Oggetto del Consiglio n. 139 del 22 ottobre 2008 - Resoconto
OBJET N° 139/XIII - Interpellation: "Initiatives pour la reconnaissance d'une valeur invalidante de la migraine".
Interpellation
Constatant que d'après les données officielles la migraine atteint plus de 10% de la population, causant, quand la crise survient, des douleurs dont l'intensité empêche de poursuivre les normales activités de travail ou domestiques;
Prenant acte du fait que l'Organisation Mondiale pour la Santé considère la migraine parmi les vingt pathologies plus invalidantes et que, malgré cela, la céphalée reste une maladie sous-estimée;
Ayant appris que la Région Lombardie, première en Italie, a reconnu à la migraine une valeur invalidante graduée de 1 à 46%, selon le type et la fréquence des crises;
Considérant fondamentale la prise en charge de la part de la Région de mesures de protection de la santé des citoyens, compte tenu aussi des démarches entreprises en ce sens dans le passé par des citoyens valdôtains;
la soussignée Conseillère régionale
Interpelle
l'Assesseur à la santé pour connaître:
1) la dimension du problème en Vallée d'Aoste;
2) quelles initiatives ont été prises jusqu'à présent à ce sujet;
3) quelles sont les intentions pour le futur, en particulier quant à la valeur invalidante de la migraine;
4) si le "Centro Cefalee" de l'hôpital Parini d'Aoste est opérationnel et officiellement reconnu.
Signé: Morelli Patrizia
Président - La parole à la Conseillère Morelli Patrizia.
Morelli (VdAV-R) - Merci, M. le Président. L'interpellation en question concerne la migraine, qui, malgré les progrès qui ont été faits dans l'étude des causes qui déclenchent la douleur, reste une des affections les plus mal soignées. On évalue en effet à 12% de la population l'incidence de la migraine, même si les données sont conditionnées par une sous-évaluation du problème, soit de la part du malade, qui rarement se manifeste, soit de la part des médecins qui parfois ne prennent pas pleinement conscience de la gravité du phénomène. D'après les données actuelles, 10% de malades de migraine ne se soignent pas et 50% se soignent eux-mêmes par automédication, car la migraine est une maladie invisible et absolument sous-estimée. La plupart des gens en général ignore le problème et la souffrance qui est associée à cette maladie, il ne s'agit pas d'un simple mal de tête, la migraine, comme l'Assesseur sait très bien, se caractérise par des céphalées qui surviennent par crises et des crises qui peuvent durer même jusqu'à 72 heures. La douleur est souvent insupportable au point que la personne atteinte par la migraine se trouve dans l'impossibilité de continuer dans les normales activités de travail ou liées à la quotidienneté. C'est justement pour dédommager de quelque façon ces personnes que la Région Lombardie a voulu reconnaître la valeur invalidante de la migraine. La migraine a été diversifiée en trois niveaux, selon la gravité, selon le type et la fréquence des crises, valeur invalidante qui donne l'accès à des facilités pour les consultations médico-spécialistes et la gratuité des médicaments.
Nous voudrions connaître la dimension du problème en Vallée d'Aoste, si elle a été évaluée; est-ce qu'on a des données là-dessus? Est-ce qu'une action de dépistage a été faite à travers les médecins de base? Quelles initiatives ont été prises jusqu'à présent même du point de vue de la sensibilisation des médecins de base et est-ce qu'on pense pour le futur suivre le chemin entrepris par la Lombardie quant à la reconnaissance de la valeur invalidante? Ceci évidemment avec la mise en acte d'une procédure scientifique systématique de contrôle, procédures qui normalement durent un certain temps et qui sont faites par des centres qualifiés et à ce propos la dernière question se réfère au Centre céphalées de l'Hôpital d'Aoste pour connaître si le Centre pourrait éventuellement remplir les fonctions liées à une reconnaissance de l'invalidité.
Président - La parole à l'Assesseur à la santé, au bien-être et aux politiques sociales, Lanièce Albert.
Lanièce A. - Merci, M. le Président. En effet il s'agit d'un problème que je connais très bien comme médecin. Je répondrai aux points n° 1, n° 2 et n° 4 ensemble. A compter de 1992 dans le cadre du Service de neurologie de l'Hôpital "Umberto Parini" d'Aoste, un centre national d'étude des céphalées a été ouvert. Il comprend deux médecins coordonnés par le Directeur Edo Bottacchi en qualité de Directeur de service, le Centre céphalée est ouvert au public tous les mercredi de 8,30 heures à 12 heures et accueille environ 8-9 patients par semaine, ce qui représente un total de 250 patients par an, soit 400 visites environ. Pour accéder au service il suffit de passer par le CUP (Centro unico di prenotazioni) et aucun examen médical préalable n'est nécessaire, évidemment les examens seront établis après la visite. En effet le Centre traite tant les céphalées communes que les plus complexes. A ce propos les généralistes et les spécialistes travaillent actuellement à la définition d'un protocole commun, afin d'orienter vers le Centre que les cas les plus complexes; par ailleurs, les initiatives destinées à informer la population sont également mises sur pied avec la collaboration de l'Association des patients souffrant de céphalée.
Pour ce qui concerne le point n° 3, le discours de la valeur invalidante de la migraine, il faut préciser que, pour l'évaluation de la médicine légale, effectuée par les Commissions médicales chargées de vérifier l'invalidité civile d'un patient, les références législatives sont les tableaux visés aux décrets du Ministère de la santé du 5 février 1992 et du 14 juin 1994, il est évident que l'évolution rapide des méthodes de diagnostic, de thérapie et de rééducation impose que les tableaux soient mis au jour et qui soient insérées les nombreuses pathologies cliniques et sociales qui ne figurent pas encore, comme les céphalées.
Pour ce qui est des initiatives destinées à changer les approches des personnes handicapées, je tiens à signaler que le Ministère de la santé a lancé un projet de recherche pour la mise au point d'un modèle d'évaluation inspiré des principes de la classification internationale du fonctionnement du handicap de la santé (ICF) de l'Organisation mondiale de la santé, destiné à établir le profil des patients en tenant compte de toutes les composantes biophysiques et sociales qui contribuent à limiter leur autonomie et leur autosuffisance. Ce projet demande un long travail que notre Assessorat régional de la santé a juste commencé.
En ce qui concerne la mesure adoptée par la Région Lombardie, je voudrais préciser avant tout que l'invalidité civile est reconnue à un échelon national et que les modalités de cette reconnaissance sont les mêmes sur tout le territoire italien. Pour ce qui concerne le pourcentage des handicaps inhérents la céphalée, le cadre de référence mis en place par la Lombardie n'a aucune valeur indicative et ne constitue qu'un outil de mise à jour, un support technique pour les commissions médicales lombardes.
Il convient également souligner que le système de reconnaissance du degré d'handicap (invalidité civile et/ou handicap) permet aux patients d'accéder aux bénéfices économiques et d'assistance prévus pour les invalides civiles, lorsque des handicaps permanents relatifs à des organes ou à des fonctions ont été vérifiés et ce même si la pathologie concernée n'est pas insérée dans le tableau du pourcentage d'invalidité pour les handicaps et les maladies invalidantes. En effet il est explicitement prévu que les critères d'équivalence des handicaps soient appliqués indépendamment de la maladie qui en est la cause.
Président - La parole à la Conseillère Morelli Patrizia.
Morelli (VdAV-R) - Merci, Assesseur. Je ne doute pas du fait que vous soyez sensible à cette problématique. Les données que vous donnez par rapport au Centre céphalée me font penser que peut-être effectivement il y a un manque d'information sur le territoire, car si le pourcentage de la Vallée d'Aoste, vous ne l'avez pas spécifié, correspond au pourcentage national et même international et au fait que l'Organisation mondiale de la santé considère la migraine parmi les vingt pathologies plus invalidantes, ces données me font penser qu'en réalité probablement le problème n'est pas réellement connu encore.
L'interpellation a été de quelque façon un peu sollicitée par des citoyens qui vivent le problème et attendent des réponses, donc le fait que vous ayez commencé à y travailler de quelque façon est encourageant. Je me souhaite que cela va continuer dans cette direction avec incisivité.
