Compte rendu complet du débat du Conseil régional. Les documents ci-joints sont disponibles sur le lien "iter atto".

Objet du Conseil n. 575 du 21 mai 2009 - Resoconto

OBJET N° 575/XIII - Célébration du 60ème anniversaire de la première réunion du Conseil de la Vallée.

Cerise A. (Président) - Monsieur le Président de la Région, Mesdames et Messieurs les Conseillers et les anciens Conseillers, Mesdames et Messieurs les représentants des Autorités militaires, civiles et religieuses, la cérémonie qu'il m'est donné d'ouvrir aujourd'hui, commémore une date fondamentale dans l'histoire du Pays d'Aoste, puisque nous célébrons le 60ème anniversaire de la première réunion du Conseil de la Vallée élu. Si nous avons tenu à organiser cette manifestation, c'est pour donner à chacun l'occasion d'une réflexion approfondie sur la signification historique de cette date et sur les perspectives d'avenir de la Vallée d'Aoste. Merci de votre présence.

Depuis 10 heures 38 c'est le Vice-président André Lanièce qui remplit les fonctions de Président de la séance.

Lanièce A. (Vice-président) - Mesdames et Messieurs... passo la parola... au Président du Conseil, M. Alberto Cerise, pour son intervention.

Cerise A. (Président) - C'est avec une certaine émotion que j'ouvre, à la présence de tous les Conseillers actuellement en charge, cette séance commémorative du 60ème anniversaire de la première réunion du Conseil de la Vallée élu à la suite des élections régionales du 24 avril 1949. Je salue, parmi nous, les deux Conseillers de la première législature, Monsieur Cesare Dujany et Monsieur Augusto Valleise, deux personnages qui, avec leurs collègues de l'époque, ont contribué à façonner l'histoire de la Vallée d'Aoste au lendemain de la guerre et à l'aube du chemin d'autonomie. Mais je salue aussi la présence des anciens Conseillers régionaux qui, par leur action, ont marqué les différentes époques de notre Assemblée législative. Je donne aussi la bienvenue... j'aurais voulu donner la bienvenue aussi aux Parlementaires qui ont été retenus à Rome pour des importantes votations. Enfin je salue la présence de toutes les Autorités civiles et militaires, qui nous suivent de la tribune, ainsi que les étudiants des classes 2ème de l'ISIP d'Aoste, de tout le public qui est placé dans la Salle des manifestations du Palais régional.

Les images du film documentaire que nous venons de regarder nous ont plongés dans une ère, à une époque où le vent de la liberté et de la démocratie commençait à souffler sur notre région. Le 24 avril 1949, pour la première fois dans le parcours séculaire, les Valdôtains élisaient leurs représentants au Conseil de la Vallée. Le compte rendu de la première séance du Conseil, qui s'est réunit le 21 mai 1949, témoigne de l'importance de ce moment: d'un côté, les Conseillers ressentaient toute la responsabilité du rôle que les électeurs et les électrices leur avaient confié; d'autre part, le débat politique entre majorité et opposition s'annonçait déjà dans toute sa vivacité et sa ferveur.

Dans le sillon de l'ancien Conseil des Commis le Conseil de la Vallée d'Aoste faisait entendre à nouveau sa voix et pouvait reprendre la défense des traditions et des droits des Valdôtains, les Conseillers nouvellement élus entreprenaient le parcours de la démocratie et de l'autonomie politique et administrative de la Vallée d'Aoste. Un parcours qui, au fil de 60 ans, n'a pas toujours été facile: le Statut spécial lui-même nous a été octroyé avec toutes les difficultés que nous connaissons, mais bien qu'incomplet et imparfait, il nous a permis - dans l'exercice de la responsabilité législative et administrative - d'être dans différents domaines les maîtres de nos choix et de notre futur. A une année de la promulgation du Statut d'autonomie, le premier Conseil élu avait les yeux tournés vers l'œuvre de reconstruction du Pays d'Aoste que le Conseil de la Vallée, nommé par le CLN en 1946, avait amorcé et, en même temps, regardait, non sans inquiétude, à l'application et à l'épanouissement de son autonomie politique et législative.

C'était l'aube de la démocratie de proximité - cette démocratie que le martyr de la résistance Emile Chanoux avait tellement évoquée dans ses écrits - et que le Président Severino Caveri - comme nous l'avons déjà entendu dans le documentaire - a rappelé dans son discours d'investiture. Soixante ans d'existence de notre Assemblée législative se sont écoulés depuis la première séance dans la salle de place Ollietti. Le Conseil de la Vallée a démontré être au cœur de la démocratie représentative, au cœur de la dialectique politique, au cœur de la société valdôtaine, et cela grâce à l'engagement et au sentiment de responsabilité de ces 228 personnes qui, depuis le 21 mai 1949, ont pris place au Conseil de la Vallée, pour donner vie à la plus haute institution démocratique de notre Région. Nous les remercions pour leur dévouement et leur sensibilité, sans quoi nous ne serions pas ce que nous sommes.

Aujourd'hui, alors que nous avertissons une certaine faiblesse des partis et des mouvements à être le point de repère politique de la population, il est bien de redécouvrir les tensions idéales qu'il y avait au moment de ces premières élections régionales. Le débat était enflammé, mais il était au nom d'une conquête que les Valdôtains avaient remportée après une longue période d'anéantissement de tout droit et tout espoir. Les premières élections étaient donc une conquête, se rendre aux urnes signifiait, d'une part, avoir la responsabilité de prendre en main son propre destin mais, d'autre part, se présenter aux élections c'était assumer cette responsabilité. Il en est aussi de nos jours, c'est par ce geste que nous décidons de notre futur et le fait de rappeler ces premières élections est une occasion pour faire reprendre conscience de l'importance de cette action.

A la veille des élections pour le Parlement européen, sur lequel incombe encore plus que pour d'autres rendez-vous électoraux la menace de l'abstention et des fiches nulles, nous assistons, sans quelques inquiétudes, et à l'instar de ce qui s'est déjà produit dans le passé, à des dérives de la compétition qui est transversale à tout parti, c'est-à-dire la tentation de jouer sur la force de l'image, du populisme et de la popularité des candidats. Cela en dépit de la force des idées, des aspirations en faveur des collectivités et du réel engagement politique et de participation à la vie des assemblées. Trop souvent les données ont témoigné l'absentéisme de certains élus, parfois très populaires. Nous estimons que cette attitude rend un mauvais service à la démocratie, dévalorise l'institution et l'importance des consultations électorales, tout comme rend un très mauvais service à la politique elle-même. C'est au moment des élections que les protagonistes - quelle que soit leur origine et leur expression politique - doivent être individuellement les garants du projet politique et de leur formation de référence, et doivent s'engager à porter leur expérience, leur sensibilité et leur vision politique au sein des assemblées électives.

En regardant à il y a 60 ans et aux moyens dont nous disposons aujourd'hui, et dans le but de redonner du prestige aux élections, il faut avoir une certaine cohérence entre les affirmations qu'on fait au moment de la campagne électorale et les actions que l'on mène, tout en sachant qu'il y a parfois la difficulté de mise en œuvre due aux situations contingentes. Voilà pourquoi il est nécessaire d'utiliser de la prudence et d'avoir le courage de toujours représenter les situations telles qu'elles sont, parfois difficiles, parfois plus aisées. C'est en effet à l'intérieur de notre Conseil - comme dans toute assemblée élective - que l'on sème et l'on fait pousser la fleur de la participation et de la dialectique, fondement de toute démocratie, et tout par le biais de leurs représentants engagés et cohérents, les citoyens exercent le contrôle et orientent l'action gouvernementale. La fonction de défense et de promotion de la démocratie qui revient à notre Assemblée est une fonction que nous estimons de la plus grande responsabilité et du plus haut engagement. Le Conseil a été et est le lieu de la décision politique, même aux moments où l'action gouvernementale semble avoir le dessus au nom d'une rapidité et d'une efficacité de décision. Et l'histoire du Conseil nous montre que pendant ces 60 ans cette Assemblée a été le moteur, le centre des grandes décisions et des grandes évolutions concernant toute la société valdôtaine. Nous sommes tout à fait conscients de l'importance de l'héritage qui nous a été légué par nos ancêtres.

Le souhait que nous exprimons aujourd'hui c'est que le Conseil de la Vallée poursuive son chemin d'engagement et continue d'être l'interprète des attentes et des besoins de la communauté valdôtaine, dans une réalité institutionnelle qui la voit protagoniste d'une autonomie plus forte, ce qui pour nous signifie assumer plus de responsabilité. Merci.

Lanièce A. (Vice-président) - Maintenant je passe la parole au Président de la Région, M. Augusto Rollandin, pour son intervention.

Rollandin (UV) - Monsieur le Président du Conseil, Mesdames et Messieurs les Conseillers, Messieurs les anciens Conseillers, Mesdames et Messieurs les représentants des Autorités civiles, militaires et religieuses, chers concitoyens et étudiants, héritier de ce Conseil des Commis qui veilla à l'application de la Charte de Franchise à partir de 1536, le Conseil régional représente aujourd'hui la réalisation d'un ancien rêve et la concrétisation de notre autonomie, d'un idéal pour lequel la Vallée d'Aoste s'est battue acharnement et a travaillé avec persévérance, soutenue par l'orgueil typique de notre peuple de montagnards.

Au cours des 60 années qui ont suivi ce 21 mai 1949, nous avons travaillé pour réaliser se rêve, par le biais de nos lois, de nos actions toujours partagées avec les Valdôtains que nous représentons et qui, depuis toujours, ont été représentés au sein de cette Assemblée. Au fil du temps la force de l'esprit autonomiste des Valdôtains a su apporter des réponses à de nombreuses questions, déjà considérées alors comme prioritaires pour la croissance économique, culturelle et sociale de la Vallée d'Aoste, des questions essentielles pour notre survie en tant qu'entité politique reconnue en Italie et en Europe.

Au début des années '50 on demandait des investissements dans la modernisation de l'agriculture, dans le développement rationnel du tourisme en étroite liaison avec la réalisation des infrastructures pour permettre un meilleur accès même aux villages les plus éloignés et témoigner ainsi l'attention pour affermir nos racines, pour prévenir l'abandon des villages. Il s'agit d'objectifs qui ont été atteints grâce à l'exercice rationnel et courageux de nos pouvoirs statutaires et à l'exercice efficace d'une démocratie de proximité qui a toujours reconnu la centralité de la personne et poursuivi le résultat du bien-être de tous les Valdôtains. Pio Desiderato Norat, lors de sa présidence à l'occasion de l'élection du nouveau Conseil du 21 mai 1949, soulignait la nécessité d'une étroite collaboration avec les usines valdôtaines, vu que (guillemets): "une crise ou une éclipse partielle de celles-ci signifierait la ruine pour tous"; des mots qui sont toujours d'actualité. La crise économique engage aujourd'hui le Gouvernement avec l'accord de toutes les forces politiques et syndicales dans la recherche de solutions efficaces capables de surmonter les difficultés économiques qui affectent toutes les catégories productives et toutes les familles.

Allora venne richiesta la salvaguardia del nostro patrimonio forestale, gravemente deteriorato nel periodo fra le due guerre, così come veniva evidenziato il problema sanitario: è urgente realizzare una struttura ospedaliera per contrastare malattie, che allora facevano la differenza fra vita e morte, e preparare ambulatori, formare medici preparati che operassero sul territorio. Oggi abbiamo un corpo forestale valdostano preparato e competente, un sistema sociosanitario di eccellenza e di grande prestigio a livello nazionale. A guardare con gli occhi di oggi le priorità gravi ed urgenti poste in quell'adunanza, possiamo pensare di essere nella direzione giusta, grazie al lavoro di tanti amministratori che in questi 60 anni ci hanno consegnato una Regione in cui la qualità della vita è certamente una conquista da tutti riconosciuta. La strada da percorrere è sicuramente ancora lunga e costellata di difficoltà, e su questo percorso il ruolo del Consiglio regionale deve essere riconosciuto, è vitale, perché il Consiglio regionale rappresenta il punto cardine della struttura istituzionale e della politica valdostana che stabilisce le linee programmatiche che il Governo ha il dovere di realizzare.

Ognuno di noi ha il dovere di perseguire il bene della collettività, assumendo impegni e responsabilità che non possono essere elusi, soprattutto in questo momento di forte crisi economica e sociale e di articolata riforma amministrativa e nazionale con l'entrata in gioco del progetto federalista. Siamo chiamati alla tutela ed alla valorizzazione del nostro patrimonio di autonomia, perché crediamo che la nostra esperienza di autogoverno e che il riconoscimento del particolarismo valdostano rappresenti un valido esempio per un'Italia federale e per un'Europa dei popoli.

Nel celebrare questa ricorrenza non possiamo esimerci, oggi, dal ricordare e richiamare l'opera costruttiva di tanti uomini che hanno dedicato il loro impegno e anche la loro vita alla Valle d'Aosta. Sono persone che ci hanno preceduto su questi stessi scranni, ma sono anche tutti coloro, tutti i Valdostani che nell'economia, nella cultura, nella politica e nel loro semplice quotidiano hanno rappresentato e rappresentano per noi esempi da seguire. Per tutti ricordo oggi, a nome del Governo regionale, i nostri colleghi di allora: il Presidente della Giunta Severino Caveri, l'Assessore all'agricoltura e foreste Flaviano Arbaney, l'Assessore alle finanze Luigi Fresia, l'Assessore ai lavori pubblici Ferdinando Bionaz, l'Assessore all'istruzione pubblica Amato Berthet, l'Assessore all'industria e commercio Pietro Fosson e, infine, l'Assessore al turismo Alberto Deffeyes.

Ringrazio tutti coloro che in questi 60 anni hanno creduto nella nostra autonomia e nella forza del Consiglio regionale, tutti i Valdostani dunque che, esprimendo il loro voto, hanno permesso a questa Assemblea e alla nostra comunità di crescere nella democrazia e nell'autonomia. Un particolare ringraziamento a Cesare Dujany e ad Augusto Valleise, allora Segretari di Consiglio e oggi decani nella nostra vita politica.

Credo che oggi non possiamo ignorare l'eredità della quale siamo portatori e che dobbiamo continuare a lavorare con rettitudine e con amore per la Valle d'Aosta, nell'attività politica e amministrativa che si svolge in questo palazzo, perché il popolo valdostano possa continuare ad avere uno sviluppo reale, un benessere concreto e, in particolar modo, contribuire alla felicità di tutti i nostri giovani e dei nostri figli. Il percorso che ci è consegnato è stato tracciato: "voir clair, vouloir vivre". Poche parole, un profondo significato per gli uomini di ieri e per quelli di oggi, perché la Valle d'Aosta e i Valdostani, perché il nostro spirito montanaro siano un forte modello per tutti e un valido esempio per domani. Grazie.

Depuis 10 heures 57 c'est le Président Alberto Cerise qui remplit les fonctions de Président de la séance.

Cerise A. (Président) - Merci, Président. Le moment est venu pour donner la parole aux Chefs de groupe, en commençant par M. Leonardo La Torre, Chef du groupe Fédération Autonomiste, che prego di venire al podio.

La Torre (FA) - Signori Presidenti della Giunta e del Consiglio regionale, pregiatissime Autorità civili, militari e religiose, colleghi Consiglieri, Signore e Signori, studenti che ci guardate, il 21 maggio 1949 è stata una giornata storica per la Valle d'Aosta ed oggi, in questo giorno importante di celebrazione, ribadendo con forza la nostra identità di Valdostani, il nostro pensiero si rivolge con grande riconoscenza verso i padri storici e precursori della nostra autonomia che seppero lottare per un ideale che sembrava irraggiungibile: una Valle d'Aosta con un'Assemblea eletta a suffragio universale e costituita in Regione autonoma, con personalità giuridica, nella Repubblica italiana in base ai suoi stessi principi costituzionali.

Nell'adunanza del 3 marzo 1947 "il Consiglio della Valle", benché senza titoli per presentare disegni di legge costituzionali o per deliberare il proprio Statuto regionale, approvava "un progetto di Statuto della Regione autonoma della Valle d'Aosta" da sottoporre all'Assemblea costituente italiana, ai partiti politici e all'opinione pubblica, un forte gesto di autodeterminazione. Il progetto, composto da 93 articoli, cercava di disciplinare in modo particolareggiato ogni aspetto dell'ordinamento politico, amministrativo, giuridico della Valle d'Aosta. Come sempre, ad ogni iniziativa di portata autonomista, si registravano reazione contrarie e filo-nazionaliste, ma la strada era ormai tracciata, si compiva un percorso e si apriva la visione del nostro avvenire.

Il popolo valdostano il 21 maggio 1949 ha il suo primo Governo eletto a suffragio universale con sistema maggioritario da tutti i Valdostani. Noi perciò celebriamo il 21 maggio 1949 come un giorno fondante della nostra storia di autogoverno, pilastro su cui è costruita ed evolve la nostra identità di Valdostani, il nostro destino. La comunità valdostana, formata nella sua complessità storica dalle valli, dai villaggi, dai nuclei familiari, legata in un millenario tessuto sociale di comunità locali, ha per la prima volta titolo per esprimere il suo principio di autonomia ed autogoverno su un piano di diritto pubblico. Oggi, nel 2009, il Consiglio regionale della Valle d'Aosta, eletto sulla base di questo principio, vuole ribadire le proprie origini culturali, le ragioni storiche legate al concetto stesso di rappresentanza della sua comunità, e nel farlo vuole confrontarsi con le parole di Emile Chanoux ed evidenziarne la sua dottrina, che, a partire dalla formazione sociale e fondamentale di base, la famiglia, si costruisce poco a poco nella gestione comune degli interessi collettivi, nella presenza lavoro-costruzione comune del proprio territorio a poco a poco, attraverso la valle per arrivare alla Regione; nasceva così il modello valdostano che oggi siamo orgogliosi di rappresentare e che vogliamo difendere.

L'Assemblea legislativa, l'autonomia, il governo delle forze regionaliste e autonomiste, sogno dei padri fondatori, oggi sono una realtà. Una realtà preziosa, aperta al contributo di chi sa riconoscere l'importanza delle fondamenta di una istituzione concepita come strumento di progresso civile e morale di una comunità, di una minoranza linguistica, di un popolo di montagna.

Oggi, dopo 60 anni, in questa giornata di celebrazione, il nostro auspicio e il nostro impegno è di saper infondere ancora energia alle idee guida dei nostri padri che seppero già allora indicarci la strada per un federalismo possibile, per un'Europa nuova, un'Europa dei popoli, una grande Valle d'Aosta. A noi, oggi, il 21 maggio 2009, raccogliere questa sfida e impegnarci per vincerla. Grazie.

Cerise A. (Presidente) - Grazie, collega La Torre.

Prenderà ora la parola la Consigliera Carmela Fontana, Capogruppo del Partito Democratico, che invito al podio.

Fontana (PD) - Signor Presidente, Autorità civili, militari e religiose, cari cittadini e studenti, care colleghe, cari colleghi, sessant'anni fa veniva eletto democraticamente il primo Consiglio regionale della Valle d'Aosta, dopo i tormentati e complessi anni del dopoguerra gestiti con tanta passione politica dal Consiglio Valle, espressione del Comitato di Liberazione Nazionale.

Il 24 aprile 1949 i cittadini valdostani furono chiamati alle urne per scegliere i propri rappresentanti. Il sistema elettorale era davvero molto particolare: un sistema maggioritario, in cui l'80 percento dei 35 seggi andava alla lista con più voti, mentre il restante 20 percento andava alla seconda lista; tutte le altre liste venivano escluse dalla ripartizione dei seggi. Accadde così che i 28 seggi della maggioranza andarono all'alleanza fra la Democrazia Cristiana e l'Union Valdôtaine, anche se rappresentavano insieme meno del 44 percento dei voti validi; i rimanenti 7 seggi andarono alle Sinistre del "Blocco Socialista Progressivo" che aveva conquistato oltre il 33 percento dei suffragi. Restarono esclusi dal Consiglio Valle due raggruppamenti "filo-italiani": la Lista del Campanile ed il Gruppo Democratico Italiano, che, comunque, insieme avevano raccolto oltre il 23 percento dei voti. Insomma, il primo Consiglio regionale della Valle d'Aosta, a causa di questo meccanismo maggioritario sproporzionato, nasceva con un assetto che non rappresentava l'opinione dei Valdostani, ma con una maggioranza molto solida, come raramente si sia poi visto nella storia del Consiglio regionale. Tutto questo non bastò a dare a quella prima legislatura un andamento tranquillo e costruttivo.

Lo spostamento a Destra della politica nazionale, rappresentato dalle sempre più determinate figure dell'Onorevole Mario Scelba nell'orientamento della Democrazia Cristiana, comportò per la Valle d'Aosta sempre di più preoccupazioni, sia in merito all'autonomia, sia in merito alle risorse finanziarie che venivano centellinate a seconda degli umori romani e delle concessioni dell'UV verso gli alleati Democristiani. Tutto questo andò lentamente ad aggravarsi nello svolgimento della legislatura, sino a che l'alleanza fra Democrazia Cristiana e UV andò in crisi nelle politiche del 1953, e Severino Caveri riuscì a condurre a termine la legislatura solo grazie all'appoggio esterno delle Sinistre. La storia non si ripete e non è possibile quindi utilizzare queste riflessioni per esprimere giudizi o trarre conclusioni sulla politica di oggi. Tuttavia dovrebbe far riflettere il fatto che allearsi con un grande partito nazionale, che non ha mai brillato per l'attenzione verso le autonomie, soprattutto speciali, e che al proprio interno vede agire delle componenti politiche fortemente centraliste, possa essere non solo un rischio politico per i partiti regionalisti autonomisti che questa alleanza hanno sottoscritto, ma anche un rischio politico molto serio per la nostra autonomia e per la nostra Regione.

Un'altra caratteristica della prima legislatura del Consiglio che merita qualche attenzione è il fatto che in tutta la legislatura non fu approvata alcuna legge; quel Consiglio regionale si comportò come un Consiglio provinciale, cioè amministrando, ma non legiferando, non avendo percepito le grandi possibilità che lo Statuto di autonomia permetteva e permette. Un fatto particolarmente strano, se si tiene conto che il Presidente della Giunta era espressione di un movimento autonomista.

Anche oggi c'è il rischio di sottovalutare la possibilità della nostra autonomia, non tanto dal punto di vista istituzionale - poiché nelle ultime legislature siamo riusciti ad operare nella piena attuazione dello Statuto ed anche ad aumentare le nostre competenze, grazie ad una forte iniziativa sulle norme di attuazione e sulle attività della Commissione paritetica fra Stato e Regione -, quanto per la sottovalutazione delle nostre possibilità di autonomia che riguarda sicuramente lo sviluppo economico.

In una prospettiva di economia globale, in cui occorre misurarsi ogni giorno con nuovi competitori in ogni parte del globo, confrontati ad una crisi economica e finanziaria che sta modificando grandemente la gerarchia delle economie mondiali, inseriti in una nazione schiacciata da un immenso debito e arretrata da molti punti di vista, noi Valdostani dobbiamo rivendicare la nostra autonomia, puntando a fare dello sviluppo economico la principale garanzia della nostra specificità e dei nostri diritti. Solo un'economia forte, uno sviluppo economico costante, una crescita tecnologica e infrastrutturale possono dare ai Valdostani quel benessere durevole che noi tutti auspichiamo e che possono dare alla Valle d'Aosta una maggiore autonomia, un maggior rispetto nella nostra Nazione, in Europa e nel mondo. Grazie.

Cerise A. (Presidente) - Grazie, Consigliera Fontana.

Invito al podio il collega Massimo Lattanzi, Capogruppo del Popolo della Libertà.

Lattanzi (PdL) - Signor Presidente del Consiglio, Signor Presidente della Giunta, un saluto caro a tutti i Consiglieri regionali di ieri e di oggi, Autorità politiche, civili, militari e religiose, cittadini e studenti che ci state osservando, un caro saluto a nome del Popolo della Libertà.

Il primo Consiglio regionale della Valle d'Aosta, riunitosi il 21 maggio 1949, fu certamente l'inizio di una straordinaria pagina della storia della nostra Regione, una storia che oggi noi abbiamo l'onore e l'orgoglio di interpretare. Quello del primo Consiglio regionale della Valle d'Aosta fu un evento destinato a cambiare per sempre le nostre vite. Lo fu per la forte emotività che contraddistinse quei giorni, facilmente percepibile dai resoconti dei primi interventi dei neoeletti Consiglieri regionali. Lo fu per i profili politico-storico, istituzionali contenuti in quella prima adunanza democratica. Lo fu soprattutto per i valori, ancor oggi condivisi, che erano e sono alla base dell'agire di ogni Valdostano che crede nella libertà. È proprio in quei valori che noi, oggi, ancora ci riconosciamo. Noi ci riconosciamo innanzitutto nella libertà e nelle sue concrete realizzazioni; coerenti con il pensiero dei padri fondatori, promuoviamo la libertà di parola e di espressione, ci impegniamo per la libertà economica perché nessuno sia oppresso dalla povertà e crediamo nella libertà di culto, che si contrappone agli estremismi religiosi, promuoviamo la libertà dalla paura, che tutti i regimi totalitari producono.

Quello del primo Consiglio regionale della Valle d'Aosta fu anche il momento per ribadire la non negoziabilità della libertà dell'individuo, delle sue specificità, delle sue diversità, del suo diritto di cittadinanza democratica, nella certezza dei diritti, ma anche dei doveri che sono contenuti nella nostra Carta costituzionale e nel nostro Statuto di autonomia. Valori che ancora oggi sono il tema del dibattito politico e che sta a noi difendere. Quel primo Consiglio regionale, espressione del libero voto democratico, si costituì dopo le elezioni amministrative del Comune di Aosta del 1946 e dopo le elezioni politiche nazionali del 1948. La sequenza dei risultati di quelle elezioni testimonia il difficile percorso della libertà. C'è infatti da chiedersi come sarebbe stata la nostra vita civile, politica, istituzionale, se nelle elezioni politiche del 1948 avessero prevalso le liste che si rifacevano a livello nazionale all'ideologia comunista. È evidenza storica che anche le conseguenti elezioni regionali dell'aprile del 1949 furono un tassello importante per la nostra democrazia e per la nostra libertà. Non è retorica ricordare che subito dopo la sconfitta del regime nazi-fascista in Italia e anche in Valle d'Aosta c'erano movimenti politici che lottavano per sostituire un regime illiberale con un altro regime altrettanto - se non ancora più - illiberale.

Oggi però non è il tempo della polemica, ma della proposta. Siamo profondamente convinti che proprio quella passione e quell'impegno a favore della libertà sono e devono essere ancora oggi la stella polare della nostra azione politica. Oggi non sono più i regimi violenti a minacciare la nostra libertà, ma c'è una violenza più subdola e non meno pericolosa e dolorosa che oggi sarebbe all'attenzione dei nostri padri fondatori. Sono certamente una minaccia i regimi economici e finanziari che sfruttano e rendono sudditi i cittadini, rendendo vani i loro sacrifici per la conquista del benessere individuale; lo sono gli agglomerati di potere burocratico che umiliano l'individuo; lo sono le politiche che mettono i più deboli alla mercé dei delinquenti e dei violenti; lo è un processo di globalizzazione non regolamentato, che sfrutta i deboli e crea ingiustizie sociali, cancellando le identità politiche, culturali, economiche e istituzionali.

Quella prima storica assise ci sottopone almeno due riflessioni: a distanza di sessant'anni anni la nostra Regione ad oggi è certamente cresciuta in termini economici e di benessere, e questo lo dobbiamo indiscutibilmente alle forze economiche, civili, religiose, ai Consiglieri regionali qui presenti che ci hanno preceduti in questi scranni, a cui va un ringraziamento particolare. La nostra comunità oggi non lotta per la sopravvivenza né contro la fame, tema dominante di quegli anni; oggi la nostra comunità si interroga su come mantenere i livelli di benessere conquistati e come salvaguardare le proprie prerogative di specificità, ma lo fa - a nostro avviso - con un'attitudine nichilista rivolta al passato. Contrariamente a quei momenti storici, il dibattito che infiamma le cronache della politica è quasi sempre su temi del passato, o al massimo sulla temporaneità del presente, ma non parla di "futuro", quel futuro che, invece, era il centro di quel primo Consiglio regionale e che dovrebbe impegnare maggiormente il lavoro della politica contemporanea. A sessant'anni anni di distanza rimangono ancora la libertà e il futuro l'obiettivo da costruire e lo scopo della nostra missione istituzionale e civile, che siamo chiamati a svolgere in questa prestigiosa e - possiamo dirlo oggi - "storica" assemblea. Proprio la libertà e il futuro sono i valori che sottintendono la nostra autonomia, solo la libertà e il futuro possono giustificare e dare un senso all'impegno e alla passione di quegli anni e quello altrettanto significativo delle forze politiche democratiche, qui oggi rappresentate, per difendere e per far crescere la nostra piccola terra, la nostra piccola Regione, la nostra Valle d'Aosta. Grazie a tutti.

Cerise A. (Presidente) - Grazie, collega Lattanzi.

Do ora la parola al collega Francesco Salzone, Capogruppo della Stella Alpina-UdC-VdA, che invito al podio.

Salzone (SA-UdC-VdA) - Signor Presidente del Consiglio, Signor Presidente della Giunta, Autorità civili e militari, colleghe e colleghi, studenti che ci state ascoltando e, consentitemi, un saluto particolare ai Consiglieri anziani, in modo particolare ad Augusto Valleise e Cesare Dujany.

La celebrazione del 60° anniversario del primo Consiglio eletto della Regione Valle d'Aosta, insediatosi il 21 maggio 1949 con a capo Severino Caveri, è un'occasione che ci dà l'opportunità di tornare indietro nel tempo, rifacendoci alla storia di quegli anni, ma è anche un momento per ribadire e sottolineare quanta importanza ha avuto questa nuova istituzione nel percorso democratico del nostro Paese.

Con l'emanazione dei decreti luogotenenziali del 1945 iniziò l'iter per raggiungere la fase costitutiva che portò il Governo nazionale a nominare il primo Consiglio, quello presieduto da Federico Chabod nel gennaio 1946. Rievocando quel periodo, non si può non ricordare che in quegli anni alcune decisioni furono accolte con un certo scetticismo da molte persone, le quali non erano convinte della capacità di decentramento da parte dello Stato. Oggi possiamo tranquillamente constatare che la scelta fu una scelta giusta e l'esperimento di una piccola Regione autonoma in una vallata alpina era frutto di una grande idea. Una grande idea che ci consente di ricordare i nostri padri storici più importanti della nostra autonomia: Emilio Chanoux e Federico Chabod, che associarono il loro ruolo di partigiani combattenti a quello di ideatori del nuovo ordinamento autonomistico. Un progetto che, con il passare del tempo, ha rafforzato il ruolo del Consiglio regionale, tanto da registrare una positiva crescita della nostra comunità. Una comunità che fra le altre cose ha saputo gestire con intelligenza e lungimiranza un massiccio processo di immigrazione, in un momento in cui la Valle d'Aosta era povera e con una grave crisi economica causata da cinque anni interminabili di guerra.

A distanza di sessant'anni anni possiamo quindi affermare che l'invenzione di una piccola Regione autonoma in una vallata alpina fu davvero lungimirante e se oggi il ruolo del Consiglio regionale si è ulteriormente rafforzato, lo dobbiamo a quella brillante operazione di ingegneria istituzionale in cui Federico Chabod aveva messo molto del suo intelletto e della sua lucidità. A distanza di tanti anni, con il trasferimento di più competenze da parte dello Stato alla nostra Regione, grazie allo Statuto di autonomia approvato nel 1948, e con l'importante lavoro anche di chi ci ha preceduto in quest'assise, siamo riusciti a creare un "sistema Valle d'Aosta" che molti ci invidiano e capace comunque di rappresentare un esempio per tutte quelle vallate alpine che vogliono essere protagoniste e non subalterne nell'Europa dei popoli.

Oggi, alla vigilia del rinnovo del Parlamento europeo, abbiamo il dovere come Consiglio regionale di trasmettere alle nostre istituzioni quell'impulso idoneo di incentivare un'accelerazione del processo di ammodernamento, ormai inderogabile, come ad esempio lo sviluppo tecnologico che trasforma sempre più velocemente il nostro modo di vivere, di pensare e di lavorare. Dobbiamo continuare con caparbietà a promuovere e rafforzare i valori specifici della nostra Valle, in una concezione di sistema moderno sempre più aperto all'Europa, utile non solo a noi, ma a tutte le vallate alpine che, in qualche maniera, hanno una similitudine con le nostre tradizioni e la nostra storia. È anche con queste motivazioni che dobbiamo tutti produrre il massimo impegno per conquistare un seggio a Strasburgo, nella consapevolezza che una presenza nel Parlamento europeo ci darà l'opportunità di tutelare meglio le nostre peculiarità, ma anche, come abbiamo già detto, per offrire un modello di sviluppo collaudato. Dobbiamo portare avanti, insomma, quel progetto di autogoverno che i nostri padri storici ci hanno lasciato come eredità, quel progetto che ha permesso una crescita progressivamente costante della nostra comunità. Grazie.

Cerise A. (Presidente) - Grazie, collega Salzone.

Invito al podio il consigliere Roberto Louvin, Capogruppo del gruppo Vallée d'Aoste Vive-Renouveau.

Louvin (VdAV-R) - Signori Presidenti della Giunta e del Consiglio, colleghi che avete speso, qui, anni di passione civile e di impegno politico, colleghi di oggi, Autorità, cittadini, studenti, il 21 maggio di quest'anno ci offre un'opportunità molto particolare, un'occasione da non sprecare nell'interesse di tutta la comunità che abbiamo l'onore di rappresentare. È l'occasione di riscoprire, e ci auguriamo non solo per lo spazio di questa cerimonia, per queste poche ore, il senso vero e profondo del nostro ruolo, del servizio che svolgiamo, del perché siamo qui, del per chi siamo qui, in un mondo cambiato, in una cornice europea, in un'economia globalizzata, ma sempre nell'interesse della nostra comunità valdostana. Le immagini e i documenti dell'epoca ci colpiscono e ci affascinano, sono la testimonianza straordinaria dell'alba luminosa della nostra autonomia di cui abbiamo oggi la fortuna di essere eredi e, qualcuno tra noi, ancora diretto testimone. Salutiamo anche noi con grande affetto la presenza di Cesare Dujany e di Augusto Valleise, che sedevano già in quell'aula sei decenni or sono. Per la prima volta, in quell'aula, uomini e donne erano eletti dal libero voto di tutto il popolo valdostano, dei suoi uomini come delle sue donne. È la parola di questi testimoni diretti che dovrebbe risuonare oggi più della mia, più delle nostre.

Oui, un vote; un vote qui était alors une fête, un vote qui devrait être à chaque fois une fête. On ne devrait si s'étonner, ni se plaindre d'avoir de queues devant les sièges de vote, on ne devrait jamais se lasser de voter, ni s'ennuyer de le faire. Un vote que l'on savourait dans ces jours comme le pain, un pain que beaucoup d'entre nous néglige maintenant, dont on n'a plus soin puisqu'on en a peut-être trop et on ne sait plus l'apprécier. Quel gâchis et quelle ingratitude! Un vote populaire appelait pourtant, en cette année 1949, une action politique et administrative honnête, intègre dans sa conduite et incorruptible; un suffrage que l'on n'aurait su à l'époque solliciter sans avoir derrière soi un passé irréprochable et pour certains de ces hommes et de ces femmes ce suffrage se justifiait à ce moment par une vie qui comptait déjà des années de persécution, d'exile, de résistance armée au Fascisme. Autant de raisons qui rendaient les idées bien claires sur les choix à accomplir et qui justifiaient leur présence ici. Un vote, celui du printemps 1949, qui réclamait une politique comme service et non pas pour sa rémunération, qui était alors simplement symbolique. Une élection qui annonçait une action administrative rendue uniquement pour la satisfaction des besoins primaires de nos gens, pour le travail, pour la maison, pour la santé, pour nos écoles. Un travail pour la renaissance matérielle et morale de toute la Vallée d'Aoste, de ses langues ainsi que de ses traditions.

Quelle distance sidérale - il faut bien le reconnaître - de la conception qui se vit aujourd'hui! Combien les témoignages de ces jours s'écartent d'une idée aujourd'hui, hélas, très répandue d'une politique transformée en métier et qui appelle la récompense à voir même d'avoir exécuté la besogne; tout cela n'effleurait pas les premiers Conseillers valdôtains. Le visage de ces pères de notre autonomie nous rend l'expression des travailleurs honnêtes, des hommes de culture, des pères de famille qui exprimaient toute la dignité de la fonction à laquelle ils étaient mandatés: la dignité d'une fonction et d'une charge à remplir surtout et d'abord pour un esprit de service.

Quei volti esprimono anche ai nostri occhi altre due cose essenziali: il senso della storia, della nostra storia, del riannodare i fili secolari delle nostre istituzioni, frutto non del caso, né del privilegio, ma di una volontà di governarci autonomamente, di dare libertà alle terre alpine, come chiedevano ciascuno a modo suo, con le sue idee, i "Trèves", gli "Chanoux", i "Binel", gli "Chabod", e tanti altri che avevano saputo guardare lontano negli anni bui del regime appena cancellato. Uomini spesso celebrati, ma il cui lascito morale è purtroppo altrettanto dimenticato e sovente tradito. Uomini che intendevano lasciarci un'autonomia che dei Ministri non chiamassero a rapporto e non umiliassero, ma che sapesse tenere la schiena dritta e non abbassare lo sguardo. Un'autonomia aperta, generosa, responsabile e gestita con oculatezza e con molta moderazione. Quegli sguardi e quei gesti ci ricordano però anche la grandezza di un momento, il gusto di una libertà riconquistata, riprendere in mano il proprio destino già travolto per due volte nello spazio di poco più di una generazione da guerre mondiali e sconvolto dalla bestialità dei totalitarismi. Nella loro semplicità, nella loro immediatezza i volti che abbiamo rivisto pochi minuti fa testimoniano concretamente quanto avesse visto giusto Pierre Joseph Proudhon, quando aveva affermato che: "la politique est d'abord la science de la liberté".

Merci à ces hommes, merci à ces femmes qui nous ont concrètement ouvert les portes de cette liberté et qui nous ont frayé le chemin. Nous continuerons à les rappeler par notre travail, dans cette salle, parmi les gens que nous devons demeurer fiers de pouvoir représenter, 35 Gouverneurs qui nous sommes, et non pas un seul, comme nous le rappelait le premier Président élu du Gouvernement valdôtain, hommes et femmes qui doivent chercher ici le bien commun au service de la Vallée d'Aoste. Vive la Vallée d'Aoste!

Cerise A. (Président) - Merci, collègue Louvin.

J'appelle au podium le collègue Diego Empereur, Chef de groupe de l'Union Valdôtaine.

Empereur (UV) - Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Président de la Région, anciens Présidents, anciens Conseilles, Autorités, chers collègues, Mesdames et Messieurs, il m'est particulièrement agréable de prendre aujourd'hui la parole au nom du groupe de l'Union Valdôtaine.

Tout anniversaire concernant l'autonomie spéciale est utile, du fait qu'il aide à mesurer le temps s'étant écoulé et qu'il résulte précieux afin de réfléchir sur l'histoire et sur le présent. Le passé, pour ce qui est de l'occasion que nous célébrons aujourd'hui, est représenté par les origines de l'actuelle forme démocratique, de laquelle les élections libres et au suffrage universel de 1949 marquèrent un point d'arrivée et de départ. D'arrivée, en tant que débouchée d'une lutte populaire, la Résistance, qu'en Vallée d'Aoste fut la légitime réaction d'un peuple à la dictature fasciste, un régime qui, chez nous, ajouta au totalitarisme ignorant et liberticide la volonté d'annuler les traits marquants, linguistiques et culturels, de notre Peuple. Un point de départ, car la réaction au nazi-fascisme signifiât la recherche de nouveaux espaces d'autogouvernement, dans le cadre d'un panorama international complexe, duquel, malgré tout, nous n'avons pas encore pleine conscience.

La "question valdôtaine" se posait en tant qu'un des thèmes nécessairement à aborder et résoudre dans le deuxième après-guerre. Les ambitions fédéralistes de notre communauté furent confrontées aux tensions d'un moment fort particulier sur l'échelon international. De ce processus vit le jour l'ensemble des dispositions juridiques, de l'arrêté du Lieutenant au Statut d'autonomie, tel nous le connaissons aujourd'hui. Pour la complexité de ce passage, l'évocation des faits et les appréciations sur les évènements demanderaient des espaces différents et des approfondissements au caractère tout autre que marginal. Cependant, au moment où cette célébration se veut sobre, et bien sûr sans profiter de l'occasion pour des polémiques instrumentales, qu'il me soit permis de souligner, avec orgueil, le fait qu'un élément essentiel de l'évolution politique et identitaire du peuple valdôtain découle de la présence de l'Union Valdôtaine. Ce mouvement - héritier d'un débat s'étant déroulé entre le dix-neuvième et le vingtième siècle, à travers le rôle de stimulation, réflexion et organisation politique de la Jeune Vallée d'Aoste - a éclos dans le débat politique valdôtain, tout comme une précieuse fleur de montagne, vers la fin de 1945, en comptant, parmi ses fondateurs, des personnalités à l'indiscutable envergure culturelle, politique et humaine. Le sentiment qui les avait ressemblées était l'envie de lutter en faveur d'une solution juste et forte pour les institutions valdôtaines, après la sombre parenthèse fasciste, en évitant qu'ambitions et espoirs viennent sacrifiées à la table de la paix. Le débat fut très vif et à la forte participation populaire. Ces pages mettent merveilleusement en évidence le rôle de l'Union Valdôtaine, en tant qu'expression originale de l'esprit valdôtain: un mouvement d'opinions qui choisit la voie démocratique et se fait porte-parole des instances de notre peuple, dans un moment fondamental pour l'évolution des équilibres qui donnèrent le jour au Statut d'autonomie.

La participation aux élections régionales de 1949, comme il s'était déjà passé pour les communales de la ville d'Aoste et pour les élections de l'Assemblée constituante et du Parlement italien, confirma le rôle historique de l'Union Valdôtaine, qui organisa toujours mieux son action pour la défense et la promotion des caractéristiques distinctives du peuple valdôtain. A ce propos, il est important à mon avis de rappeler Séverin Caveri, qui, avant tout au sein du Conseil de la Vallée, mais également dans la vie du mouvement, s'élève à leader. Ses déclarations au moment de son élection à la charge de Président du Gouvernement suite à la victoire électorale du 24 avril 1949, demeurent d'intérêt absolu. Permettez-moi de rappeler encore une fois un passage de son allocution. "En notre Pays - dit Séverin Caveri - il n'y a pas un gouverneur, mais il y a en quelque sorte 35 gouverneurs - ceux de la majorité et ceux de la minorité - qui administrent par des décisions collectives. Cela est la démocratie, cette institution si délicate... La démocratie - continua Caveri - est un long effort contre la nature humaine, mais la démocratie appliquée sur le plan régional est encore plus difficile. Vous verrez, Messieurs les Conseillers, que ce n'est pas très facile d'administrer vos concitoyens, le Pays dans lequel, à chaque coin de rue, il y a un compagnon d'école ou un voisin...". Voilà des mots qui ont traversé le temps, en survivant à l'oubli, et qui, aujourd'hui encore, représentent une merveilleuse source d'inspiration pour tous ceux qui sont appelés à la délicate tâche de gérer les institutions régionales.

Boire aux sources de l'autonomie veut dire, en effet, aborder avec sérénité les difficultés de nos jours, conscients du fait, qu'à présent comme hier, la démocratie parlementaire représentative est à défendre et valoriser, en tant qu'expression de la volonté du peuple valdôtain. Une pensée émue est donc à adresser aux pères fondateurs, aux femmes et aux hommes des générations qui nous ont précédés, qui, par leur exemple, nous confortent dans le choix que nous sommes appelés à effectuer quotidiennement et dans les nouvelles batailles de liberté pour le futur de la Vallée d'Aoste. A eux nous devons un remerciement de tout cœur pour leur témoignage de droiture et d'honnêteté intellectuelle, ainsi que pour les conquêtes qu'ils nous ont permis d'hériter. Merci.

Cerise A. (Président) - Merci, collègue Empereur.

Lascio ad ognuno di voi trarre le conclusioni di questi interventi, dai quali come è giusto, oggi come allora, non sono stati estranei la propria posizione politica, la diversità di lettura della storia passata e presente, le differenti linee di azione per i tempi che verranno. Resta però - mi pare di poterlo dire con molta soddisfazione - la comune volontà di confronto, di elaborazione di progettualità politica, di agire per intercettare e interpretare i bisogni di questa società, di dare delle risposte concrete ai problemi e di sviluppare la nostra autonomia.

Voglio pertanto ringraziare ancora una volta tutti i Capigruppo che sono intervenuti per quanto hanno detto e anche per la passione con la quale lo hanno detto, il Presidente della Regione, perché hanno voluto portare questo contributo di riflessione sul significato di questa nostra Assemblea. Un contributo che sono sicuro sarà apprezzato da tutti coloro che hanno a cuore il futuro migliore per la Valle d'Aosta, nella convinzione che questo passi attraverso un rafforzamento dell'istituzione e una vicinanza dell'istituzione ai cittadini.

Prima di dichiarare chiusa la sessione mattutina del Consiglio regionale - perché oggi il Consiglio regionale è riunito in seduta ordinaria, ma anche in seduta europea, oggi pomeriggio discuteremo di leggi, di adeguamento della normativa regionale alla normativa europea, quindi è un Consiglio che guarda lontano - volevo invitare il Presidente della Regione di accompagnarmi al centro della sala per consegnare le pergamene e le medaglie ai due Consiglieri presenti alla prima seduta del Consiglio regionale.

Ringrazio tutti voi della presenza, siete tutti naturalmente invitati a questo vin d'honneur.

La séance se termine à 11 heures 42.