Compte rendu complet du débat du Conseil régional

Objet du Conseil n. 964 du 9 novembre 1994 - Resoconto

OBJET N° 964/X - Communications du Président du Gouvernement régional.

Presidente - La parola al Presidente della Giunta, Viérin Dino.

Viérin D. (UV) - Les abondantes précipitations atmosphériques qui se sont abattues sur notre région vendredi, samedi et dimanche derniers ont suscité des inquiétudes chez la population. Inquiétudes encore accrues par les nouvelles provenant du Piémont où l'inondation a sévi avec une extrême violence. En dépit des 180 mm d'eau tombés au cours de ces trois jours avec un maximum de 50 mm en trois heures dans la nuit de samedi à dimanche, le territoire de la Vallée n'a pas été grièvement touché. En effet la forte pluie n'a occasionné que des dégâts limités grâce aussi à l'oeuvre de prévention accomplie par la Protection civile, par les syndics et par les autres organismes préposés à cette tâche. Les cours d'eau n'ont pas entraîné des situations particulièrement dangereuses dues à des débordements, et les inondations n'ont pas été très importantes. L'évacuation de quelques habitations, ainsi que la fermeture de certains tronçons des routes régionales et communales, ont été décidées seulement dans les communes d'Oyace et de Champorcher, par précaution. Les quelques éboulements et chutes de pierres ont bloqué quelques voies de communication mais n'ont touché aucune construction. Je vous signale que dans ce moment-même une intervention est en cours de la part de la Protection civile dans la vallée de Cogne afin de permettre l'ouverture de la route fermée à cause de la présence d'une masse rocheuse instable en amont de Pondel.

Dimanche, afin d'éviter l'aggravation du phénomène et compte tenu de la situation du Piémont, l'état d'urgence qui a été révoqué hier matin avait été déclaré sur tout le territoire valdôtain. Par notre arrêté le personnel de l'ANAS de la Vallée d'Aoste qui était en grève avait été réquisitionné. Une première évaluation des dégâts a pu être faite dès lundi; la visite sur les lieux des techniciens n'a pas encore été achevée. D'après une première estimation, ce seraient principalement les installations de l'ENEL qui ont subi le plus de dégâts à cause de la neige qui est tombée au-dessus de 1500 m dans la partie sud de notre région et au-dessus de 2000 m dans la partie nord. C'est surtout en haute montagne que la neige mouillée et lourde a endommagé les poteaux et les pylônes du réseau d'alimentation desservant les remontées mécaniques. Nous avons également été en contact avec les responsables des autres régions, notamment avec le président Brizio du Piémont. Nous lui avons, au nom de la communauté valdôtaine tout entière, exprimé notre solidarité et affirmé que nous étions disposés à intervenir concrètement en faveur des populations; aujourd'hui, en effet, nous sommes en train de définir les mesures pour coordonner les différentes initiatives.

Nous avons chargé la Protection civile de servir de point de repère et de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour concentrer et coordonner, de concert avec les responsables de la Protection civile du Piémont et l'assesseur délégué à cette tâche, les initiatives, les aides bénévoles, les aides organisées en matériels et en moyens de transport ou tout ce qui peut servir pour apporter un soutien complet aux populations. Par ailleurs, vendredi, nous proposerons une intervention directe et nous attendons d'avoir des indications de la part de M. Brizio, à savoir, s'il est opportun d'intervenir par une aide financière directement en faveur de la Région Piémont qui a déjà prévu un compte courant, ou bien si ce n'est pas le cas, comme il a déjà été fait dans le passé, de se charger directement d'une zone délimitée, d'une communauté de montagne afin de mieux cibler les interventions.

Par ailleurs, avec M. Brizio et avec les autres présidents, notamment de la Ligurie et de la Lombardie, nous avons évalué négativement les premières mesures qui ont été prises hier par le Conseil des ministres, tout d'abord sur le plan financier, à savoir le montant des aides qui ont été débloquées, ensuite pour ce qui est de la nature des fonds qui seront détournés, à savoir le détournement de sommes qui devraient être remboursées aux catégories les plus démunies et, également, l'utilisation de fonds déjà affectés aux régions et qui n'ont pas encore été dépensés mais qui représentent - et c'est le cas du Piémont - l'objet de programmes et de projets spécifiques déjà approuvés et qui ne pourront donc pas être réalisés et seront mis en opposition avec ces initiatives de solidarité. Mais je crois que la critique majeure porte sur la méthode et là, j'ai apprécié l'intervention de M. Tibaldi qui s'en prenait à l'Etat centralisateur, mais je crois que les mesures qui ont été adoptées vont dans une autre direction. La nomination d'un commissaire, Maroni, et le fait d'avoir obtenu seulement suite à la pression du président du Piémont que ce commissaire se concerte avec les responsables des collectivités locales et les présidents des Régions, est un choix centralisateur que les présidents de la Lombardie, de la Ligurie, du Piémont et de la Vallée d'Aoste veulent contester jusqu'au bout parce que c'est dépasser toute compétence, toute possibilité de la part des régions d'intervenir directement en faveur de leurs propres communautés. Il nous semble qu'il s'agit d'un choix qui est à l'opposé des déclarations qui ont été, par ailleurs, faites.

M. Arrigoni a présenté vendredi dernier au Gouvernement le rapport sur le premier trimestre d'activité de la gestion extraordinaire de la maison de jeu de Saint-Vincent. L'élément le plus significatif est le suivant: du 1er juillet au 30 septembre dernier, compte tenu des recettes accrues et des dépenses moindres, les bénéfices qu'a valus l'institution de la gestion extraordinaire de la maison de jeu de Saint-Vincent s'élèvent, pour la Région, à quelque 8 milliards de lires. Ce rapport, qui a déjà été transmis au président de la IVème Commission, souligne une série de données qui, comparées avec celles de la même période de l'année 1993, confirment une marche globalement positive de la gestion extraordinaire de la maison de jeu de Saint-Vincent. A cet égard je veux informer que le 24 octobre une citation introduite par la société SITAV devant le tribunal civil de Turin a été notifiée à la Région. Par cet acte la SITAV soulève à nouveau, comme elle l'avait déjà fait cet été devant le tribunal d'Aoste, la question de constitutionnalité à propos de la loi régionale concernant l'institution de la gestion extraordinaire de la maison de jeu de Saint-Vincent et demande donc au tribunal de Turin de transmettre préalablement les actes à la Cour constitutionnelle, afin que celle-ci exprime son avis. Le recours reprend le même thème déjà présenté et, dans le fond, veut mettre en discussion la compétence de l'Administration régionale quant aux décisions qui concernent la maison de jeu de Saint-Vincent.

Le 27 octobre dernier j'ai rencontré, avec les assesseurs Lévêque et Mafrica, le président du Groupe Conner, M. Mitchell, qui était accompagné par le vice-président, M. Bell et par l'administrateur délégué de la Conner de Pont Saint-Martin, M. De Marco. La réunion avait pour objet l'évaluation de la situation de l'établissement valdôtain dans le cadre général des perspectives du groupe américain et compte tenu d'une relance du marché. Les dirigeants de la Conner ont mis en évidence le fait que l'usine de Pont Saint-Martin a atteint une haute qualité au niveau des produits et une productivité remarquable. Reste toutefois que les coûts sont élevés, surtout s'il sont comparés à ceux des usines Conner en Extrême-Orient, notamment en Malaisie et à Singapour. En tout cas les responsables de la Conner ont souligné que leur firme a regagné une position de tout premier ordre à l'échelon mondial et ont affirmé leur intérêt à poursuivre la production à Pont-Saint-Martin. De notre côté, nous avons souligné tous les efforts que la Région a déployés au cours de ces années en faveur de l'établissement Conner et pour maintenir les emplois, deux éléments qui devraient être pris en considération par le groupe Conner au moment de faire des choix qui vont déterminer le développement futur de l'entreprise valdôtaine.

Enfin vendredi 28 octobre, sur invitation du sénateur Dujany, le président de la Commission de contrôle sur la Rai, M. Taradash, est venu pour une série de rencontres et de contrôles ayant trait à la situation du centre régional. Au cours de l'entretien avec M. Taradash, accompagné du sénateur Scaglione et des deux parlementaires valdôtains, nous avons souligné le fait qu'au-dessus du rôle important du centre régional en matière d'information, la Région attribue au service public de radiotélévision au Val d'Aoste une importance fondamentale pour la mise en valeur de toutes les particularités culturelles et linguistiques de notre Région.

Nous avons donc présenté la situation actuelle sur la base de la convention des émissions de notre centre régional de la Rai, en exprimant notre perplexité quant aux fonctions qui ne sont pas suffisamment remplies étant donné, sur la base des éléments que nous avons fournis à la commission, que la convention n'est pas respectée et que nous assistons également à des contresens, notamment dus à la traduction de tous les communiqués français adressés non seulement par les différentes associations et mouvements politiques mais aussi par les institutions au centre régional de la Rai; ils sont traduits carrément en langue italienne et, donc, il y a une information qui est exclusivement monolingue.

En tout cas la convention ne peut pas être la seule réponse de la Rai aux attentes de notre communauté, vu qu'en tout état de cause le service public doit garantir aux Valdôtains une égalité de conditions, de manière à assurer un appoint véritable aux actions culturelles qui sont mises en oeuvre dans le cadre de cette politique de valorisation des expressions culturelles et linguistiques de la communauté valdôtaine. En fait, si nous considérons le bilinguisme un élément d'union, et non pas, comme nous pouvons le constater dans d'autres réalités, un facteur de division nous avons rappelé aux membres de la Commission de contrôle que nous ne demandons pas de séparation ni la création de rédactions différentes mais que nous réclamons que la structure programmes de la Rai, tout comme la rédaction d'Aoste, accorde aux nombreux aspects de notre culture, que ce soient les expressions linguistiques en patois, en français ou en langue walser, l'attention qu'ils méritent.

Enfin nous avons fait remarquer que pour atteindre ces objectifs la rédaction nécessite de nouveaux professionnels et la valorisation des professionnels qui existent pour être en mesure d'exercer les fonctions de service public relevant de la Rai. Si on veut réaliser une rédaction vraiment bilingue il est fondamental de trouver ces professionnels en Vallée d'Aoste, contrairement à ce qui se passe actuellement, vu le recours continuel au recrutement, même au parachutage, temporaire parfois, de journalistes provenant d'autres régions qui, non seulement ne connaissent pas nos langues mais, surtout, ignorent notre réalité.

Le président Taradash a manifesté une grande attention pour les considérations que nous avons exprimées et il a confié à cet effet au sénateur Dujany la tâche de suivre scrupuleusement l'évolution de la situation du centre RAI de la Vallée d'Aoste avec une petite crainte conclusive, à savoir que toutes ces initiatives, à la place d'amener à des interventions qui vont dans la direction souhaitée, contribuent seulement à renforcer les effectifs du siège régional de la RAI sans considérer le problème de la fonction du service public et des retombées sur le plan culturel de ce même service.

Presidente - La parola al Consigliere Chiarello.

Chiarello (RC) - Voglio iniziare facendo le condoglianze ai familiari delle vittime dell'alluvione. E in questi momenti ci viene in mente che la natura deve essere rispettata, non voglio dare colpe; non vorrei sentire la Fumagalli dire che vuole indagare sui precedenti Governi perché mi verrebbe da ridere. In questo momento le polemiche devono lasciare il passo alla solidarietà e al pensiero di governare diversamente. Anche in questo Consiglio si sono fatte delle discussioni su argini di torrenti, su occupazioni di aree che potevano essere discutibili; penso che dobbiamo usare il buon senso nei confronti della natura!

Io vorrei che ci impegnassimo ad una sottoscrizione che partisse dal Consiglio regionale.