Compte rendu complet du débat du Conseil régional

Objet du Conseil n. 1418 du 26 septembre 1990 - Resoconto

OBJET N° 1418/IX - Conséquences économiques de la sécheresse dans les différents secteurs productifs de l’agriculture valdôtaine (Interpellation).

Presidente - Do lettura dell’interpellanza presentata dai Consiglieri Rollandin, Perrin, Louvin, Marcoz e Agnesod:

INTERPELLATION

Etant donné le manque de précipitations qui a marqué le printemps et l’été 1990 (2.655 mm du 1er janvier au 20 juillet, contre la moyenne habituelle de 4.220 mm dans l’ensemble de la péninsule italienne);

Ayant estimé les retombées négatives de la sécheresse qui a causé de graves pertes aux cultures agricoles (la diminution de produits tels que pommes, poires, raisins, etc. est considérable);

Etant donné que les éleveurs se voient obligés de réduire la période d’inalpage, ce qui entraîne des pertes considérables en zootechnie et pour la production de fontine;

Ayant constaté que ces difficultés s’ajoutent à un état déjà précaire de l’élevage en Vallée d’Aoste qui souffre des problèmes liés à l’assainissement du bétail;

Conscients qu’une récolte réduite de fourrage pourrait compromettre davantage encore le travail de sélection du bétail de la race valdôtaine (pie rouge, pie noir et châtain), ce qui aboutirait à la vente et à l’abattage d’animaux ayant une valeur génétique élevée;

Ayant constaté un accroissement des jeunes animaux dans les élevages donnant lieu à des difficultés d’écoulement sur un marché à saturation en raison de la situation particulière liée au marché européen;

Etant donné par ailleurs que la sécheresse est à l’origine d’une prolifération d’incendies dans toutes les communes de la Vallée avec les graves conséquences que l’on connaît;

demandent

à l’Assesseur compétent:

1) si une analyse des conséquences économiques de la sécheresse dans les différents secteurs productifs a été prévue;

2) s’il a l’intention de demander au ministère compétent la reconnaissance du caractère de calamité agricole et les mesures financières qui s’ensuivent;

3) si des mesures financières sont prévues pour soutenir le secteur agricole (manque à gagner, achat de fourrage autant que possible local);

4) comment il entend oeuvrer pour reboiser les forêts détruites par les incendies (chantiers et opérations d’afforestation exceptionnelles).

Presidente - La parole au Conseiller Perrin.

Perrin (UV) - Je crois que tous les Conseillers connaissent la situation désastreuse de l’agriculture italienne, je dirais même de l’Europe méridionale et pour ce qui nous concerne de façon particulière du Val d’Aoste, due à la sécheresse extraordinaire de ces dernières années. En effet, pour ce qui concerne notre Région nous avions déjà subi un moment de régression des précipitations atmosphériques en général, pluie et neige, l’année dernière. Si nous prenons en considération par exemple la zone d’Aoste, la station météorologique d’Aoste a fait enregistrer l’année dernière pendant les 12 mois 380 mm de pluie contre les 500 mm habituels sur une période de trente années, donc une diminution d’environ 35%.

Cet état de sécheresse s’est poursuivi aussi cette année, je dirais même qu’il s’est empiré quelque peu; en effet en prenant en considération les premiers neuf mois à la date d’aujourd’hui, nous avons eu toujours à la station météorologique d’Aoste 253 mm de pluie contre les 399 habituels des premiers neuf mois. Non seulement, mais ces précipitations atmosphériques ont été concentrées pendant certains mois, pour ce qui concerne cette année par exemple aux mois de février et d’avril, plutôt que d’être distribuées dans l’arc de l’année, ce qui a empiré la situation.

Cet état de sécheresse a évidemment des conséquences extrêmement négatives, des retombées négatives sur l’agriculture de façon particulière. En ce qui concerne ce secteur il y a eu des conséquences négatives pour les cultures agricoles, pour la production des fruits, parce que si peut-être la production est identique à celle de l’année dernière pour ce qui concerne la quantité (mais il faut noter que l’année dernière nous avions déjà eu une baisse énorme dans la quantité par exemple des pommes) a certainement empiré pour ce qui concerne la qualité. En effet pour les pommes nous avons cette année des fruits de calibre inférieur et qui auront donc une valeur inférieure.

Nous avons des fruits qui sont moins colorés que habituellement, vu le manque de différence thermique entre le jour et la nuit, et fruits qui auront donc moins de valeur sur le marché. Nous auront une diminution de quantité par exemple dans les pommes de terre, une diminution certaine en viticulture, ou les vendanges qui démontrent au moins dans certaines localités et pour certains vins D.O.C. de la Vallée qu’il y aura des quantités inférieures aux habituelles.

Il y a eu des retombées négatives pour la production des alpages non seulement dues à la réduction de la période de présence de bovins dans nos montagnes, mais surtout à la diminution de la production de la Fontine, puisque l’état de sécheresse faisait que la flore était moins appétissante, le problème de la présence d’eau dans certains alpages a causé cette diminution. Je n’ai pas de données mais je crains qu’il y ait aussi des problèmes pour ce qui concerne la qualité de la Fontine de l’alpage.

Pour ce qui concerne la zootechnie le manque de foin dû à la sécheresse produira une obligatoire diminution du cheptel du bétail, ou bien obligera les éleveurs à acheter du foin de l’étranger puisqu’il n’y en a pas en Vallée d’Aoste, avec des conséquences négatives pour ce qui concerne l’image de la production de notre fromage à dénomination d’origine contrôlée, la Fontine. Ce qui va pousser certains éleveurs à essayer de vendre bétail, chose qui paraît presque impossible, vu le prix énormément bas de la viande en ce moment. Cette situation va compromettre aussi l’oeuvre de sélection que l’association régionale des éleveurs valdôtains poursuit depuis une dizaine d’années, non seulement mais l’accroissement du bétail jeune rendra difficile son écoulement à cause des prix extrêmement bas du bétail même.

A côté des secteurs productifs la sécheresse a causé des gros dommages aussi pour le grand nombre d’incendies qui ont éclaté pendant cette année: 286 interventions en 8 mois et demi, dont 62 gros incendies et 224 principes d’incendies, pour 1213 hectares parcourus par le feu, dont 750 de bois. Ce problème des incendies a obligé à employer des ouvriers pour éteindre le feu, 540 heures de vol d’hélicoptère, et donc une intervention financière de grande relevé.

A ce propos je crois que nous devons remercier d’un côté le service de la sylviculture, le corps forestier valdôtain tout entier, les équipes de volontaires contre les incendies des forêts, les Sapeurs-Pompiers volontaires ou permanents pour l’oeuvre constante et assidue qu’ils ont prêtée pour éteindre les incendies mêmes.

Mais il faut croire que la sécheresse de cette année et de l’année dernière portera à des conséquences négatives aussi dans le futur, dégâts dans les prairies qui seront ultérieurement endommagées puisque la flore se dénature, et donc productions dans les années futures minimales de foin, dégâts dans les vignobles, ainsi que nous avons déjà constaté l’hiver dernier, pendant lequel dans plusieurs Communes de notre Région, notamment en basse Vallée et ici aux alentours d’Aoste, il y a eu une forte mortalité dans les vignes, une perte des sources surtout de haute montagne et donc l’impossibilité d’arroser les prairies avec les conséquences négatives que l’on peut prévoir.

Je sais que dans certaines Régions d’Italie il y a déjà des interventions financières à cet égard: la Région Piémont a alloué 35 milliards pour l’agriculture; nous n’avons pas entendu d’interventions pour ce qui concerne la Vallée jusqu’à maintenant, c’est pourquoi nous avons voulu présenter cette interpellation, pour solliciter le Gouvernement régional et notamment l’Assessorat à l’Agriculture à prévoir des mesures.

Pour cela nous demandons si une analyse de la situation a été faite, si une analyse de ces retombées négatives, des conséquences de la sécheresse a été mise sur pied, quels sont les résultats dans le cas que l’analyse ait été promue, s’il y a l’intention de demander au Ministère compétent de reconnaître le caractère exceptionnel et donc la reconnaissance du caractère de calamité naturelle pour ce qui concerne l’agriculture, de façon à pouvoir utiliser des mesures financières adéquates de la part de l’état, si au niveau régional on a pensé à mettre sur pied des interventions administratives pour avancer à nos agriculteurs endommagés pour le manque de production, pour l’achat du fourrage etc., des mesures financières qui puissent les indemniser, et pour ce qui concerne les forêts s’il y a l’intention de mettre sur pied une oeuvre extraordinaire d’affo-restation, pour faire face aux dégâts, dégâts qui pour ce qui concerne les forêts ne sont pas dûs uniquement aux incendies, mais la sécheresse a produit aussi d’autres types de dégâts: attaques parasitaires, bois qui sèchent sur pied etc.

Par cette interpellation, avec laquelle nous pensons avoir stimulé le Gouvernement régional, nous espérons pouvoir obtenir des réponses positives pour ce qui concerne l’agriculture valdôtaine.

Presidente - Ha chiesto di parlare l’Assessore all’Agricoltura, Foreste e Ambiente Naturale Lanièce, ne ha facoltà.

Lanièce (DC) - Potrei rispondere con una battuta: déjà fait, però mi sembrerebbe troppo semplicistico.

Per quanto riguarda "si une analyse des conséquences économiques etc." è stato dato incarico ai servizi dell’Assessorato di accertare l’entità dei danni causati dalla siccità nel settore agricolo della Regione nel 1990. Al più presto i tecnici presenteranno una relazione riportante i dati richiesti.

Faccio presente che da una prima analisi risulta che il settore più colpito è quello delle colture foraggiere e in particolare degli alpeggi, la cui demonticazione è avvenuta prima del previsto, dai 10 ai 30 giorni a seconda delle località della Regione.

Un altro settore particolarmente colpito è quello dell’apicoltura.

Al secondo punto si chiede "s’il y a l’intention de demander au ministère compétent etc": dell’iniziativa dell’Assessorato è stato informato ufficialmente il Ministero dell’Agricoltura e Foreste, come previsto dalla circolare ministeriale 2.3.1983 n. 231, in quanto per poter richiedere al Ministero l’emissione del decreto che riconosce il carattere eccezionale degli eventi calamitosi le aziende agricole devono aver subito danni non inferiori al 35% della produzione lorda globale sulla media degli ultimi tre anni, esclusa quella degli allevamenti zootecnici, come previsto dalla legge 15.10.1981 n. 590, e dal D.L. 2.8.1990.

"Si des mesures financières sont prévus pour soutenir etc": la Giunta ha già presentato un progetto di legge "Interventi straordinari nel settore dell’agricoltura per risarcimento di danni causati dalla siccità". Nella stessa viene previsto l’intervento finanziario straordinario da parte della Regione a favore del settore agricolo attraverso lo stanziamento di 15 miliardi, di cui 5 miliardi per il 1990 e 10 miliardi per il 1991. Abbiamo previsto due fasi in quanto si sa che entro la fine dell’anno non si riuscirà ad esaminare tutte le domande che verranno presentate.

Per quanto riguarda il quarto punto, il servizio silvicoltura dell’Assessorato sta studiando un piano eccezionale per: 1) provvedere al disbosco delle foreste bruciate, 2) provvedere al rimboschimento delle parti forestali più produttive e protettive, nel senso di rimboscare le zone più fertili già a vocazione forestale e quelle che difendono da eventuali smottamenti o valanghe. Per questi ultimi interventi eccezionali la Giunta esaminerà anche la possibilità di affidare a delle imprese artigiane una parte di questi interventi, onde evitare il cumulo di cantieri forestali che poi diventano difficili da gestire.

Presidente - Ha chiesto di parlare per la replica il Consigliere Perrin, ne ha facoltà.

Perrin (UV) - Je ne peux que me déclarer partiellement satisfait de la réponse, puisque si quelque chose a été mise en acte, je crois qu’il a été quand même fait avec du retard.

Du fait qu’on n’ait pas encore les données je ne dis pas exactes mais au moins une prévision suffisante de la situation, il me semble justement qu’il y ait eu de la part de l’Assessorat un manque d’attention ou d’attention suffisamment précoce. Le fait qu’on ait informé le Ministère ne signifie rien du tout. D’autres Régions se sont déjà mues dans ce sens et ont déjà présenté des requêtes et donc ce retard risque d’avoir des conséquences négatives puisque, en arrivant à la queue de toutes les autres, nous pourrions perdre le train.

Je suis satisfait du fait qu’un projet de loi soit présenté expressément pour survenir à ces dégâts et que l’on puisse prévoir des oeuvres d’afforestation suffisantes pour faire front aux dégâts causés par la sécheresse.

Je veux dire seulement partiellement satisfait ou partiellement insatisfait pour une raison: j’ai la nette impression que si cela a été mis en branle, si certaines initiatives ont été prises par l’Assessorat, c’est grâce à l’interpellation que nous avons présentée, parce que, connaissance des bureaux, je sais qu’il n’y avait pas eu d’initiatives préalables. Donc je suis satisfait que le Groupe ait présenté cette interpellation pour mettre en branle une oeuvre, qui sera au bénéfice des agriculteurs valdôtains.

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