Objet du Conseil n. 1650 du 23 février 2011 - Resoconto
OBJET N° 1650/XIII - Interpellation: "Actions pour prévenir et soigner le problème des troubles de l'alimentation en Vallée d'Aoste".
Interpellation
Vu la déclaration du Directeur général de l'USL selon laquelle les troubles de l'alimentation constituent en Vallée d'Aoste une plaie sociale;
Rappelant les données diffusées par le Ministère de la Santé qui relatent d'une moyenne annuelle de six nouveaux cas pour 100.000 habitants, contre les 40 nouveaux cas annuels pris en charge par le Centro per i disturbi dell'alimentazione de l'USL de la Vallée d'Aoste;
Considérant nécessaire d'intensifier les actions de prévention et de soin de troubles qui atteignent en particulier les jeunes de 15 à 25;
les soussignés Conseillers régionaux
Interpellent
L'Assesseur compétent pour savoir:
1) quelle dimension a pris le phénomène des troubles de l'alimentation en Vallée d'Aoste et s'il confirme la plus forte incidence du problème dans notre région par rapport à la moyenne italienne et si des études ont été menées pour en comprendre les raisons;
2) quelles actions ont été mises sur place pour prévenir, dépister et soigner ces pathologies;
3) si le Gouvernement entend intensifier les programmes tendant à contrecarrer ce grave phénomène.
Signé: Patrizia Morelli - Bertin
Président - La parole à la Conseillère Patrizia Morelli.
Morelli (ALPE) - Merci M. le Président.
Les troubles du comportement alimentaire, en particulier l'anorexie et la boulimie, sont typiques des sociétés industrialisées et donc du monde occidental duquel nous sommes part; la Directrice de l'USL les a dernièrement définis une véritable plaie sociale et elle a présenté l'activité du Centre pour les troubles de l'alimentation de notre région. Il paraît que 379 patients ont été pris en charge dans les dernières dix années, ce qui fait une moyenne d'environ 40 cas par an. C'est une donnée qui est très inquiétante, surtout si elle est confrontée avec les données du Ministère, qui parla de six nouveaux cas par an sur 100.000 habitants, qui représentent la moyenne nationale.
Or il est possible que dans une petite région comme la nôtre, où l'attention à ce problème est sûrement très accentué... le fait qu'il y a une majeure attention détermine aussi une plus forte incidence, toutefois ces données sont inquiétantes, car signifie que la Région Vallée d'Aoste présente des valeurs qui sont six fois celles nationales. Le problème est confirmé par les déclarations de la responsable du Centre régional pour les troubles alimentaires, qui affirme qu'il s'agit d'un problème encore submergé et en grande partie négligé, car les gens ont des difficultés à en parler. Il y a une certaine réticence à cet égard, ce qui signifie que l'incidence réelle serait encore plus grave et que, bien que 93 pour cent des patients soient des femmes, l'on sait que c'est une maladie qui atteint également les hommes et même les personnes qui ont plus de 25 ans, car la plus grande incidence se vérifie entre 15 et 25 ans. Nous voudrions donc connaître quelles sont les données dont dispose l'Assessorat, si cette plus forte incidence est confirmée et si on en a étudié les raisons, mais nous voudrions aussi aborder un autre volet du problème: celui de la prévention, car s'il est important de prendre en charge pour soigner les personnes atteintes par des troubles de l'alimentation, il est même plus important de porter de l'avant une action de prévention, donc quelles sont les intentions de votre Assessorat et du Gouvernement à l'égard de ce problème?
Président - La parole à l'Assesseur à la santé, au bien-être et aux politiques sociales, Albert Lanièce.
Lanièce A. - Merci M. le Président, je vais reprendre seulement deux données qui ont déjà été exposées par la Conseillère Morelli.
Pendant ces dernières années au niveau régional les troubles des conduites alimentaires sont augmentés même s'il n'y a pas une véritable croissance au niveau de l'incidence; l'incidence relevée, en effet, est au même niveau de celle nationale: en moyenne de 4-6 cas sur 100.000 habitants. Les données de l'activité de CDCA montrent qu'à partir de l'an 2000 jusqu'à 2010 le total - comme il a été rappelé - des accès au CDCA a été de 379, dont 83 pour cent femmes. Actuellement on enregistre 93 cas pris en charge, 24 sont traités comme anorexie nerveuse, la forme la plus dangereuse des DCA, 26 sont suivis comme boulimie nerveuse, tandis que 43 sont affectés par des troubles d'alimentation incontrôlée, troubles présents en environ 30 pour cent des patients obèses et qui jusqu'à maintenant ont été pris en charge seulement au point de vue diététique. Cette dernière donnée explique comment on est arrivés à une interprétation un peu imprécise, vous vous rappelez cette donnée de 40 cas, car en effet pour les 40 nouveaux cas de DCA il ne s'agit pas d'une augmentation dans la population de 40 nouveaux cas, mais il s'agit de patients déjà malades qui se sont adressés au centre dans la dernière année pour intégrer leur soin, donc l'incidence est un peu au même niveau de celle nationale.
Pour ce qui concerne les actions mises en place, à partir de 2000, départ du centre CDCA; les représentants et les opérateurs ont travaillé pour soutenir et faciliter la construction du réseau régional pour l'assistance aux personnes affectées de troubles de conduite alimentaire. Ils ont développé la formation intégrée pour le service de l'agence USL finalisée à l'amélioration des compétences du personnel professionnel, qui travaille dans les structures sanitaires destinées aux personnes affectées par les troubles de conduite alimentaire. Ils ont promu les interventions intégrées avec les différentes services qui travaillent dans ce domaine: santé publique, administrateurs locaux, associations.
En outre, on a défini le parcours de la prise en charge pour les troubles de conduite alimentaire en considérant le siège du centre CDCA comme le point de repère même pour les autres structures; ensuite on a formulé des protocoles concordés sur le parcours d'assistance continue, par exemple cabinet de consultation, day hospital, hospitalisation ordinaire, à l'intérieur et à l'extérieur de l'agence USL, pour des différents patients selon leur âge. On a formé et informé les différents spécialistes impliqués en matière de promotion de la santé et sur l'importance d'une diagnostique rapide, sur le correct traitement à adopter, sur les différentes structures de référence prévues par le programme de CDCA, ainsi que sur le comportement correct en matière de prévention des troubles liés aux conduites alimentaires. On a organisé un programme approprié d'informations adressé aux usagers, femmes et adolescents et une correcte communication à la population: Education à la santé. En même temps dans le cadre du plan régional on a mis en place un projet de prévention sur l'obésité infantile qui a été proposé à nouveau dans le plan régional de prévention 2010-2012, nommé La synchronie du bien-être; on a programmé des actions pour prévenir au niveau primaire et secondaire sur tout le territoire régional cette maladie, grâce à un projet qui prévoit un parcours promouvant le correct style de vie chez les enfants et les adultes.
Dans le cadre de collaboration en réseau, le projet prévoit la participation à différents niveaux des écoles, des familles, des administrateurs locaux. Ce projet permettra de disposer d'une première récolte systématique, scientifique des données objectives qui nous garantira un premier aperçu de la réelle situation en Vallée d'Aoste. Enfin on a accrédité une structure nommée La Casa per la salute à Brusson, où on a prévu dix places pour les soins résidentielles destinées aux personnes affectées par les troubles de conduite alimentaire, qui normalement étaient envoyées dans les structures hors région.
Pour ce qui concerne: "si le Gouvernement entend intensifier les programmes...", par rapport à ce qui a été illustré précédemment, on pense qu'au niveau de traitement les troubles liés à l'alimentation sont traités dans tous ses aspects, dans chaque point de vue soit au niveau clinique que psychologique. Ce qu'il faut intensifier c'est le travail sur l'intégration socio-sanitaire pour trouver des espaces communs d'action, de plus on est en train de penser à la création d'un système de participation des médecins de famille, pédiatres et médecins de médecine générale dans des initiatives de la promotion de la santé en matière des troubles liés à l'alimentation. Enfin on pense qu'on doit construire un système informatique régional, orienté à un contrôle épidémiologique et clinique que dans le temps puisse améliorer la conduite d'assistance aux patients affectés de cette pathologie. Le plan régional pour la santé 2011-2013 a, parmi ses priorités, la santé mentale, il faut accroître les services adressés à la santé mentale à travers des procès d'intégration socio-sanitaire qui arrivent à mettre la personne et ses besoins au centre.
Président - La parole à la Conseillère Patrizia Morelli.
Morelli (ALPE) - Merci M. le Président.
J'ai écouté attentivement votre réponse, Assesseur, je me sens tranquillisée du fait que les données régionales soient en ligne avec les données nationales; évidemment l'interprétation mathématique que j'avais donnée, comme vous l'avez fait remarquer, n'était pas correcte. Cependant le problème reste, je prends acte de toutes les actions qui ont été mises sur pied pour soigner les cas qui sont déclarés. Je pense toutefois encore utile de souligner la nécessité de la prévention et je vous demande d'avoir plus d'informations sur ce projet, "la synchronie du bien-être", qui est diffusé dans les écoles et duquel je n'ai vu aucune référence dans le catalogue de l'offre culturelle préparé par l'Assessorat de l'instruction publique. Je vous demanderais donc d'en connaître davantage, car il est démontré qu'une bonne éducation alimentaire pour les enfants et pour les familles est la meilleure prévention pour ce genre de troubles.
