto ministeriale e non venga ostacolata l'iniziativa di un'insegnante laica che desidera rendersi utile alle scuole della sua Valle.
Con ringraziamenti ed ossequi".
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Mr. l'Assesseur Berthet fait savoir qu'à cette lettre il a répondu par la lettre suivante, datée du 22 août 1949 (portant la référence 3343) dont il donne lecture:
"J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 11 courant, par laquelle vous vous lamentez de ce que vos ouvrages scolaires, en langue française, soient systématiquement boycottés par la Direction Didactique et la Surintendance aux Etudes.
En réponse, je vous informe, qu'après une enquête effectuée par moi, il m'appert que les ouvrages scolaires ont été choisis librement par les enseignants. Il se peut que des pressions aient été exercées auprès des dits enseignants (comme on en exerça, d'ailleurs, pour discréditer d'autres ouvrages). Mais, ces pressions ont eu un caractère strictement privé, et, en conséquence il est très difficile pour moi d'intervenir.
Néanmoins, je prends d'ores et déjà les dispositions nécessaires pour rappeler à toutes les Directions didactiques de la Vallée d'Aoste que le choix des livres à adopter doit se faire en tenant compte uniquement de la valeur pédagogique, littéraire et morale de l'ouvrage.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de ma considération distinguée".
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Il fait remarquer que le 24 septembre Madame Ronc-Désaymonet, lui écrivait la lettre suivante, qu'il cite:
"J'ai appris que vous avez fait une préface pour un nouveau livre de texte scolaire des Rev. Sœurs de l'Institut de Saint-Joseph.
Comme je viens, moi aussi, de confier à la presse mon IVème volume pour l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste, voudriez-vous bien avoir la bonté d'accorder pareillement à mes livres l'honneur d'une votre préface, qui contribuerait si grandement à en favoriser l'adoption?
Dans l'attente de votre aimable réponse, je vous envoie mes remerciements anticipés et mes meilleures salutations".
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Et il dit qu'il a répondu par la lettre suivante, en date du 26 de ce même mois:
"J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 24 courant par laquelle vous me demandez une préface pour vos ouvrages scolaires.
En réponse, je vous serais reconnaissant de me faire parvenir l'ouvrage en question afin de me former une opinion.
Par la suite ce sera avec plaisir que je ferai la dédicace demandée.
Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments distingués".
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Il précise qu'à la date du 27 septembre 1949 M.me Ronc-Désaymonet, répondant à la lettre précitée, lui écrivait:
"Je vous remercie d'avoir aimablement adhéré à écrire pour mes livres, aussi, une préface.
Aussitôt que l'éditeur m'enverra les épreuves en pages je vous les ferai parvenir. - Omissis -."
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Il fait savoir que par la suite, notamment le 28 décembre 1949, il reçut de M.me Ronc une autre lettre (datée du 23-12-1949) par laquelle elle faisait savoir ce qui suit:
"Je vous avais prié d'écrire une préface aussi pour "Mon quatrième livre".
Mais ayant pris, actuellement, une plus vaste connaissance des dispositions ministérielles au sujet des livres de texte je désire ne point vous exposer à commettre, à mon égard, un acte qui heurterait ces dispositions.
Je vous remercie quand même et je vous envoie salutations et souhaits de bonnes fêtes".
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M.me RONC-DESAYMONET, Conseiller, répondant aux observations de Mr. l'Assesseur Berthet fait remarquer, avant tout, que celui-ci a affirmé qu'il a donné les informations qu'elle avait demandé au sujet du ban de concours publié par le "Casino de la Vallée" concernant les livres de texte en français. A ce sujet, elle fait noter qu'elle a demandé des renseignements, d'une part, parce qu'elle savait que d'autres instituteurs désiraient participer au concours, d'autre part, parce qu'elle même avait déjà préparé divers livres et était en train d'en élaborer d'autres.
Elle dit qu'elle n'a pu participer au concours parce que l'Assesseur à l'Instruction Publique ne lui donna pas de renseignements suffisants et lui fit parvenir seulement une copie du journal sur lequel on publiait le ban de concours, ainsi qu'une brochure.
L'Assessore Dr. BERTHET dichiara di avere consegnato alla Signora Ronc-Désaymonet l'opuscolo recante appunto il bando di concorso, con il relativo regolamento.
Il Consigliere Sig.ra RONC-DESAYMONET, ritiene necessario che si eliminino gli abusi ed i soprusi già verificatisi nelle scuole elementari. A tal'uopo ritiene che dovrebbe essere messo a disposizione degli insegnanti un numero maggiore di libri di testo affinché gli insegnanti possano procedere alla scelta dei libri preferiti senza tema di rimproveri o di rappresaglie da parte delle autorità scolastiche.
Aggiunge che, per conseguire tale scopo è necessario che si bandiscano concorsi per la preparazione di libri di testo secondo le modalità precise che l'autorità scolastica riterrà opportuno di fissare.
Chiede che la circolare del Ministero della Pubblica Istruzione sia portata a conoscenza di tutti gli insegnanti, in quanto le risulta che molti la ignorano.
Insiste sulla necessità che siano soppresse le citate prefazioni dai libri di testo "Chez nous" e i testi stessi "Chez nous" siano eliminati, in quanto si è contravvenuto a precise disposizioni ministeriali, intaccando il prestigio degli educatori e ledendo gli interessi della scuola.
Conclude, quindi, proponendo:
1°) che l'Amministrazione regionale, allo scopo di offrire ai maestri una maggiore possibilità di scelta di libri di testo per l'insegnamento della lingua francese, favorisca e promuova dei concorsi per detti libri, strumenti preziosi dell'attività degli insegnanti.
2°) che tutti i maestri abbiano precisa conoscenza delle norme citate nella circolare n. 163/26 del 19-5-1947, come da prescrizione della circolare stessa.
3°) che si provveda a far eliminare dai libri di testo "Chez nous" pubblicati dalle Rev. Suore dell'Istituto S. Giuseppe, le prefazioni degli Assessori alla Pubblica Istruzione le quali, violando l'art. 211 del T.U., intaccano la libertà degli insegnanti, il prestigio degli educatori e gli interessi degli alunni, con indebite pressioni sul corpo insegnante e col segnalare al medesimo i pregi dei libri succitati.
Il Presidente, Avv. Dr. BONDAZ, fa osservare al Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet che, secondo la prassi, le proposte surriportate non possono essere poste in discussione, in quanto non figurano nella mozione presentata, che deve, quindi, essere discussa nel testo presentato. Chiede se qualche Consigliere intenda formulare osservazioni in merito alla mozione presentata e illustrata dal Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet.
Il Consigliere Col. FERREIN osserva che il Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet ha fatto presente che vi sono altri libri in materia di insegnamento della lingua francese oltre ai libri di testo editi a cura delle Reverende Suore di San Giuseppe. Chiede quali siano tali libri e gli autori dei medesimi.
Il Consigliere Sig.ra RONC-DESAYMONET risponde che ha inteso sollevare una questione di principio e non di autori.
Il Consigliere Sig. MANGANONI critica il contenuto dei testi "Chez nous" ribadendo quanto già affermato dal Consigliere Signora Ronc-Désaymonet.
Il Consigliere Sig.ra RONC-DESAYMONET rileva che nella riunione degli insegnanti, tenutasi nel mese di ottobre 1948, si è fatto divieto di adottare, come libro di testo, il suo libro, adducendosi la scusa che mancavano i volumi per la quarta e per la quinta classe elementare. Osserva che sui libri non sono indicate le classi, ma vi figura però la dizione "première partie" o "deuxième partie" o "troisième partie", ecc. Ribadisce che ogni insegnante ha il diritto di scegliere i libri di testo che più gli aggradano. Osserva che la circolare diramata dall'Assessore alla pubblica istruzione non riportava integralmente le disposizioni della circolare ministeriale n. 163/26 e non dava risalto al principio della libertà di scelta dei libri di testo nè alla disposizione che vieta la propaganda o la pressione in materia di scelta di libri di testo.
Chiede, quindi, che, come da proposta formulata nella sua mozione, "l'autorité régionale intervienne pour éliminer toutes les infractions aux dispositions ministérielles qui s'effectuent largement dans la Vallée (propagande, pressions, prohibitions) dans le but de favoriser l'adoption d'un unique livre de texte dans notre Région autonome".
L'Assessore Dr. BERTHET ribadisce quanto già esposto in precedenza, asserendo che non vi è stata alcuna pressione o propaganda, in materia, di scelta di libri di testo. Riferisce d'aver contestato tale addebito alla Direttrice Didattica d'Aosta precisando che la stessa gli dichiarò di non aver fatto alcuna pressione e di essersi anzi assentata il giorno in cui fu discusso tale argomento, dagli insegnanti.
Per quanto riguarda il secondo punto, l'Assessore Dr. Berthet rileva che le disposizioni diramate dal Ministero della Pubblica Istruzione, con la Circolare ministeriale più volte citata del 19-5-1947, sono state portate a conoscenza degli insegnanti con circolare n. 160 in data 10 marzo 1949. Dà lettura dei passi più salienti della circolare stessa, richiamando, in particolar modo, l'attenzione sulle disposizioni che riaffermano: la libertà di scelta per l'adozione dei libri di testo, il divieto di svolgere, sotto qualsiasi forma, propaganda per l'adozione dei libri di testo medesimi e l'invito al personale direttivo ed agli insegnanti ad astenersi da infrazioni con avviso di sanzioni di particolare gravità a carico degli eventuali trasgressori e con invito all'Ispettore Scolastico, ai direttori didattici ed ai fiduciari di render note le disposizioni della circolare a tutti gli insegnanti.
M. l'Assesseur DEFFEYES relève la nécessité d'en venir à des conclusions sur l'argument en discussion, et à exprimer un vote sur les propositions contenues dans la motion présentée par M.me Ronc-Désaymonet, Conseiller. Il fait remarquer qu'il est, cependant, indispensable, pour que ce vote ait lieu, que le Conseil ait en mains des données claires et précises. Or, - dit-il, - on a formulé, en ce sens, des accusations contre les Autorités scolaires; mais elles ne sont que verbales, tandis qu'elles doivent être écrites. Il est d'avis, qu'il faut avoir le courage de mettre noir sur blanc les griefs que l'on formule contre quelqu'un. Par exemple, on a accusé M.me la Directrice des Ecoles primaires d'avoir exercé des pressions pour le choix des livres de texte. A ce propos, il rappelle qu'il est d'usage de dresser procès-verbal de chaque réunion d'instituteurs; lui-même, dit-il, a pris part à des réunions où l'on discutait du choix de livres de texte, lorsqu'il était professeur. Par conséquent, il faudrait se reporter à ces documents pour contrôler comment la discussion a eu lieu.
Il met en garde le Conseil contre des confusions toujours possibles entre le principe de la liberté en matière de choix de livres de texte et les directives qui doivent inspirer les enseignants dans le choix de ces livres.
Il est opportun, dit-il, que le choix des livres de texte soit fait après un examen très attentif des différents facteurs et, particulièrement, en tenant compte aussi de la nécessité d'une certaine uniformité. Des raisons économiques suggèrent de faire en sorte qu'un livre de texte puisse servir non seulement pour le courant de l'année scolaire, mais encore pour les années suivantes. Un père de famille, ayant deux enfants qui fréquentent l'école à une classe de différence l'une de l'autre, sera bien content que les livres de l'année puissent servir au petit frère l'année prochaine. M. l'Assesseur Deffeyes est d'avis que, pour ces raisons, il est opportun que le directeur d'école primaire - qui a une compétence et une connaissance certaines en matière de livres de texte et qui, au surplus, a la responsabilité de l'orientation pédagogique de son école - puisse donner des instructions de caractère général, sans que pour cela on parle d'"obscurantisme" et de "peur" dans l'enseignement, car ces mots lui semblent bien trop gros, puisque tout instituteur a le droit de soutenir une méthode et une orientation personnelles.
Il conclut en insistant sur la nécessité que les infractions qui seraient commises par les Autorités scolaires soient connues et que les griefs soient justifiés par des preuves, pour que le Conseil puisse se prononcer sur le fonds et donner son vote en connaissance de cause. Il fait ressortir, aussi, que d'après ce qui est dit dans la motion présentée par Madame Ronc-Désaymonet, Conseiller, on ne voit pas clairement en quoi consistent ces infractions ou ces violations de la loi de la part des Autorités scolaires: demande-t-on au Conseil de se prononcer sur une nouvelle orientation pédagogique en adoptant un livre de texte unique, ou bien est-ce que le Conseil doit prendre des mesures envers les Autorités scolaires pour les infractions qui auraient été commises en vue d'adopter un livre de texte unique?
M.me RONC-DESAYMONET, Conseiller, fait observer que les propositions contenues dans sa motion du 11-11-1949 lui paraissent assez claires, puisqu'elle demandait que "les autorités régionales interviennent pour éliminer toutes les infractions aux dispositions ministérielles qui s'effectuent largement dans la Vallée (propagande, pressions, prohibitions), dans le but de favoriser l'adoption d'un unique livre de texte dans notre Région autonome".
Elle précise qu'il s'agit bien de propagande, - puisqu'il y a une préface de M. l'Assesseur à l'instruction publique au livre "Chez nous", - de pression - puisque recommander un livre c'est faire pression sur les enseignants -; quant aux prohibitions, dont elle s'est plainte, elle dit qu'elle s'est limitée à rapporter ce qui lui a été signalé.
M. l'Assesseur DEFFEYES, relate que lorsqu'il était Surintendant des études il a toujours pu agir avec la plus grande liberté, et que toutes les questions ont toujours été examinées de commun accord avec M. l'Assesseur à l'Instruction Publique. Il est d'avis qu'il n'y a eu aucune infraction de la part de M. l'Assesseur en préfaçant les livres "Chez nous", pour cette raison qu'au moment où ils ont paru, il n'y en avait pas d'autres pour l'Ecole Valdôtaine, et que ce livre signifiait, à ce moment-là, la rentrée de la langue française dans nos écoles. Il est pourtant d'accord sur le fait qu'à l'avenir, il ne soit plus écrit de préfaces par les Assesseurs, si d'autres livres devaient paraitre; mais il répète qu'on ne pourrait reprocher à M. l'Assesseur d'avoir préfacé les livres "Chez nous" au moment où ils ont paru.
En ce qui concerne les infractions qui auraient été commises par l'Autorité scolaire, selon Madame Ronc-Désaymonet, Conseiller, au moyen de "pressions" et de "prohibitions", il affirme qu'il est nécessaire qu'une enquête soit menée de la part des bureaux compétents, et que les résultats de cette enquête soient soumis au Conseil qui, après examen, pourra se prononcer, sur les mesures à prendre en conséquence. Il fait à nouveau ressortir que dans la motion présentée par Madame Ronc-Désaymonet, Conseiller, les infractions auxquelles elle vient de faire une allusion verbale ne sont ni spécifiées ni prouvées.
Il Consigliere Sig. MANGANONI, osserva che l'autorità avrebbe dovuto già effettuare una inchiesta, senza alcun bisogno di esserne richiesta, poiché vigilare è il suo compito. Ritiene che, peraltro, non occorra alcuna inchiesta per sapere se siano state scritte e pubblicate le prefazioni ai libri "Chez nous". Aggiunge che la ragione addotta dall'Assessore Prof. Deffeyes, - secondo cui le prefazioni sono state scritte quando il "Chez nous" era l'unico libro disponibile per l'insegnamento della lingua francese, - non regge. Infatti, dichiara, se era il solo libro, non c'era bisogno di scriverne la prefazione; se poi ve n'erano altri, gli Assessori avrebbero dovuto scrivere prefazioni anche per questi altri, poiché le cose vanno fatte con una certa equità e, cioè, le prefazioni vanno fatte o per tutti i libri di testo o per nessuno.
Rileva che tale è la prima infrazione in cui è incorsa la maggiore autorità scolastica, in quanto, ovviamente, una prefazione significa propaganda e, quindi, pressione presso il corpo insegnante per l'adozione del libro stesso.
Rileva che la seconda infrazione consiste nel fatto che sui "Chez nous" non è indicato il prezzo del volume, in violazione, quindi, al paragrafo 1 della circolare 163/26, in data 19-5-1947, del Ministero dell'Istruzione Pubblica.
L'Assessore Dr. BERTHET commenta il paragrafo 1 della succitata circolare, rilevando che esso fa esplicito riferimento ai libri di saggio pubblicati dagli editori ai quali è fatto obbligo di indicare sulla copertina il costo del libro di saggio, affinché il costo non sia poi modificato durante l'anno scolastico.
Il Consigliere Sig. BREAN osserva che a' sensi dell'art. 3, lettera g) dello Statuto speciale per la Valle d'Aosta, il Consiglio regionale ha potestà di emanare norme legislative e di integrazione in materia di istruzione materna, elementare e media. Propone, quindi, che il Consiglio regionale, valendosi di tale disposizione approvi una legge regionale con la quale si stabilisca che nelle varie scuole elementari della Valle d'Aosta deve essere adottato un unico libro di testo. Aggiunge che, in tal modo, sarebbe eliminata ogni discussione in materia di libri di testo.
Monsieur le Président, Avt. BONDAZ, pensant que le débat est épuisé, rappelle l'attention du Conseil sur les propositions formulées par M.me Ronc-Désaymonet, Conseiller, dans la motion reportée ci-dessus. Il invite, en conséquence, le Conseil à vouloir procéder à la votation.
M.me RONC-DESAYMONET, Conseiller, déclare que, si elle a présenté la motion dont il s'agit, ce n'est pas pour des raisons personnelles, mais seulement parce qu'elle entendait, comme elle l'entend, que le Conseil régional fût renseigné sur la situation dans laquelle se trouve l'enseignement de la langue française en Vallée d'Aoste.
Il Presidente, Avv. Dr. BONDAZ, chiede se qualche Consigliere intenda fare dichiarazioni di voto.
Il Consigliere Sig. NICCO Anselmo fa presente che nonostante si sia ampiamente discusso sulla mozione presentata dal Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet, non si è ancora a conoscenza della verità sui fatti riportati; e pertanto dichiara di astenersi dalla votazione.
Il Consigliere Sig. MANGANONI dichiara che gli altri Consiglieri del gruppo social-comunista voteranno a favore della mozione presentata dal Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet, in quanto le prefazioni scritte dagli Assessori sui libri "Chez nous" sono una forma di propaganda e di pressione per l'adozione di tali libri per l'insegnamento della lingua francese nelle scuole elementari.
L'Assessore Dr. BERTHET dichiara di astenersi dalla votazione.
Il Presidente del Consiglio, Avv. Dott. BONDAZ, pone, quindi, ai voti, per alzata di mano, la mozione presentata dal Consigliere Sig.ra Ronc-Désaymonet Anaide.
Si dà atto che, procedutosi alla votazione, per alzata di mano, si accerta il seguente risultato: Consiglieri presenti n. 32 (trentadue); Consiglieri astenutisi dalla votazione: n. 2 (due); Assessore dr. Berthet e Consigliere Sig. Nicco Anselmo; Consiglieri favorevoli all'approvazione della mozione n. 6 (sei: Sigg. Armand, Désaymonet-Ronc, Manganoni, Nicco G., Nouchy, Vacher); Consiglieri contrari all'approvazione della mozione n. 24 (ventiquattro).
Il Presidente del Consiglio, Avv. Dott. BONDAZ, visto e comunicato l'esito della votazione, dichiara che il Consiglio ha respinto la mozione presentata dal Consigliere Sig.ra Désaymonet-Ronc Anaide.
IL CONSIGLIO
prende atto.
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