Oggetto del Consiglio n. 264 del 27 gennaio 2021 - Resoconto
OBJET N° 264/XVI - Interpellation : "Rediffusion des chaînes télévisées francophones et utilisation de la langue française et des langues minoritaires valdôtaines dans les médias".
Marguerettaz (Presidente) - Punto n. 24 all'ordine del giorno. La parole au collègue Lavy.
Lavy (LEGA VDA) - Je crois qu'ici en Vallée d'Aoste on a deux genres de problèmes : ceux qui se sont manifestés à cause du Covid et ceux qu'on veut chercher à tout prix de cacher... et la question linguistique est un exemple de ce deuxième type de problème parce qu'on l'a jamais voulu aborder, parce que c'est un thème qui peut-être porte une sorte de vision à laquelle on n'est pas habitués ici en vallée d'Aoste. J'ai eu la possibilité de lire ce rapport du Co.Re.Com.: "La tutela delle minoranze linguistiche nella comunicazione", qui est une sorte de rapport qui regroupe toutes les études et peut-être les actions faites par les Régions dans lesquelles on a des minorités linguistiques. Dans la section valdôtaine on n'a presque rien et c'est quelque chose de scandaleux vu que quand même ici en vallée d'Aoste on a des minorités linguistiques qui ne sont pas absolument tutelées. Je crois que les résultats qu'on a vus, disons des épreuves de nos élèves... sur le fait que sur les épreuves en français de nos élèves soient assez claires... on n'a pas une question linguistique, on n'a vraiment pas une politique qui puisse viser à faire face aux problématiques que nos élèves ont sur les langues, tout d'abord envers le français. Donc, on ne doit pas s'étonner pour le simple fait que qui veut voir peut voir quelle est la réalité. C'est nécessaire donc de bâtir une vraie politique linguistique du point de vue de la tutelle du français et de l'allemand, les deux langues-toit, mais aussi des langues minoritaires, c'est-à-dire le franco-provençal et le titsch et le töitschu, langues qui n'ont jamais été considérées en tant que telles, parce que très souvent on les considère en tant que dialectes, donc elles sont laissées courir et mourir.
Avec cette interpellation j'avais donc envie de traiter un thème qui est, disons, fondamental, un pilier fondamental pour bâtir une vraie politique linguistique qui c'est les apports de ces langues dans les médias. Si on analyse ce qu'on a, la possibilité de voir, écouter nos langues dans les médias, on a une situation qui est assez vraiment scandaleuse, on a la possibilité d'écouter très peu des chaînes télévisées françaises ou suisses, donc francophones. On n'a aucune possibilité d'écouter des chaînes allemandes, surtout pour ce qui concerne les communautés de Gressoney et d'Eisheme. Pour ce qui concerne les langues minoritaires, on n'a presque rien. On a, je crois, une heure par jour sur une radio et, même du point de vue des journaux, on n'a pratiquement rien, ils sont presque tous en langue italienne.
Alors, je me demande si on veut faire quelque chose pour sauver ces langues, qu'est-ce qu'on doit faire ? Pour sensibiliser nos jeunes, pour sensibiliser les Valdôtains que les langues sont à la base de l'autonomie valdôtaine, sans langues on n'a pas d'autonomie. Je demande, surtout de ce point de vue de la question médiatique, au Gouvernement si ce genre de politique qui n'a jamais été abordée d'une manière correcte est satisfaisante et, en cas contraire, qu'est-ce que le Gouvernement a intention de faire pour relancer le rôle des langues.
Président - La parole au Président de la Région.
Lavevaz (UV) - Merci Vice-président et merci aussi au collègue pour avoir touché un thème tout à fait intéressant. Il faut avant tout signaler que, contrairement à ce qui affirme cette interpellation, la valorisation des langues minoritaires bénéficie d'un cadre juridique officiel. En effet, aux termes de la loi n° 103 de 1975 : "Nouvelles dispositions en matière de diffusion radiophonique et télévisée", la RAI est tenue de disposer des réseaux de transmission télévisée dans les zones frontalières bilingues afin qu'ils soient adaptés à la diffusion des programmes des organismes étrangers frontaliers et aussi diffuser des émissions radiophoniques et télévisées en français pour la Vallée d'Aoste et dans d'autres langues pour les autres minorités linguistiques d'Italie. Par ailleurs, en ce qui concerne la retransmission des chaînes de télévision francophone, depuis le passage au numérique en 2009, il a été passé un accord avec la RAI confiant à celle-ci la tâche de réaliser le réseau permanent pour l'acheminement du signal numérique nécessaire à la diffusion des chaînes de télévision francophones. Durant la précédente législature cet accord a été reconduit à titre provisoire jusqu'au 31 décembre 2022 : à titre provisoire parce que la transition au nouveau système numérique terrestre devrait être achevée en 2022, mais je reviendrai sur ce point plus tard.
J'en viens maintenant aux questions soulevées par l'interpellation et je n'ai pas besoin d'y réfléchir deux fois pour vous dire que, en ce qui concerne le pluralisme linguistique des médias valdôtains, la situation actuelle est loin d'être satisfaisante. Cela dit, pour améliorer les choses, il va falloir envisager les actions que l'Administration régionale pourra concevoir et réaliser, compte tenu notamment des innovations technologiques continuelles typiques de ce secteur. Nous ne pouvons pas, en effet, ignorer les progrès de la technologie et, par conséquent, l'évolution de nos attitudes et de nos habitudes sous peine de lancer des mesures peu efficaces, voire sans intérêt pour les usagers. Nous ne pouvons pas ignorer que le développement des applications pour smartphone, ainsi que la diffusion par satellite et par internet offrent sans cesse des nouvelles opportunités aux consommateurs à des conditions toujours plus accessibles et dans un contexte général très différent de celui, il y a juste une dizaine d'années. Aujourd'hui, grâce à un abonnement satellitaire, il est possible de recevoir sur un téléviseur ou un téléphone des chaînes de télévision ou de radio du monde entier. Les émissions de radio peuvent être écoutées via des applications téléchargeables gratuitement sur un téléphone et il est aussi possible d'avoir accès de la même façon au service information du moins pour ce qui est du haut public comme, par exemple, Radio France.
Cela évidemment ne veut pas dire que l'Administration régionale ne peut pas ou ne doit pas faire quelque chose, bien au contraire. Il faudra définir avec attention les actions à entreprendre, à misant notamment, comme il me semble comprendre au vu de cette interpellation, sur la valorisation des particularités, qui pour des raisons de masse critique, comme le franco-provençale et les parlées walser, ne disposent pas d'une programmation dédiée sur les médias de masse. De ce point de vue, il ne s'agit pas, à mon avis, d'un problème lié aux moyens de communication, mais plutôt au contenu. Sur ce point l'Administration régionale, grâce aux structures compétentes de la Surintendance des biens culturels, mais aussi de la Surintendance des écoles, a certainement un rôle de premier plan à jouer, comme elle l'a fait déjà depuis longtemps avec toutes les initiatives d'information et de recherche de valorisation linguistique et culturelle qui vont du Concours Cerlogne au projet "Patois VdA".
De l'autre point de vue, au contraire, comme je le disais plutôt, le passage au numérique terrestre de nouvelle génération, dont le nom technique est DVB-T2 sera achevé entre 2021 et 2022 et permettra de disposer de transmissions d'une qualité supérieure et de flux de données majeures sur les téléviseurs des usagers. Ce nouveau changement technologique peut représenter une opportunité importante pour augmenter davantage les opportunités de valorisation de nos particularités linguistiques et culturelles et donc, au cours des mois qui viennent, le Gouvernement régional et l'Assessorat des finances, de l'innovation, des ouvrages publics et du territoire notamment travaillerons sur ce dossier afin de saisir chaque possibilité offerte par cette nouvelle technologie pour les émissions radiotélévisées, notamment pour ce qui concerne le bouquet de chaînes étrangères de radio et de télévision peu transmises en Vallée d'Aoste.
Président - Pour la réplique, la parole au collègue Lavy.
Lavy (LEGA VDA) - Je ne sais pas quoi dire, ce sont les mêmes mots qu'on a entendus il y a quarante ans. On a des responsables si on est ici dans cette situation, on a des responsables sur le français détesté par nos élèves, on a des responsables si les langues minoritaires ne sont pas parlées et elles sont en train de mourir avec nos grands-parents. J'espère qu'avec ce genre d'interpellation on puisse avoir sensibilisé cette salle sur la question qui est fondamentale, même, comme j'ai dit, pour maintenir l'autonomie valdôtaine. Je crois que l'Administration régionale devrait faire quelque chose en plus. Vous avez dit que maintenant on a des soutiens technologiques qui peuvent donner une grande main pour développer un genre de soutien, mais c'est fondamental que soit la Région à être promotrice de ce changement, sinon on laisse les choses continuer comme elles sont déjà marchées il y a quarante ans et même quelque chose en plus. La question linguistique doit retourner au centre du débat, parce qu'elle est une urgence. Si on veut bâtir une nouvelle Vallée d'Aoste après le Covid, on doit aborder ce thème. Je présenterai alors sûrement d'autres genre d'initiatives parce que c'est fondamental de relancer ce thème et de porter en avant des thématiques qui n'ont jamais été abordées dans le temps. C'est alors que je porterai même des motions et d'autres initiatives, parce que on ne doit pas laisser mourir notre patrimoine linguistique et identitaire.
