Objet du Conseil n. 178 du 28 octobre 1965 - Verbale
OBJET N° 178/65 - COMMUNICATIONS DE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA JUNTE.
Monsieur le Président de la Junte, CAVERI, déclare ce qui suit:
"Je ne veux pas répéter ce que j'ai dit auparavant en réponse aux remarques de Monsieur le Conseiller Montesano.
Je communique que la Junte Régionale a commencé, depuis quelque temps, à faire une troisième séance par semaine; cette séance est dédiée aux questions extraordinaires, à ce qu'on pourrait appeler les problèmes de fond de la Vallée d'Aoste. C'est grâce à ce système que nous avons résolu les problèmes dont je vous ai parlé dans la précédente séance du Conseil.
Nous avons résolu le problème de la Centrale du Lait et nous sommes en train de résoudre le problème des Magasins Généraux.
A ce sujet, je communique que, par devant notaire, on a déjà constitué la Société prévue et que, à présent, le Tribunal d'Aoste doit encore approuver la constitution de cette Société, après quoi on pourvoira, en quelques semaines, à ouvrir les Magasins Généraux.
Nous avons prorogé le contrat de concession pour l'exercice de la Maison de Jeux de Saint Vincent et cette délibération a été approuvée par la "Commissione di Coordinamento" de la Vallée d'Aoste.
Nous avons mis en route définitivement le problème de la programmation économique régionale. Les études et recherches économiques et sociales sont terminées et ainsi nous pourrons discuter du budget 1966 avec des données plus précises et plus scientifiques que non auparavant.
Nous avons résolu la question du plan régulateur de la Ville d'Aoste, opération qui a été très laborieuse parce que nous n'étions pas parfaitement d'accord avec l'Administration Communale de la Ville d'Aoste.
Nous avons porté à bon point la question de la construction des deux grands Parkings dans la Ville d'Aoste, c'est-à-dire le parking des Portes Prétoriennes et celui que j'appellerais de Notre-Dame, car il est situé grès de la Cathédrale d'Aoste, même si l'Assesseur Andrione serait de l'avis de l'appeler Parking de Saint-Jean-Baptiste.
Nous avons commencé les travaux de construction du palais de place Narbonne, qui accueillera les touristes avec tous les services les plus confortables.
Aujourd'hui le Conseil est appelé à délibérer sur un autre argument, c'est-à-dire, à ratifier la délibération de Junte concernant l'achat de la maison Chabloz sur la Rue Festaz.
Nous achèterons cette maison pour la démolir et créer ainsi un grand balcon sur la montagne, car autrement la Rue Festaz finirait par devenir un corridor d'où les touristes et les citoyens d'Aoste ne peuvent presque plus admirer les montagnes.
Je parle aussi des citoyens d'Aoste, car on a l'habitude de ne parler que des touristes en oubliant les citoyens de la Ville d'Aoste et les Valdôtains qui viennent à Aoste.
Cet achat est nécessaire aussi parce qu'on a commis l'erreur de laisser construire un collectif vraiment en face à l'embouchure de la Rue Challant, tandis que la Rue Challant aurait dû continuer vers la Tour de Bramafan, bouchant ainsi la perspective de la montagne et la perspective de la Tour de Bramafan.
Ceci est un vieux rêve que je caressais, je me permets de le dire, personnellement et c'est avec l'appui de la Junte que nous pouvons réaliser ce rêve et créer un grand balcon vers la montagne et vers la Tour de Bramafan avec cet achat nous pouvons agrandir le Jardin des Enfants, qui a été voulu par nous aussi, jusqu' à la Rue Festaz.
Cette question de l'acquisition de la maison Chabloz rentre dans un cadre de valorisation et d'embellissement de la Ville d'Aoste. Nous voulons la valorisation et l'embellissement de la Ville d'Aoste, parce que nous sommes des citoyens de la Ville d'Aoste et nous aimons notre Ville, parce que c'est notre ville et nous ne sommes pas des gens qui sont venus, il y a quelques mois, pour pontifier sur la politique valdôtaine.
Dans ce cadre de la valorisation et de l'embellissement de la Ville d'Aoste nous pensons à une autre initiative: nous vous proposerons bientôt d'acquérir un autre terrain qui n'est pas très loin d'ici et qui permettra de construire dans ce centre de Aoste une nouvelle place que nous souhaitons la plus grande possible, en tenant compte des intérêts des propriétaires qui avaient déjà obtenu l'autorisation de la Commune de bâtir un collectif de 70 mètres de long, très large et haut de 21 à 24 mètres.
Heureusement cette initiative n'a pu être encore réalisée par les propriétaires et alors nous avons pensé d'entrer en pourparlers avec ceux-ci afin de réaliser, ici, derrière le Palais "Augusta Praetoria" un poumon qui permette de respirer dans ce centre d'Aoste, qui était menacé d'asphyxie. On parle beaucoup de créer des "zone verdi", mais souvent on fait le contraire.
Voilà pourquoi nous proposerons bientôt des construire une place derrière notre Palais de la Région et nous voudrions la faire la plus grande possible, toujours en tenant compte des possibilités d'accord avec les propriétaires.
Dans ce cadre d'embellissement de la Ville d'Aoste nous envisageons aussi la question de l'Amphithéâtre romain.
L'Assesseur Savioz et moi nous avons commencé des pourparlers avec la Mère des Sœurs de Saint Joseph pour l'achat de la partie de l'enclos de propriété du Couvent des Sœurs de Saint Joseph où est situé l' Amphithéâtre.
Nous pourrions résoudre ce problème ainsi acheter la partie du levant de cet enclos et laisser au Couvent des Sœurs de Saint Joseph l'Orphelinat, le Pensionnat et le Couvent, qui est développé en sens nord-sud.
Les Sœurs sont aujourd'hui disposées à nous céder le verger où est situé l'Amphithéâtre; cependant elles voudraient obtenir des contreparties sur la possibilité de bâtir entre le Couvent et la Rue Xavier de Maistre. Nous ne sommes pas très favorables à ces idées ou, pour le moins, ces idées doivent être limitées et contrôlées, parce qu'il est très important que de l'Avenue Xavier de Maistre on puisse voir le Couvent et cette belle tour du Couvent, qui est une chose très remarquable et le clocher de St. Ours.
L'autre jour, en me promenant dans la Rue Xavier de Maistre, j'ai constaté que ces deux constructions qui ont été bâties par le Couvent de Saint Joseph, bien qu'elles ne soient pas très élevées, couvrent déjà d'une manière nuisible le Couvent et une autre construction empêche en partie la visibilité de ce magnifique clocher de Saint Ours, qui est vraiment une œuvre d'art remarquable.
A' ce point quelqu'un pourra dire : mais, alors, ces gens ne pensent qu'à dépenser de l'argent dans la Ville d'Aoste? Non! Ce n'est pas vrai, parce que c'est toujours pour les Communes de campagne que nous dépensons le plus grand pourcentage de notre budget. Il faut aussi que les Valdotains se rendent compte que, en embellissant et en valorisant la Ville d'Aoste, nous faisons également les intérêts de tous les Valdotains.
J'ai parlé cet été avec des hôteliers de Saint-Vincent qui me disaient: "Vous autres, d'Aoste, vous êtes heureux parce que les touristes s'arrêtent à Aoste, tandis qu'ils ne s'arrêtent que très peu à Saint-Vincent".
Pourquoi les touristes s'arrêtent-ils beaucoup à Aoste? Parce que la Ville d'Aoste est une Ville d'art. Il y a trente ans, j'étais une des trois ou quatre personnes qui prêchaient la nécessité de valoriser le patrimoine archéologique romain de la Ville d'Aoste.
Eh bien! Il y avait, alors, une incompréhension absolue pour ce problème et on rencontrait de ces fameux entrepreneurs qui croyaient d'avoir inventé la poudre et qui disaient : "È la carta filigranata che è alla base di tutto, non quelle vecchie pietre".
Ce sont cependant les vieilles pierres qui attirent les touristes à Aoste.
Si quelqu'un de vous s'est promené cet été dans la Rue de Tillier et, surtout, dans la Rue des Portes Prétoriennes et de Saint Anselme, il a sûrement rencontré des flots de centaines de milliers de touristes étrangers qui étaient attirés par le Théâtre romain, par le Cloître de St. Ours, par l'Eglise de Saint Ours, par son clocher, par les Portes Prétoriennes, par l'Arc d'Auguste et par le pont romain du Buthier que, je me permets de le dire, personnellement voulu valoriser parce que, avant, il était caché et enfoui dans le sol.
Mais il n'y a pas seulement les antiquités romaines dans la Ville d'Aoste, il y a aussi les antiquités moyenâgeuses qui sont aussi remarquables.
Je ne veux pas cependant me perdre dans ce discours, parce que je veux faire des discours très brefs au Conseil Régional. D'ailleurs, j'ai l'impression qu'il y a une prolixité effarante dans certaines interventions, tant qu'il serait souhaitable de devenir tous un peu plus synthétiques.
Alors, je ne parte pas de l'Avenue du Mont Blanc, qui, lorsque les travaux seront finis selon les projets que nous avons un peu tous en tête, sera une très belle avenue. A' cet effet, nous avons déjà démoli la Maison Norat, mais il faudra encore démolir la Maison Roffino, le Garage Vacchiero, le Bâtiment qui est actuellement le siège de la "Questura" et les maisons Rizzardi.
Je veux maintenant passer à un autre grand problème dont nous devons nous préoccuper. Je viens de parler du tourisme: la Ville d'Aoste ne pourra jamais avoir un grand essor touristique, comme elle le mérite, tant qu'on n'aura pas résolu d'une manière définitive la question de la fumée de la Cogne.
Je m'adresserai aux nouveaux Administrateurs de la Cogne pour leur demander une intervention globale pour la solution de ce problème; mais je pense qu'il faudra peut-être que l'Administration Régionale prenne à sa charge l'élimination de la fumée au moins pour un rayon de la Cogne, car il est inutile que nous continuions à prêcher que l'Etat doit intervenir, que la Cogne doit intervenir, sans que nous donnions le bon exemple. Il faut, peut-être, que nous donnions nous le bon exemple pour la solution de ce problème.
Je ne veux pas reprendre aujourd'hui la question dont vous a déjà parlé l'Assesseur Balestri dans la séance précédente, mais évidemment en Vallée d'Aoste nous manquons d'Instituts fondamentaux qui existent dans toutes les Provinces d'Italie: nous manquons d'un Orphelinat, tant il est vrai que les enfants orphelins de la Vallée d'Aoste doivent être envoyés dans les Instituts d'autres Provinces d'Italie; nous manquons d'un Hôpital neuropsychiatrique et d'autres instituts encore.
En ce qui concerne le tourisme, je dois vous dire qu'en ce moment l'Assesseur Savioz, d'accord avec la Junte, est en train d'examiner un projet de réalisations d'un Village touristique.
Nous retournerons sur cet argument en discutant la loi pour la construction des maisons pour les travailleurs, car cette loi prévoit aussi la valorisation de nos vieux villages, de nos vieilles maisons.
Nous pensons aussi qu'il est peut-être bien que l'Administration Régionale entre à faire partie des grandes Sociétés de valorisation touristique, mais il faut surtout que l'Administration Régionale valorise nos villages. En valorisant ces villages touristiques et en aidant nos campagnards à restaurer leurs vieilles maisons, pour en faire les maisons de location pour les touristes, nous aiderons la classe paysanne à travers le tourisme. Voilà un grand problème que nous devons considérer.
Il y a, évidemment, encore une quantité d'autres problèmes; par exemple, il y a tous les problèmes de l'agriculture. Nous pensons de dédier des Juntes extraordinaires, périodiques, une Pois par semaine aux problèmes de l'agriculture. Nous devons examiner attentivement tous les problèmes principaux avec une plus grande énergie que dans le passé, pour arriver à des réalisations concrètes.
En ce qui concerne l'instruction publique, je pense que nous devons non seulement nous préoccuper des rapports entre l'Etat et la Région, mais nous devons nous préoccuper de moderniser l'école, parce que l'école est vieille.
Dans les écoles moyennes inférieures et supérieures, nous ne parlons pas des écoles élémentaires, qui font ce qu'elles peuvent, certaines matières sont enseignées avec des systèmes vieux de plus d'un siècle; on enseigne une histoire complètement utopique, une histoire démagogique, patriotarde, et si je dis patriotarde ce n'est pas pour parler mal du patriotisme, en somme, on enseigne l'histoire d'une manière horrible dans nos écoles.
Et de même l'enseignement du français; l'enseignement du français est fait d'une manière pédantesque, mnémonique; on fait faire trop d'exercices par écrit, on fait apprendre presque par cœur les règles de grammaire.
Cela ne sert à rien! Les langues doivent être enseignées avec le système de la Berlitz School et des écoles modernes. Il faut enseigner à parler les langues; on enseigne les langues vivantes comme si elles étaient des langues mortes, comme si c'était le latin ou quelque chose du genre.
Nous devons, alors, rénover profondément l'instruction publique en Vallée d'Aoste, parce qu'il ne sert à rien de critiquer l'école de l'Etat si nous ne sommes pas capables de faire mieux que l'Etat.
Evidemment il faut aussi que les Enseignants, qui sont très méritants, puissent guérir de certaines déformations professionnelles.
Voilà quelles étaient les déclarations que je voulais vous faire!
Nous avons fait une réunion avec Monsieur le Sénateur et Monsieur le Député et nous les avons invités à une action auprès des Autorités centrales pour résoudre les grands problèmes de la réalisation du Statut régional.
Je ne nomine pas ces grandes questions parce que vous les connaissez déjà.
Lorsque nous aurons tenu ces séances extraordinaires de Junte pour étudier les principaux problèmes et que nous aurons chois les solutions voulues, nous porterons ces problèmes en discussion au Conseil en dédiant des séances du Conseil exclusivement pour le problème de l'agriculture ou pour le problème du travail et de l'industrie, ou pour le problème de l'instruction publique.
En effet, je pense que nous devons corriger un peu l'actuel système de discuter dans une séance du Conseil de trop nombreux objets à l'ordre du jour. Nous devons peut-être continuer à tenir des séances de ce genre, mais nous devons aussi tenir des séances d'un autre genre, des séances que je voudrais appeler extraordinaires, dans lesquelles, on discuter tous ensemble sur des problèmes de fond la Vallée d'Aoste.
Ces séances nous devons les faire sérieusement, objectivement, je dirai presque scientifiquement, en évitant les personnalismes qui ne servent vraiment à rien".
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