Oggetto del Consiglio n. 237 del 6 dicembre 1968 - Verbale

OBJET N° 237/68 - Ethnie valdôtaine. Motion. Approbation d'un ordre du jour.

Motion

Le Conseil Régional

Attendu que le Peuple Valdôtain constitue une minorité ethnique de langue française;

Attendu que l'ethnie valdôtaine est le fondement principal de notre autonomie;

Attendu qu'il est nécessaire de défendre notre langue française;

Invite

La Junte Régionale

1) à vouloir insister auprès des Autorités Centrales, afin qu'elles autorisent l'installation de répéteurs pour la télévision française;

2) à vouloir insister auprès des Professeurs, afin que la langue française ne soit pas enseignée comme une langue morte, mais par des méthodes modernes (cette langue doit être parlée par le Professeur d'une manière exclusive pendant les leçons de français);

3) à vouloir insister auprès des Écoles maternelles, afin qu'on y parle en français et en patois;

4) à vouloir insister auprès des bureaux régionaux, des syndics, des hôteliers et des commerçants, afin que les inscriptions et les documents soient bilingues.

Signés: S. Caveri - M. Céleste Chanoux - P. Fosson

Caveri (U.V.) - Ho l'impressione - sia detto tra parentesi quadra - che non è stata letta la mozione... non mi sembra...

Le problème qui est l'objet de cette motion est le problème fondamental de la Vallée d'Aoste, parce que nous pourrions résoudre toutes les questions et tous les problèmes, mais si le peuple valdôtain devait succomber dans cette question de la défense de son individualité, le peuple valdôtain aurait perdu la bataille, c'est-à-dire il aurait perdu la guerre... il aurait perdu, du moins, la bataille fondamentale de son existence.

Quand on parle d'ethnie valdôtaine, il faut distinguer ce qui dépend de nous, individuellement, et il faut considérer à part ce qui dépend de l'Administration régionale. Au temps de la Jeune Vallée d'Aoste quelqu'un de ceux qui adhéraient à ce Mouvement avait formulé le Code du langage, qui établissait les règles que chaque Valdôtain dans ce cas-là... que chaque jeune valdôtain devait observer pour défendre la langue française; or, le meilleur système c'est de parler en français, et pour le moins de parler en patois. Or, malheureusement nous constatons qu'il n'y a pas mal des Valdôtains qui n'appliquent pas ce qu'on disait au temps de la Jeune Vallée d'Aoste, le code du langage, parce qu'il y a un tas de valdôtains qui parlent en Italien entre eux, à commencer par pas mal de Conseillers régionaux, et d'employés de l'Administration régionale.

Quelles sont les questions qui dépendent de l'Administration régionale? Les questions qui dépendent de l'Administration régionale sont plusieurs; avant tout il y a la question de la télévision française, sauf erreur, nous avions déjà présenté une motion ou une interpellation en ce sens; eh bien, aujourd'hui nous sommes obligés de retourner sur l'argument parce que nous avons l'impression qu'on n'a rien fait pour faire en manière que l'on puisse voir et entendre la télévision française en Vallée d'Aoste.

Nous avons déjà dit en d'autres occasions en quels termes ce problème est, nous avons déjà dit que le Député Corrado Gex et Monsieur Andrione, lorsque ce dernier était Assesseur à l'Instruction Publique, ont eu des contacts avec des Autorités françaises, ensuite à cela le Gouvernement français a installé un réémetteur sur la Pointe Helbronner, on a vu après que cela était insuffisant s'il n'y avait pas des répéteurs situés en différentes localités de la Vallée d'Aoste. J'ai rappelé personnellement que des hautes Autorités italiennes sont intervenues contre la diffusion de la télévision française en Vallée d'Aoste et, entre autres, j'ai rappelé l'action négative, hostile, contraire de Monsieur Fanfani en tant que Ministre aux Affaires Etrangères et nous sommes toujours au même point, parce que les répéteurs n'existent pas. À ce propos nous voudrions savoir par la parole même du Président de la Junte régionale et des autres membres de la Junte régionale qu'est-ce qu'ils ont fait auprès des Autorités italiennes pour chercher à résoudre ce problème qui est fondamental. Je ne reste pas à perdre du temps pour dire en quel sens c'est fondamental qu'il y ait une télévision de langue française en Vallée d'Aoste pour la conservation de la langue française. Dans une réunion qui s'est déroulée à Aoste, une réunion des journalistes de langue française, on a ajouté et discuté ce problème et les journalistes de langue française présents dans ce congrès ont voté un ordre du jour en faveur de la télévision française ou de la télévision suisse de langue française en Vallée d'Aoste. Sur ce point nous attendons les déclarations du Président de la Junte ou des membres de la Junte qui voudront bien donner des explications à cet égard.

Il y a un autre problème et c'est le problème de l'enseignement de la langue française; plusieurs fois, lorsque nous étions à la Junte régionale, nous nous sommes plaints auprès des différents Assesseurs à l'instruction publique, de la méthode surannée qui souvent est suivie dans l'enseignement de cette langue. On enseigne le français comme si c'était du latin ou du grec ancien, on fait des exercices de grammaire et de syntaxe, souvent on enseigne... pendant les leçons de langue française on parle tout le temps en italien, tandis que la langue instrumentale ne devrait pas être la langue italienne, ce devrait être la langue française, c'est évident. Il y a quelques progrès dans cette matière; j'ai vu, par exemple, le texte qui a été adopté en certaines classes de IVe dans l'École primaire qui est située derrière l'Hôtel de Ville et j'ai été heureux de constater que ce texte de français est bien rédigé, il est basé beaucoup sur l'enseignement de la nomenclature et sur un encouragement envers la conversation, parce que l'enseignement de la langue, de quelconque langue moderne devrait être fait avec les système des Écoles privées modernes, de la Berlitz School, ou d'autres Écoles étrangères, parce que dans ces Écoles on enseigne à parler dans cette langue, on n'assomme pas l'écolier ou les étudiants avec des exercices de syntaxe et de grammaire qui rendent insupportable, ou rébarbative la langue que l'on doit étudier.

Je me rappelle qu'en deuxième Lycée j'ai eu comme professeur de grec le fameux Professeur Turolla, qui dernièrement était professeur ordinaire de grec à l'Université de Venise, eh bien, ce Professeur, nous étions en deuxième Lycée, ne nous a jamais embêté avec de la grammaire ou de la syntaxe grecque, il nous a appris à aimer, par exemple, les poètes grecs, et c'est un art que devraient avoir les professeurs de langue française, d'enseigner la langue à travers beaucoup de lectures de textes classiques choisis à travers la conversation, à travers la nomenclature.

Autre point que nous devons tenir présent c'est le point de la question des Écoles Maternelles. Dans les Écoles Maternelles on ne parle qu'en italien; eh bien, c'est contraire à tous les principes de défense des droits d'une Communauté ethnique et linguistique, parce que c'est exactement dans l'École Maternelle qu'il faudrait parler en langue française et en patois. Nous ne prétendons pas qu'on donne l'ostracisme à l'italien bien loin de là, nous ne sommes pas des extrémistes, mais malheureusement nous voyons que dans les Écoles Maternelles on a donné l'ostracisme à la langue française. À l'égard des Ecoles Maternelles, je voudrais dire quelque chose, qu'il faudrait surveiller un peu mieux - ceci je le dis surtout à l'Assesseur à l'Instruction Publique; mais je le dis aussi aux autres membres de la Junte - les nominations des institutrices qui enseignent dans ces Écoles; on m'a assuré que, par exemple, à la Commune d'Aoste, à la ville d'Aoste on a nommé comme institutrice dans les Écoles Maternelles des institutrices qui ne savaient pas du tout le français. On m'a signalé entre autres qu'il y aurait une institutrice qui ne sait même pas dire en français les noms de la semaine, et on l'a nommée in barba a tutte le disposizioni qui devraient régler le fonctionnement des Écoles en Vallée d'Aoste.

À propos d'Écoles maternelles - je parle de cet argument même si je suis un peu en dehors du thème mais parce que c'est une question qui concerne surtout les inscriptions -, nous avons dû déplorer que vraiment la Scuola Materna Corrado Gex présente dans la façade une inscription uniquement en langue italienne... de l'autre côté, mais, mon cher Fosson, on ne le voit pas, parce que, quand tu passes dans l'avenue de la Paix, tu vois seulement l'inscription en langue italienne, et alors, vu que la langue italienne et la langue française doivent avoir une parité, une égale dignité, il faut que sur les façades des Écoles, comme nous faisions nous quand nous étions à la Junte régionale, les deux inscriptions en langue française et en langue italienne soient bien visibles sur les Écoles, autrement c'est vraiment ce qu'on appelle en italien una presa in giro.

Puis il y a la question du respect des noms valdôtains - je regrette qu'il n'y a pas ici Monsieur Pedrini -, nous avons parlé l'autre jour de la semaine courte, mais il y a des Conseillers régionaux qui ont adopté la séance courte au Conseil régional, mais s'il y avait eu ici Monsieur Pedrini, je lui aurais recommandé de surveiller un peu mieux les dénominations, les noms des localités qui le long de l'autoroute ont été souvent déformés. On me l'a signalé surtout pour la zone de Châtillon et de St. Vincent où les noms ont été beaucoup déformés. L'Administration, la Présidence de l'autoroute... l'Administration régionale brille dans la déformation des noms dans les annexes de cette séance du Conseil, par exemple, on a écrit: "Val Veni" avec "i" au lieu de la "y" et dans la délibération n° 3884 du 9 octobre 1968 on a continué tranquillement à écrire "Colle St. Carlo", tandis que c'est "Col St. Charles"; on dit souvent "Colle di St. Pantaleone" tandis que c'est le "Col S. Pantaléon", on est arrivés à dire "St. Bartolomeo" à la place de "St. Barthélemy", et ainsi de suite, il n'y a qu'à regarder les textes de l'Administration régionale pour voir que, surtout en certains Départements, en certains Assessorats qui sont absolument insensibles pour ce qui est de la langue française, les noms valdôtains sont tranquillement "assassinés".

Sur la question des inscriptions de l'Administration régionale je regrette de le dire, Monsieur Balestri, mais il y a le Département du Tourisme qui tient le pompon de l'absence totale de langue française dans les inscriptions; il y avait en Rue St. Ours une inscription où on voyait, entre autres, "Musée archéologique", maintenant il y a seulement en langue italienne "Museo archeologico". Il y avait une inscription en langue française le long de la route pour aller à Cogne pour indiquer la direction du pont de Pondel et maintenant il y a aucune inscription uniquement en langue italienne. Je ne sais pas si c'est un phénomène: jardins des enfants, et cetera, moi je ferais une recommandation particulière à Monsieur Balestri pour qu'il charge quelqu'un de faire une révision des inscriptions parce que, en cette dernière année, on n'a fait que des inscriptions en langue italienne et on n'a pas fait une seule inscription en langue française. Je ne sais pas si dans les bureaux de cet Assessorat il y a des microbes des temps fascistes, on dirait qu'il y a quelques résidus avec cette mentalité, parce que pour les inscriptions du Département du Tourisme j'ai dû personnellement intervenir plusieurs fois, et il y avait les inscriptions du Forum où on donnait un grand honneur à la langue allemande, il y avait les inscriptions du Bureau des renseignements, nous avons dû intervenir, nous avons dû faire une interpellation, mais on dirait vraiment qu'au Département du Tourisme il y a quelqu'un malade de nostalgie de mauvais genre et de mauvais goût.

Enfin il y a un autre question encore, après la question des inscriptions des bureaux régionaux: il y a la question des inscriptions des hôteliers, des commerçants, des Administrations communales, parce que plusieurs fois nous voyons que les inscriptions des Administrations communales signifient simplement une italianisation progressive des noms de localités, malheureusement il y a de nos Syndics qui ont une insensibilité absolue à l'égard, les noms des hôtels sont presque toujours en italien, et ce qui est curieux est que souvent les commerçants non valdôtains ont la coquetterie de mettre les inscriptions bilingues, tandis que les commerçants valdôtains ne mettent que des inscriptions en italien. Il y a presque tous les débits de sel et tabac qui ne sont pas valdôtains, qui ont mis l'inscription bilingue: "sali e tabacchi", "Bureau de sel et tabac"; j'ai demandé à un qui a un débit de sel et tabac, que je connais très bien, et que vous connaissez très bien, et qui est valdôtain qu'il mette l'inscription en français, il a fait une mine très embêtée, mais il n'a jamais mis l'inscription en langue française. Ceci c'est, tous ces phénomènes sont des phénomènes de manque de sensibilité valdôtaine et, quand il s'agit de Valdôtains qui ne comprennent pas qu'en défendant la langue française ils défendent eux-mêmes, ils démontrent vraiment de manquer d'un minimum d'intelligence.

Mon Dieu, s'il fallait parler de toutes les questions qui se rapportent à la défense de la langue française et de notre individualité, on n'en finirait plus... Le Conseiller communal Robert Berton a présenté une interpellation au Syndic d'Aoste, parce que dans la ville d'Aoste il y a un manque total de respect pour les noms valdôtains; si on les écrit encore plus ou moins en français, on se trompe toujours, on ne connaît pas les précédents historiques, on dirait que les Administrateurs de la ville d'Aoste ne connaissent pas les précédents historiques de certaines dénominations. Il faut écrire "Prés Fossés" au pluriel, si ces Administrateurs communaux ne connaissent pas l'histoire des Prés Fossés, qu'ils prennent les livres de Colliard qui expliquent pourquoi on a donné ce nom à la localité et on a écrit ainsi. Quelqu'un pourra dire: "hanno messo il nome dei preti perché c'è la Collegiale di St. Orso che è vicino", moi je ne sais pas. La localité de St. Christophe, le long de la route de Porossan on devrait écrire "Chiou", mais l'Administration de la ville d'Aoste a écrit: "Shiou", donc, il y a une centaine de noms de localités qui doivent être corrigés dans la ville d'Aoste et dans ses alentours. Les exemples on pourrait les multiplier à centaines et à milliers, ce qui manque c'est une sensibilité à cet égard, et cette sensibilité manque souvent de la part des Administrateurs qui devraient donner le bon exemple. C'est une question de sensibilité, de culture et d'intelligence: ce sont les ingrédients qui sont nécessaires si nous voulons sauvegarder l'individualité du peuple valdôtain, parce qu'il ne faut pas oublier que si en 1945 on a obtenu le premier décret en faveur de la Vallée d'Aoste et si plus tard en 1948 on a obtenu le Statut régional, c'est surtout à cause des éléments linguistiques et ethniques, c'est surtout à cause de l'existence de cette Communauté ethnique et linguistique valdôtaine. Alors les Valdôtains doivent se rendre compte, une fois pour toutes, surtout ceux qui ont des places de responsabilité publique, que la défense de notre langue, de notre individualité c'est le premier fondement de la défense du Statut régional.

Une autre chose, la dernière: il me résulte que le Secrétaire général de l'Union Fédéraliste des Communautés ethniques européennes a envoyé à tous les Présidents de Junte et à tous les Présidents des Conseils régionaux en Italie une motion qui a été votée au Congrès de cette Union Fédéraliste, où l'on attire l'attention de ces Autorités sur la nécessité de défendre ces valeurs morales, ces valeurs culturelles. Or, il me résulte que le Président du Conseil régional de la Sardaigne et, sauf erreur, aussi le Président de la Junte régionale de la Sardaigne ont répondu au Secrétaire général de l'U.F.C.E., c'est-à-dire de l'Union Fédéraliste des Communautés Européennes, mais il ne me résulte pas, je ne sais pas, à moins qu'on n'ait pas écrit au Président de la Junte régionale de la Vallée d'Aoste et sauf qu'on n'ait pas écrit, peut-être, au Président du Conseil régional... je voudrais savoir si ces lettres ont été reçues, et je voudrais savoir si on a répondu à ces lettres, je voudrais savoir pourquoi on n'a pas donné communication de ces lettres aux Conseillers régionaux, parce que le Président du Conseil régional de la Sardaigne a senti le devoir d'envoyer une copie de ce texte, de la lettre, de la motion jointe à tous les Conseillers régionaux. Nous n'avons pas reçu... peut-être qu'on n'a pas envoyé aux Autorités valdôtaines, je ne sais pas, mais on m'avait assuré qu'on avait envoyé la lettre et la motion, l'ordre du jour du Congrès de l'U.F.C.E. aussi aux autres Autorités valdôtaines et je serais content de savoir quelque chose à l'égard.

Ramera (D.C.) - Monsieur Président, Messieurs les Conseillers, au nom du Groupe Démocrate-Chrétien, je déclare que nous voterons à faveur de la motion présentée par les Conseillers de l'Union Valdôtaine étant donné que nous reconnaissons pleinement valables les déclarations qui sollicitent l'invitation à la Junte de résoudre les problèmes soumis à notre examen. II est nécessaire de souligner avec évidence, du moment qu'on l'oublie trop souvent, que le peuple valdôtain constitue une minorité francophone et que l'ethnie valdôtaine est le fondement principal, la base même de notre autonomie.

À cause de notre particularisme, nous avons en effet lutté pendant et après la Résistance pour être reconnue comme Région autonome à Statut spécial pour la sauvegarde de notre minorité ethnique et pour la sauvegarde de toutes ces particularités qui constituent le magnifique patrimoine hérité de nos ancêtres et le capital intellectuel de notre peuple. Pas souvent toutes ces raisons viennent à notre esprit et trop souvent nous nous perdons dans des stériles et inutiles contestations qui ne font qu'affaiblir au lieu de renforcer le front valdôtain, les conséquences qui en découlent de l'affaiblissement de notre autonomie se répercutent sur nous-mêmes. Nous n'avons rien à contester au sujet des arguments mentionnés par la motion unioniste qui mériterait tout de même d'être ultérieurement développée pour réaliser les solutions proposées. Si toutefois mes collègues me le permettent je voudrais dire seulement deux mots concernant les premiers paragraphes qui invitent la Junte régionale à vouloir insister auprès des Autorités centrales, afin que celles-ci autorisent l'installation de répéteurs pour la télévision française. Dans le sens général je ne suis pas contraire à ce point et que ceci soit bien établi, car j'ai déjà clairement spécifié d'être d'accord sur la motion mais, vu que nous devons collaborer dans ce Conseil afin d'obtenir le maximum et le meilleur pour notre Région, je soutiens qu'il est nécessaire d'examiner attentivement et avec les arguments ayant une base solide ce problème pour arriver à la solution la meilleure.

La proposition d'installer en Vallée d'Aoste des relais pour capter les émissions de la télévision française est un problème qui a été examiné plusieurs fois dans ces dernières années, sans pour cela atteindre le but et sans aboutir à une solution quelconque. Cela signifie donc qu'il existe bien des entraves d'ordre objectif qui en ont empêché sa réalisation. Il me résulte que le problème a été soulevé en 1960 au Conseil régional. Il a été repris, proposé et débattu en 1965 à Grenoble par un de nos représentants lors de l'Assemblée plénière de la Conférence permanente des Chambres de Commerce françaises et italiennes des zones de frontière. Au terme des travaux de cette Assemblée fut émis cet ordre du jour: "sulla proposta avanzata a Grenoble nel 1965 dal rappresentante della Valle d'Aosta per esaminare la possibilità di consentire la ricezione delle trasmissioni televisive sia italiane che francesi da ambo le parti della zona di frontiera dell'arco alpino mediante l'installazione di appositi impianti ripetitori, al fine di incrementare e sviluppare gli scambi socio-culturali e favorire una sempre maggiore conoscenza delle lingue francese e italiana, la Conferenza permanente, preso atto degli ostacoli naturali, tecnici, amministrativi e finanziari, ritiene, data la notevole importanza dell'argomento, di insistere affinché venga proseguito nelle sedi competenti lo studio di tutto quanto possa permettere da ambe le parti delle zone di frontiera la ricezione televisiva diretta, francese e italiana; un'occasione propizia e valida per l'auspicato collegamento potrebbe essere fornito dai Giochi olimpici di Grenoble...", eccetera. À cet ordre du jour des Chambres de commerce le Ministère a écrit: "In merito alla mozione dell'Assemblea plenaria della Conferenza permanente delle Camere di commercio francese e italiane della zona di frontiera, si ritiene opportuno rammentare che gli ostacoli che si frappongono alla ricezione di entrambi i programmi televisivi francesi da ambo i lati della frontiera francese sono innanzitutto di natura tecnica, in quanto le trasmissioni televisive vengono effettuate in Francia utilizzando sistemi diversi da quelli adottati in Italia; diversamente da quanto avviene in tutto il resto dell'Europa continentale, dove viene usato lo standard 625 linee, il primo programma francese viene infatti trasmesso con lo Standard a 819 linee; per il secondo programma anche la Francia si avvale dello standard 625 linee, ma con caratteristiche speciali del segnale trasmesso che la differenziano da quello usato nel resto dell'Europa. Per spiegare meglio a chi non lo sa, la Francia adopera per il secondo programma lo stesso sistema adottato dall'Italia e dalle altre Nazioni dell'Europa ma con un segnale diverso, cioè l'acustica, l'audio avviene non in modulazione di frequenza, come avviene per i nostri apparecchi, ma con un sistema a onde medie. Da ciò consegue che un apparecchio televisivo atto a ricevere i programmi italiani non è in grado di ricevere i programmi francesi e viceversa; per essere in grado di ricevere entrambe le trasmissioni, l'utente dovrebbe provvedersi o di due televisori diversi, oppure di un televisore multistandard, che è stato infatti fabbricato appositamente in seguito a ricerche apposite in Olanda dalla Philips, oppure di un convertitore di standard".

Enfin le 9 mars 1967 le Ministre des Télécommunications Spagnolli répondait sur cet argument à une interrogation des Sénateurs Moneti et Zaccari qui demandaient: "per conoscere se non giudichino opportuno in quest'anno 1967, anno anniversario del decennale della firma del Trattato di Roma, affrontando il problema dell'allargamento oltre il confine delle trasmissioni televisive dei Paesi aderenti al M.E.C., di invitare la Direzione generale della R.A.I. T.V. a prendere accordi con la radiotelevisione francese per offrire alle popolazioni che abitano nelle zone di frontiera la possibilità della ricettività televisiva dei rispettivi programmi nazionali". La risposta del Ministro ricalcava già quanto detto dalla precedente, cioè sui due sistemi di standard.

Comme on peut le constater il existe donc des raisons d'ordre juridique, bureaucratique mais surtout technique, qui empêchent la réalisation du rattachement tant désiré. Ceci est dû à la diversité du standard utilisé par la télévision française qui est différent des autres Pays d'Europe. En effet, si on veut recevoir les émissions télévisées françaises, on doit tout simplement installer deux appareils différents, ou bien un téléviseur multistandard, ou encore un convertisseur de standard, pour lequel le prix d'achat ne se différencie guère de celui d'un téléviseur commun. C'est en effet ce qu'il advient aujourd'hui à Courmayeur et alors, si celles-ci sont les raisons et les empêchements qui se heurtent à l'expansion des émissions françaises, je pense qu'il est absolument inutile de s'endormir sur des requêtes difficiles à réaliser, ou bien négatives pour le moment actuel, si celles-ci n'ont pas un résultat positif pour nous. Il en a été de même pour nos prédécesseurs, car quelque chose aurait pu quand même être réalisée si des demandes précises avaient été présentées afin de satisfaire nos légitimes aspirations. Maintenant je vous expose mon idée sur ce problème. Lorsqu'il nous est impossible d'obtenir quelque chose directement, je crois qu'on peut l'obtenir indirectement en passant par la radiotélévision qui ne pourra pas refuser à notre minorité de langue française ce qu'elle a objectivement accordé à la minorité allemande du Haut-Adige. En effet, depuis des années, il existe dans la Province de Bolzano des programmes journaliers de radio en allemand et tous les soirs, de 20 heures à 21 heures, sur la deuxième chaine il y a une émission télévisée spéciale qui comprend un journal télévisé, des films ou des pièces de théâtre ou encore d'autres rubriques en langue allemande. Il en suit que les exigences de cette minorité sont satisfaites. De même nous pourrions nous demander la même chose et j'ajouterais que nous pourrions même prétendre quelque chose de plus, surtout dans le secteur scolaire, avec des programmes spéciaux, en faisant appel pour cela aux émissions de la matinée ou à celles de l'après-midi. Ces programmes scolaires nous pourrions les avoir à l'aide de la radiotélévision qui pourrait les acquérir en France et les transmettre uniquement en Vallée d'Aoste.

De toutes ces considérations et sans pour cela apporter aucun changement à la motion des Conseillers Caveri, Chanoux et Fosson, mais dans le but d'obtenir un résultat concret, comme le demande les présentateurs et comme le désirent tous les Valdôtains, je propose au Conseil, au nom des Conseillers Milanesio, Chamonin et de moi-même l'ordre du jour suivant:

Ordre du jour

Le Conseil Régional de la Vallée d'Aoste,

en attendant que le rattachement direct avec la télévision française se réalise dans un bref délai par l'installation de relais;

vu que pour la minorité de langue allemande de la Province de Bolzano la Radio-Télévision italienne a créé des services quotidiens en langue allemande;

invite

la Junte Régionale à intervenir instamment auprès du Ministre des Postes et Télécommunications et à solliciter la Radio-Télévision italienne afin qu'elle prédispose pour la Vallée d'Aoste des émissions radio-télévisées régulières analogues à celles du Haut-Adige.

F.to: Ramera - Milanesio - Chamonin

Bionaz (D.C.) - Je répondrai au premier point de la motion présentée par Monsieur Caveri et qui regarde les relais avec l'Office de la Radiotélévision française. Je m'étais engagé, lors de la discussion de la précédente motion, de faire de mon mieux, tout mon possible pour obtenir de la part de la Radiotélévision italienne tout ce qui était nécessaire pour pouvoir avoir les relais avec l'Office de la Radiotélévision française. Je me suis rendu personnellement chez Monsieur Bernabei à Rome, j'ai insisté sur la question, j'ai invoqué notre Statut et il m'a donné des assurances dans ce sens... seulement il y a des questions techniques et juridiques qui n'ont pas permis pour le moment de résoudre le problème. Je vous lis une lettre très récente que je viens de recevoir de la part du Directeur général de la Radiotélévision italienne: "Riferendomi alle sue precedenti richieste e comunicazioni in merito all'installazione di ripetitori radiotelevisivi francesi nella Valle d'Aosta, tengo a precisarle che tale iniziativa presenta delle difficoltà di ordine tecnico-pratico e di ordine giuridico non facilmente superabili, come ella può rilevare dalla risposta in data 12 febbraio 1967, data del Ministero delle Poste e Comunicazioni all'interrogazione n. 5756 dei Senatori Zaccari e Moneti, avente per oggetto: "Eventuale accordo R.A.I.-Office Radiotélévision Française, per ricezione televisiva nelle zone di frontiera, che si trasmette in copia - e mi pare che sia la stessa a cui ha accennato il Consigliere Ramera e che, se ritenete, si può leggere - l'iniziativa che è stata da lei prospettata, anche in considerazione del bilinguismo in atto nella Valle d'Aosta, non appare perciò allo stato realizzabile. Non va dimenticato d'altronde che la R.A.I. sta predisponendo per la Valle d'Aosta un piano concreto per consentire a tutti i centri abitati la ricezione dei programmi su due canali televisivi, ciò che al momento non è ancora possibile. Per venire incontro alle giuste istanze della Regione, questa Direzione esaminerà con particolare attenzione la possibilità di sviluppare ulteriormente i programmi in lingua francese destinati alla Valle d'Aosta, ampliando, nei limiti del possibile, il bollettino regionale "La Voix de la Vallée", potenziando e migliorando il funzionamento della nuova sede della R.A.I. di Aosta. Sarà cura di questa Direzione generale informarla tempestivamente dei provvedimenti che verranno attuati in relazione alle sue particolari. Con i migliori saluti. Ettore Bernabei".

Évidemment, je ne sais pas si vous voulez que je lis la lettre, cette lettre de réponse aux Sénateurs Zaccari et Moneti où l'on donne des précisions sur les difficultés auxquelles Monsieur Ramera a déjà voulu se référer. Si vous voulez, je vais vous lire, elle est un peu longue: "Con riferimento alla nota della Direzione centrale per i servizi radioelettrici protocollo - eccetera - del 9 corrente relativa all'interrogazione in oggetto, si fa presente in primo luogo che il punto 493 del regolamento delle radiocomunicazioni, sottoscritto da tutti i Paesi membri dell'Unione Internazionale delle telecomunicazioni e vincolante quindi anche la Francia e l'Italia, stabilisce che le stazioni di radiodiffusione che si avvalgono di frequenza superiore ai 41 MHZ, fra le quali sono comprese quelle utilizzate per le trasmissioni televisive, non debbono impiegare potenze superiori a quelle necessarie per mantenere economicamente un servizio internazionale di buona qualità all'interno delle frontiere di ogni Paese. La pianificazione delle stazioni televisive in Europa contenuta nel piano allegato dell'Accordo di Stoccolma 1961, sottoscritto anche dalla Francia e dall'Italia, è stata effettuata pertanto con un metodo uniforme che consente la migliore utilizzazione delle frequenze disponibili e che non prevede il servizio di una stessa zona con i programmi generati in due Paesi diversi. Ciononostante si rende continuamente necessario un costante lavoro di consultazione tra i diversi Paesi per tentare di concordare la modifica delle caratteristiche delle stazioni previste dal piano in parola, ovvero la definizione delle caratteristiche di stazioni in esso non previsto, al fine di ottenere un servizio televisivo nazionale di buona qualità, assicurando nel contempo una sufficiente protezione da reciproche interferenze tra i rispettivi impianti trasmittenti. Per poter liberare i canali necessari a eventuali trasmettitori destinati a irradiare i programmi francesi, sarebbe certamente necessario sacrificare le possibilità presenti e future di distribuzione dei programmi italiani; è noto infatti che già attualmente in talune Regioni italiane la ricezione dei programmi televisivi è notevolmente disturbata da trasmettitori operanti all'estero e destinati a servire unicamente i relativi Paesi. In Francia inoltre le trasmissioni televisive vengono effettuate utilizzando due sistemi entrambi diversi da quelli adottati in Italia. Infatti, il primo programma è trasmesso con lo standard 819 linee, mentre in tutto il resto dell'Europa continentale viene usato lo standard 625 linee; per il secondo programma la Francia si avvale dello standard 625 linee, ma con caratteristiche speciali del segnale trasmesso, che lo differenziano da quello usato nel resto dell'Europa. Per queste ragioni un apparecchio televisivo atto a ricevere le trasmissioni italiane non è in condizione di ricevere i programmi francesi e viceversa. Per essere in grado di ricevere entrambe le trasmissioni, l'utente dovrebbe provvedersi di due televisori diversi oppure di un televisore multistandard, di costruzione speciale, come già ha detto Ramera. Si ritiene pertanto che il contrasto con i principi sanciti dagli altri codici internazionali menzionati, l'impossibilità di servire le zone di confine con programmi dei Paesi esteri, senza gravi pregiudizi alla ricezione dei programmi nazionali, le difficoltà poste dalla necessità dell'acquisto di un nuovo ricevitore televisivo in dette zone di confine precludono la possibilità dell'allargamento delle trasmissioni televisive oltre i confini italiani". La R.A.I., d'altro canto, condivide l'auspicio formulato dagli Onorevoli interroganti del quale soltanto difficoltà obiettive impediscono l'attuazione. Ricorda in proposito che la Direzione centrale Programmi televisivi della concessionaria collabora da tempo con l'Office de la Radiodiffusion française per lo scambio di trasmissioni, testi, eccetera, per la realizzazione di trasmissioni televisive ed è in sostanza quello che ripete in questa lettera, nella quale però c'è qualche cosa di positivo, cioè c'è la promessa di un potenziamento e di un miglioramento del funzionamento della nuova sede della R.A.I. di Aosta e l'esame di questa possibilità in futuro di mettersi in collegamento con le stazioni radiotelevisive francesi. Questo volevo dire, perché insomma, abbiate la prova che quello che si è potuto, si è fatto, il problema evidentemente non dipende soltanto da noi, e quello che vi ha detto, che mi scrive il Direttore generale della Radiotelevisione italiana fa pensare che prima si debbano attuare nella Valle la possibilità della ricezione dei due canali e poi si potrà affrontare questo problema. Ritengo pertanto che l'ordine del giorno proposto dai Consiglieri Ramera, Chamonin e Milanesio sia quanto di più opportuno si possa esaminare in questo momento, perché, insomma, non si discosta dalle possibilità future, però attua subito qualche cosa di positivo agli effetti di un programma più diffuso in lingua francese da parte della Radiotelevisione.

Andrione (U.V.) - Ce n'est pas la première fois qu'en parlant de problèmes de la télévision, j'ai l'impression d'assister à cette pièce de Pirandello qui dit: "così è se vi pare", c'est-à-dire la vérité est celle que l'on croit être la vérité mais elle n'existe pas objectivement et en matière de télévision il semble que les vérités soient très différentes selon si l'on parle dans le palais de la O.R.T.F. à Paris, ou si l'on parle dans les palais de la R.A.I. à Rome. J'exprime évidemment ma vérité pour ce que je sais, nous étions préoccupés dans le temps d'arriver à ce que le signal, comme on dit techniquement, de la télévision française puisse dépasser la chaîne des Alpes. C'était un problème difficile, un problème technique qui importait la construction d'un ouvrage fait expressément. Pendant plusieurs années on avait pensé à la Pointe du Rutor et puis il aurait fallu faire des installations électriques très importantes, et finalement on a décidé pour la Pointe Helbronner. Quand le signal a pu dépasser la chaîne des Alpes, notre préoccupation n'a pas était celle que celui qui reçoit le programme français puisse recevoir en même temps le programme italien, notre préoccupation a été celle de donner aux Valdôtains la possibilité de suivre les émissions françaises. Si quelqu'un veut suivre les deux émissions, il achète un appareil multistandard, ou bien il achète deux appareils. Maintenant je crois que pratiquement dans tous les Pays d'Europe on est arrivés à des appareils multistandard. Il n'y a pas très longtemps, j'étais à Strasbourg, qui est une ville française, pourtant la plupart des antennes de la télévision sont braquées sur l'Allemagne, parce qu'on y parle aussi l'allemand et on reçoit les programmes allemands, qui sont, comme définition, à 625 lignes, exactement comme les programmes italiens. Du temps où je m'étais occupé de la chose, je me rappelle que la position des Autorités italiennes était beaucoup plus raide que maintenant et ils ne voulaient pas entendre parler du problème de la télévision française en Vallée d'Aoste. Maintenant elle est plus souple, mais il y a une raison technique cette fois sérieuse: c'est que toutes les Nations d'Europe sont en train de concorder d'envoyer en orbite des satellites pour les transmissions de la télévision et pour la fin de 1972 et peut-être 1971, en France il y aura déjà un satellite pour la Région des Alpes, et probablement nous pourrons nous en servir.

Or, quel est le problème pour nous en ce moment pour couvrir ces quelques années qui nous séparent de la mise en orbite de satellites télévisés? On recevra très bien la télévision américaine, comme celle australienne, par conséquent celle française aussi. Quel est le problème? Simplement celui d'arriver à avoir des récepteurs, contrairement aux réémetteurs, toujours selon la vérité qu'on m'a apprise, les récepteurs coûtent peu et ils agissent comme un miroir. La Vallée étant coudée, de la pointe Helbronner le signal télévisé ne peut aller qu'en ligne droite; pour pouvoir l'infléchir, il faut un miroir; ce miroir coûte de 8 à 10 millions de lires et on pourrait en placer un à la Croix de Bois à Introd, et ce petit répéteur pourrait déjà desservir toute la Vallée centrale plus ou moins jusqu'à la hauteur de Chambave.

Voilà quel est le problème de la télévision française, il faudrait faire l'essai, je vous assure, du reste si vous montez assez haut dans la colline d'Aoste, sur Pila, de façon à pouvoir voir la Pointe Helbronner, vous recevez la télévision française. Le problème c'est simplement que ces ondes hertziennes voyagent seulement en ligne droite et s'il y a un obstacle, une montagne, elles retournent en arrière. Or, l'Italie, par exemple, pour "arroser" avec ses émissions la Sardaigne, "arrose" abondamment la Corse, à Nice on reçoit la télévision italienne, et il n'y a personne qui fait des problèmes. Les difficultés techniques, et il y en a, sont d'une seule nature; ce n'est pas une question de téléviseur, de celui qui capte, parce que, par exemple, je pourrais acheter moi un téléviseur français, Monsieur Ramera acheter un téléviseur italien, avec cela chacun de nous deux est parfaitement satisfait. Je ne vois pas pourquoi mon téléviseur recevra 4 programmes... peut-être cela est possible avec des téléviseurs plus chers, mais ce qui nous intéresse c'est d'avoir la télévision française. Comme je disais, le problème d'avoir pour nous la télévision est un problème simplement juridique et la seule difficulté est de choisir le canal, parce qu'effectivement le répéteur de la Croix de Bois à Introd pourrait troubler certaines émissions mais il y a des moyens techniques pour éviter ces dérangements, ces crachats, comme on dit vulgairement sur les émissions des stations italiennes. Tout cela a été l'objet d'une étude, j'ai des documents techniques que je peux donner à la Junte quand elle me les demande pour prouver qu'avec une dépense relativement modeste on pourrait le faire, évidemment il faudrait faire quelques petits travaux d'installation à la Croix de Bois et la saison n'est pas adapte, parce que le réémetteur français a été achevé au mois de novembre 1965 et il fallait attendre le printemps pour installer le récepteur, mais dans les conditions d'été, de montagne, en vingt jours on pourrait recevoir facilement la télévision française à Aoste. Voilà quel est le problème.

Dujany (D.C.) - Je me limiterai à répondre aux points n° 2 et 3 de la motion. De multiples contacts pris avec les enseignants mettent en évidence que dans l'ensemble les résultats obtenus en orthographe et en grammaire sont, grâce à la haute conscience professionnelle des maîtres, très satisfaisants et comparables à bien des égards à ceux auxquels on peut s'attendre des élèves des classes élémentaires de France, mais ce sont les exercices d'expression et tout spécialement ceux d'expression orale qui sont la pierre d'achoppement de l'enseignement du français. C'est que pour beaucoup d'instituteurs et d'enfants le français sentimentalement considéré comme langue maternelle est pratiquement une langue qui n'est presque jamais utilisée de façon régulière pour les besoins de la communication habituelle, en dehors des exercices pratiqués en classe, et qui ne suffisent pas à donner aux élèves l'aisance et la maîtrise indispensable dans la pratique de la langue parlée, pour ne parler de l'expression orale. Or, c'est désormais une vérité reconnue par les linguistes que, dans l'enseignement d'une langue vivante, la priorité doit être donnée à l'expression orale. Dans la plupart des classes pour des raisons d'habitude ou de commodité, pour des considérations relatives à la nature de l'examen de fin de cycle élémentaire et d'écoles moyennes, et aussi peut-être à cause du manque relatif des moyens d'information et de documentation, la partie faite pour ce qui est l'enseignement écrit et l'enseignement synthétique semble avoir été de loin la plus importante.

Pour ce qui concerne l'utilité des techniques audiovisuelles dans l'enseignement des langues vivantes, elles enseignent ce qu'il y a de fondamental, d'indispensable et de pratique; elles permettent donc à l'élève, dans un temps relativement très court, de communiquer sa pensée, de dialoguer avec ses interlocuteurs, maîtres ou camarades, ce qui est essentiellement le but de l'apprentissage d'une langue vivante. Cet enseignement se fait d'une manière attrayante, ce qui accroît l'efficacité. L'emploi du magnétophone et celui d'un projecteur met de la vie dans la classe et intéressent donc les élèves. Le choix des situations, conformes aux intérêts des enfants, motive ces derniers, crée en eux le besoin de s'exprimer et leur donne une attitude active, la seule valable en pédagogie. Ce ne sont pas là les seuls avantages: ils proposent des modèles de prononciation, de rythme, d'intonation, éminemment correcte, puisque les bandes magnétiques sont enregistrées par des spécialistes.

Pour ce qui est des expériences réalisées en Vallée d'Aoste dernièrement, au cours de l'année 1967, 1968, la méthode audiovisuelle conçue pour l'enseignement du français à des enfants de 8 à 11 ans a d'abord été présentée à Messieurs les Inspecteurs des Écoles et aux Directeurs didactiques des différents cercles scolaires réunis à cet effet au Centre de documentation pédagogique d'Aoste, puis à la demande des maîtres intéressés dans une quinzaine de classes élémentaires de la Région; les élèves ont participé activement et avec entrain à ces séances et ont compris d'emblée ce que l'on attendait d'eux. Jamais ne s'est posé le problème de la station... en outre, des groupes d'instituteurs et d'institutrices se sont constitués à Aymaville, Gressan, Villeneuve et Nus, où la méthode a été présentée, commentée et discutée. Dans le cadre des séances d'information un Professeur a fait connaître aux auditeurs réunis à Aoste les principes et l'emploi de la méthode ainsi appelée "Frère Jacques", basée pour la partie visuelle sur la technique du tableau de feutre. Les cours audiovisuels organisés à l'intention des Instituteurs des Écoles maternelles ont fonctionné à titre expérimental dans les mois de mai et juin à Aoste; l'assiduité aux cours et les sondages effectués ont montré que l'essai avait été couronné de succès et méritait d'être repris sur une plus grande échelle pendant l'année 1968/1969. Il ne semble guère possible qu'en dépit de son attrait et de son efficacité, l'enseignement audiovisuel puisse se substituer purement et simplement à la méthode traditionnelle qui présente elle aussi bien d'aspects positifs. Il faut tenir compte en effet du prix du matériel, d'une part, des servitudes techniques y afférentes d'autre part, et de la nécessité surtout de confier à des instituteurs, à des institutrices et à des professeurs qui connaissent parfaitement ces appareils et cette méthode choisie.

La formation indispensable toucherait plusieurs centaines d'enseignants, ce qui ne serait pas sans poser de très sérieux problèmes, un bon rendement ne peut d'ailleurs être obtenu qu'avec des maîtres et des professeurs convaincus des méthodes des vertus de ces méthodes choisis, dans toute la mesure possible, parmi ceux qui s'offriraient de les utiliser... un aménagement des programmes en vigueur s'avérerait nécessaire, ce qui remettrait en cause la coordination des enseignements du français à l'École Élémentaire et à l'École Moyenne. Par contre, il serait souhaitable que ce procédé moderne de l'apprentissage des langues soit utilisé pour un enseignement d'appoint venant heureusement compléter ce qui se fait actuellement pour une meilleure acquisition d'une langue correcte, fluide et aisée. Pour ce faire, il suffirait de dégager une partie du temps consacré à l'enseignement du français et de l'utiliser pour des séances audiovisuelles, s'intercalant entre deux leçons de type traditionnel. Qui se chargerait de ces séances? Deux variantes peuvent être proposées, suivant qu'il s'agit d'Écoles de hameaux, ou de celles de centres importants. Dans le premier cas, des maîtres itinérants, ayant reçu la formation voulue et dotés du matériel nécessaire, visiteraient successivement les Écoles de leur ressort dont le nombre dépendrait de la fréquence des séances, d'après un plan établi par les Directeurs des différents cercles. Dans le deuxième cas les différentes classes de l'école, ou d'un groupe scolaire pourraient se succéder dans un local aménagé pour l'utilisation des méthodes visuelles, où un spécialiste les prendrait en charge pour la durée du cours. Ainsi un nombre relativement réduit de maîtres spécialisés permettrait d'assurer cet enseignement de façon satisfaisante. Le problème de la spécialisation de ces maîtres est déjà en grande partie résolu puisqu'une vingtaine d'enseignants de la Région viennent de participer au premier stage de formation organisé par le Centre culturel franco-provençal de Turin. Par ailleurs, toutes les étés, le Centre de recherches pour la diffusion de la langue française de l'École Normale Supérieure de St. Cloud organise à Besançon et à Montpellier des stages identiques.

On peut aussi envisager la création de classes audiovisuelles pilotes, où une méthode serait exclusivement et intégralement utilisée. Il faudrait naturellement prévoir un examen de fin de cycle élémentaire, qui tient compte de la nature de l'enseignement du français, mais pour ces élèves, ayant reçu une formation très différente de leurs camarades d'autre classes, se proposera le problème de l'amalgame au niveau de la première classe des Écoles moyennes; c'est-à-dire, si évidemment à un certain moment on doit remplacer l'enseignement traditionnel par un enseignement avec des méthodes nouvelles, il faut aménager évidemment les différents programmes, parce que le souci, bien souvent, des professeurs et des instituteurs et des élèves est de satisfaire ce qu'on leur demande et les questions qu'on leur pose aux différents examens.

Il s'agit en outre de savoir ce que les professeurs d'École Moyenne réclament en priorité des élèves provenant de la cinquième élémentaire: connaissance abstraite de la nomenclature grammaticale de la conjugaison, détails et subtilités d'orthographe du français, ou alors pratique aisée de la langue.

Pour ce qui concerne l'École Maternelle, il faut que je fasse présent au Conseil que jusqu'à aujourd'hui les instituteurs des Écoles Maternelles étaient formés hors de la Vallée d'Aoste, puisque nous n'avions pas d'Écoles formant des instituteurs d'Écoles Maternelles en Vallée d'Aoste. Ce n'est que depuis cette année que les Sœurs de St. Joseph ont organisé un cours de trois ans pour la formation d'instituteurs d'Écoles Maternelles et dans cette organisation de cours, évidemment, elles ont inclus l'enseignement du français.

En ce qui concerne les institutrices qui en ce moment enseignent dans l'École Maternelle, nous sommes en train, comme j'ai dit tout à l'heure, d'organiser des cours de formation audiovisuelle, qui ont déjà été commencés l'année passée et qui reprendront cette année depuis le mois de janvier.

Balestri (P.S.U.) - Io vorrei mettere al corrente i Signori Consiglieri, in riassunto, i temi trattati nel corso di un incontro avvenuto il giorno 21 dicembre 1968, alle ore 10, presso l'Assessorato del Turismo, tra il sottoscritto, il Dottor Aldo Cademartori, Direttore centrale per i servizi radioelettrici del Ministero delle Poste e Telecomunicazioni; il Direttore del Circolo delle costruzioni telegrafiche e telefoniche di Torino; Sergio Ramera e il Dottor Nicolò Tambosco. I punti sono tre:

1°) Estensione della ricezione radiotelevisiva ad alcune zone attualmente non servite. L'Assessore introduce l'argomento dichiarando che pervengono all'Assessorato numerose sollecitazioni per l'installazione di nuovi ripetitori destinati a servire le cosiddette "zone d'ombra". Il problema riguarda essenzialmente la ricezione televisiva e in maggior misura quella del secondo programma. Il Direttore del Circolo delle costruzioni telegrafiche e telefoniche di Torino comunica che, entro la fine dell'anno, entrerà in servizio il nuovo ripetitore del secondo canale per la zona di Courmayeur, e un altro ad Andrate, destinato a servire la Bassa Valle. Nel contempo invita l'Amministrazione regionale a segnalare agli organi competenti le cosiddette "zone d'ombra" di maggiore importanza, purché naturalmente queste siano suscettibili di dare luogo a un'utenza apprezzabile. Il Dottor Cademartori spiega che l'estensione della rete televisiva nazionale avviene sulla base di un piano regolatore; per quanto concerne in particolare la Valle d'Aosta, la situazione è la seguente: programma nazionale, risulta servita una percentuale dell'81,55% della popolazione; entro due o tre anni saranno attivati nuovi ripetitori a St. Nicolas, a Tête d'Arpy, al Pavillon, per estendere la ricezione di questo programma. Del secondo programma risulta servito il 67-68% della popolazione valdostana. Con l'entrata in servizio del ripetitore del Pavillon, tale percentuale salirà visibilmente. Sono previsti nei prossimi due o tre anni nuovi ripetitori per questo programma a Cogne, a Plateau Rosà e a La Thuile.

2°) Ricezione di programmi francesi e svizzeri in Valle d'Aosta. A parere dei due tecnici presenti, la diffusione dei programmi francesi o svizzeri in Valle d'Aosta presenta problemi di notevole entità. Per quanto riguarda in particolare la Francia, le conversioni delle trasmissioni dello standard francese a quello italiano richiederebbero addirittura un terzo programma che dovrebbe essere irradiato su nuove frequenze, il cui reperimento è praticamente impossibile. Anche in Alto Adige il problema del collegamento con la televisione austriaca è stato risolto in maniera negativa per l'esistenza di questi impedimenti. A prescindere da ogni altra valutazione dell'argomento, si deve tenere presente che la Convenzione di Stoccolma obbliga gli Stati aderenti a limitare la potenza delle loro stazioni nelle zone di confine, onde evitare interferenze; anche questo fatto comporta inconvenienti per lo scopo in discussione. Il Commendatore Ramera fa presente che sono già in corso contatti per prevedere trasmissioni speciali in lingua francese per la Valle d'Aosta, al di fuori degli orari normali di irradiamento dei programmi televisivi italiani; a questo proposito il Dottor Cademartori segnala che a Bolzano è stata appunto adottata questa impostazione il cui costo di circa un miliardo all'anno viene pagato dal Ministero del Tesoro. Evidentemente il problema di realizzare trasmissioni locali in lingua francese si presenta assai più facile per quanto riguarda la radiodiffusione.

3°) Estensione della filodiffusione alla Valle d'Aosta: il Dottor Cademartori e il Direttore del Circolo delle costruzioni telegrafiche e telefoniche di Torino comunicano che, a parere loro, questa ultima istanza non presenta particolari problemi sotto il profilo tecnico; esiste tuttavia una questione di costi per cui la reale possibilità di attuare l'estensione in questione è subordinata essenzialmente alla consistenza della domanda potenziale del servizio.

Al termine della discussione l'Assessore prega il Dottor Cademartori e il Direttore del Circolo delle costruzioni telegrafiche e telefoniche di Torino di fare pervenire all'Assessorato i dati tecnici di cui sono in possesso, relativi ai problemi trattati nel corso dell'incontro.

Caveri (U.V.) - Je devrais intervenir sur différents points mais avant je voudrais que le Président de la Junte régionale me réponde sur une question que je lui ai posée et à laquelle il ne m'a pas répondu, du moins je n'ai pas entendu la réponse, c'est-à-dire la question... j'ai expliqué que le Secrétaire Général de l'Union Fédéraliste...

Bionaz (D.C.) - Écoutez Monsieur Caveri, je ne me rappelle pas d'avoir vu, je ne jure pas de ne pas l'avoir vue, je ne jure pas de ne pas l'avoir reçue mais je ne suis pas à même de vous dire si je l'ai reçue; en tout cas en cas affirmatif, c'est très récent. Je regarderai mieux puis je vous dirai quelque chose.

Montesano (P.S.U.) - Consigliere Caveri, permette che le dica qualche cosa al riguardo... La Presidenza del Consiglio non ha ricevuto la lettera dell'Unione europea che lei ha nominato, invece ha ricevuto un invito dell'Association nationale des Parlementaires de langue française, ecco, io prendo occasione da questo intervento che lei ha fatto a proposito di un problema che interessa il Consiglio per assicurare che questo oggetto lo porterò in uno dei prossimi Consigli, appena avremo gli atti che sono relativi ad una riunione fatta a Parigi il 26, 27, 28 di settembre; è inerente proprio a questo problema che ha sollevato dell'Associazione di Parlamentari di lingua francese, alla quale Associazione possono aderire anche, in qualità di aggregati, rappresentanti di Consigli regionali bilingui. Questo lo dico oggi, perché è un argomento che porterò al prossimo Consiglio.

Caveri (U.V.) - Non, la question que j'ai soulevée n'a rien à faire avec l'Association des Parlementaires de langue française. Cette initiative est intéressante quand même et Monsieur le Président du Conseil a bien fait d'en parler, mais c'est une autre question dont je voulais parler et c'est la question que j'ai déjà expliqué déjà deux fois, c'est-à-dire que le Secrétaire général de l'U.F.C.E., c'est-à-dire de l'Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes m'a écrit plusieurs fois en me demandant des nouvelles parce qu'il m'a assuré d'avoir envoyé à tous les Présidents de la Junte régionale et à tous les Présidents de Conseils régionaux en Italie, c'est-à-dire, Trentin-Haut-Adige, Vallée d'Aoste, Sardaigne, Sicile, Venezia Giulia, et cetera, une motion qui a été votée au Congrès de Linz. Le Secrétaire général de l'U.F.C.E. m'a envoyé une photocopie d'une lettre qui lui a été envoyée par le Président du Conseil régional de la Sardaigne, dans laquelle on donne assurance d'avoir envoyé à tous les Conseillers régionaux de la Sardaigne la motion qui a été votée à faveur des Communautés ethniques et linguistiques en Italie. Vu la réponse de Monsieur Bionaz qui dit qu'il ne se rappelle pas s'il a reçu cette lettre, j'écrirai nouvellement au Secrétaire général de l'U.F.C.E. et je lui demanderai si vraiment il a envoyé ou non ces lettres à Aoste... il sera toujours à temps pour écrire nouvellement aux Autorités valdôtaines. Le Secrétaire général de l'U.F.C.E. m'a envoyé aussi, entre autres, une photocopie d'une lettre très aimable qu'on lui a adressée parce qu'à Linz on a voté aussi une motion sur la question du Trentin-Haut-Adige... surtout sur la question du Haut-Adige, pas du Trentin, je me trompe. Voilà, celle-ci est la première question sur laquelle je voulais répliquer.

Pour la question des Écoles, je prends acte de ce qui a été dit par Monsieur Dujany, je prends acte des expériences qui ont été faites et des expériences que l'on entend faire; naturellement j'aurai mieux agréé si la réponse de Monsieur Dujany avait été plus directe et plus vivante, disons, parce que cette lecture d'un document très théorique de quelqu'un, qui, évidemment, nous ne contestons pas, est un spécialiste de questions d'enseignement audiovisuel... la lecture de ce document a été très intéressante pour nous, mais cela a été quelque chose, disons, d'un peu théorique et un peu ex cattedra. Or, nous, ici, au Conseil régional nous serions plus contents d'entendre des explications directes, mais en tout cas nous prenons acte des expériences qui ont été faites, en souhaitant qu'on veuille faire toujours mieux parce que j'insiste: l'enseignement de la langue française, même s'il a été un peu amélioré à travers ces expériences, c'est toujours l'enseignement d'une langue morte et ce n'est pas l'enseignement d'une lingue vivante. On dit: "oui, mais une partie de ces enfants, même de ces instituteurs, de ces professeurs ne connaissent pas directement la langue française comme une langue à eux", alors c'est peut-être pour cela qu'on doit enseigner, qu'on doit employer la langue italienne. Si on a voulu dire cela, je réponds que dans les Écoles privées de langue étrangère ceux qui enseignent la langue étrangère s'adressent aux élèves directement dans la langue qu'on veut leur enseigner, parce que c'est en obligeant les écoliers et les étudiants à parler dans cette langue, qu'on apprend la langue, cela est plus qu'évident, de manière qu'il me semble que cette partie de la motion est toujours valable.

On a parlé des Écoles Maternelles, on a parlé des Sœurs de St. Joseph, qui ont des grands mérites, c'est seulement dommage qu'elles ont changé leur costume, qui était très élégant et de bon goût avant, et qui est vilain maintenant. Je ne peux pas me féliciter avec la Communauté des Sœurs de St. Joseph pour ce vilain costume quelles ont adopté; moi j'aimais beaucoup ces belles guimpes amidonnées, j'en ai même parlé dans une poésie, malheureusement les guimpes amidonnées ont disparu avec grand dommage pour l'esthétique des Sœurs de St. Joseph. À propos des Sœurs de St. Joseph, je me rappelle que, quand nous allions inaugurer des Écoles, Écoles Primaires ou Écoles Maternelles, elles faisaient toujours débiter à leurs enfants une poésie, ou des textes en langue française, mais à ces enfants ces Sœurs ne parlaient jamais en français, elles parlaient toujours en italien et, quand arrivaient ceux qui avaient la maladie de la langue française, on faisait débiter à ces enfants, comme par des perroquets, des compliments en langue française pour démontrait qu'on enseignait aussi la langue française dans les Écoles Maternelles, mais cela ce n'était que la façade parce que la réalité était beaucoup plus modeste.

Venons maintenant à ce que me permets d'appeler un peu il punctum dolens: celui de la télévision. Ici il faut avoir le courage de dire la vérité: je ne conteste pas qu'il puisse y être aussi quelques difficultés d'ordre technique mais malicieusement ces Messieurs de la télévision italienne arborent ces difficultés techniques prétendues pour cacher les difficultés qui sont, au contraire, les plus importantes et qui sont les difficultés d'ordre politique.

Je voulais éviter de répéter ici ce que j'ai déjà dit; on a parlé, il y a un moment, des conversations avec Monsieur Bernabei, moi je ne dis pas qu'on a mal fait de lui parler, mais on ne peut pas avoir de grandes illusions, parce que Monsieur Bernabei, comme Monsieur Granzotto, les grands Chefs de la télévision italienne, sont les adversaires constitutionnels de la diffusion en Vallée d'Aoste de la télévision française. Du reste je l'ai déjà dit - et je le répète - c'est exactement Monsieur Granzotto qui a planté un "quarante-huit", ce n'est pas en pur français, mais Monsieur Granzotto a planté un chahut extraordinaire quand il a su que Monsieur Andrione se préparait à installer les répéteurs en Vallée d'Aoste. Monsieur Granzotto a recouru directement à Monsieur Saragat, comme Président de la République, qui personnellement est intervenu contre la diffusion de la télévision française en Vallée d'Aoste auprès de Monsieur Fanfani, Ministre des Affaires étrangères et c'est alors que Monsieur Fanfani, comme Ministre des Affaires étrangères, a envoyé une note au Gouvernement français en invoquant le Traité de Stockholm. Alors Bernabei et l'Ingénieur... je ne sais pas quel nom a... a parlé avec Monsieur Balestri. Ces techniciens, ces personnalités qu'est-ce qu'ont dit? "Traité de Stockholm...", mais le Gouvernement français a répondu à la note de Monsieur Fanfani en disant que le Traité de Stockholm n'a rien à que faire avec la diffusion de la télévision française en Vallée d'Aoste. Pour prouver que le Traité de Stockholm n'a aucun rapport avec la question, je veux rappeler une chose qui a été dite par quelqu'un avant moi: la Corse est arrosée par la radio italienne; l'Alsace, zone de frontière, est arrosée abondamment par la radio et la télévision allemande; en Suisse on reçoit très bien la télévision française; dans la Vallée du Po on reçoit soit la radio, soit la télévision suisse de langue italienne. Voyez-vous que ces prétendues difficultés du Traité de Stockholm sont invoquées en mauvaise foi, et il n'y a pas des difficultés d'ordre juridique international en ce sens et la preuve nous l'avons dans ce qui se passe en Corse, en Alsace, en Suisse et même dans la Vallée du Po; de manière que les difficultés sont essentiellement d'ordre politique; les difficultés d'ordre technique on peut les surpasser en installant les fameux répéteurs dont Monsieur Andrione nous a parlé plusieurs fois dans ce Conseil.

Il me semble d'avoir touché plusieurs points à l'égard de la télévision et je me réserve d'intervenir sur un certain point parce que je pense que quelqu'un parlera encore de cet argument, mais j'insiste, il faut avoir le courage de regarder la réalité, les difficultés soulevées par les Autorités italiennes et surtout par les grands Maîtres de la télévision italienne. Je veux espérer que Monsieur Ramera ici ait parlé comme Conseiller régional et pas comme représentant de la Radio italienne. Ces difficultés sont d'ordre politique et alors nous demandons au Président de la Junte et aux membres de la Junte s'ils veulent aller prendre une tasse de café avec Monsieur Bernabei, ils peuvent bien le faire, mais cela ne rendrait pas beaucoup. Le problème doit être posé en parlant avec le Président du Conseil des Ministres, c'est lui la personnalité qui peut résoudre les difficultés d'ordre politique. Quand le nouveau Conseil des Ministres sera installé, il faudra - cela nous semble indispensable - que les Autorités valdôtaines aillent parler avec le Président du Conseil des Ministres. Je ne nomme pas le Président de la République, même s'il est intervenu: je ne veux pas demander d'intervenir auprès de lui parce que, en théorie, au moins il est défini irresponsable par la Constitution de la République. Alors je ne dis pas à Monsieur Bionaz d'aller parler avec lui de cet argument, mais il faut poser le problème en parlant avec le Président du Conseil des Ministres et, s'il faut, avec le Ministre des Affaires Etrangères.

Je l'ai déjà dit et je le répète que c'est assez curieux que maintenant que l'on parle tant d'Europe unie, de Fédération européenne, d'européisme, d'esprit européen... l'esprit européen de ce genre c'est de mettre les bâtons dans les roues en soulevant des difficultés d'ordre technique tandis que ce sont eux-mêmes qui soulèvent des difficultés d'ordre politique.

Je suis en train d'oublier un détail. On parle des difficultés des appareils receveurs mais ces difficultés n'existent pas, parce que je vous dirai qu'en Vallée d'Aoste un certain nombre de personnes, quand ont su que sur la Pointe Helbronner on était là pour installer un réémetteur de la télévision française, ont acheté des appareils multiples qui peuvent recevoir soit la télévision italienne, soit la télévision française; ce n'est pas un problème; aux États-Unis il y a des appareils qui reçoivent une quantité énorme de canaux, ce ne sont pas des difficultés réelles. Voilà.

Bionaz (D.C.) - Monsieur Caveri, je suis d'accord avec Monsieur Andrione quand il dit qu'il y a une certaine souplesse maintenant pour traiter cet argument et je l'ai contacté moi-même... d'ailleurs, même le texte de la lettre on ne peut pas dire que ce soit un texte négatif, parce qu'au fond on dit: "non appare perciò allo stato...", en ce moment. Quando si dice: "per le giuste istanze della Regione la Direzione esaminerà con particolare attenzione...", eccetera, je trouve que Monsieur Bernabei n'a pas été aussi négatif que ce que vous pouvez penser; d'ailleurs, je pourrais bien aller consulter le Président du Conseil, vous savez très bien ce qu'il me dirait: "allez parler au Directeur général de la R.A.I.", c'est ce qu'il ferait certainement. En tout cas je peux vous assurer que Monsieur Bernabei n'a pas été du tout négatif et qu'il a très bien compris que c'est une question d'ailleurs qui est prévue par notre Statut, et j'espère même que, dans la limite du possible, il pourra faire quelque chose dans ce sens. Je voulais simplement dire ceci, parce qu'il a très bien compris le problème et il m'a traité très cordialement en comprenant très bien que ce que nous demandons n'est pas une chose qui peut être interprétée comme, je dirais, un attentat à l'audition de la télévision italienne, bien au contraire il a dit: "je comprends très bien que vous êtes dans un Pays bilingue et si vous pouvez avoir les deux émissions, c'est mieux pour vous". Je dois seulement donner acte de cette aptitude qui, à mon avis, n'a pas été si peu amicale, au contraire, je dois le dire, parce qu'une certaine souplesse quelque fois vous laisse même comprendre qu'il y a de la bonne disposition, c'est simplement ceci que je voulais vous dire, Monsieur Caveri.

Dolchi (P.C.I.) - Messieurs les Conseillers, je profite pour rappeler que dans quelques jours, exactement le 10 décembre, sera célébrée aux Nations Unies la Journée officielle qui ouvre l'Année des droits de l'homme. Parmi ces droits il y a des organisations internationales, par exemple, le monde bilingue, qui a son siège à Paris, qui pose le problème du droit de l'homme à l'instruction bilingue. Je pense que la Vallée d'Aoste devrait se prononcer en ce sens et qu'il serait utile une action de la part du Conseil régional valdôtain pour appuyer ces initiatives, afin d'obtenir l'inscription du bilinguisme et du droit à l'instruction bilingue parmi les droits de l'homme. Il faudrait, selon moi, envoyer un télégramme, un ordre du jour, un message avant le 10 décembre aux Nations Unies. Je pense aussi qu'à ce propos ou le Président de la Junte, ou la Junte, ou même la Présidence du Conseil, au nom du Conseil, puissent se charger de la rédaction du texte.

Enfin je confirme que le Groupe du Parti Communiste est d'accord et donnera son avis favorable à la motion présentée.

Manganoni (P.C.I.) - Je serai très bref. Sur le premier point des répéteurs de la télévision française, je ne connais pas le problème des difficultés techniques que j'ai entendu exposer au Conseil. Je suis cependant de l'avis qu'aujourd'hui on peut surmonter ces difficultés techniques, on en dépasse d'autres bien plus difficiles; par conséquent, je recommanderai à la Junte de faire son possible pour les surmonter de façon qu'en Vallée d'Aoste on ait les répéteurs de la télévision française.

Ce matin j'avais protesté contre les attaques de la part du pouvoir central à la langue française; eh bien, ici, sur les points deux, trois, quatre ce n'est pas la faute du pouvoir central, mais la nôtre, parce que personne nous empêche d'améliorer l'enseignement de la langue française, personne ne nous empêche que dans l'Administration régionale... tout le français de l'Administration régionale se limite à quelques écriteaux en langue française sur les portes. Dans la Vallée... je ne cite qu'un cas, et ici je voudrais attirer l'attention de l'Assesseur Dujany, si l'Assesseur le permet, je voudrais attirer son attention sur le fait que sur le monument aux morts de la guerre 1914-1918 à St. Oyen il y a encore écrit: "S. Eugenio"; alors, en arrivant à St. Oyen, on voit écrit: "St. Oyen", la Commune, après vous voyez sur le monument aux morts qu'il y a écrit: "S. Eugenio". Alors, je prierais l'Assesseur de faire une œuvre de conviction auprès du Syndic en lui disant qu'à St. Oyen ils ne vivent plus dans la période du ventennio fasciste, il faudrait qu'ils se mettent cela en tête... il y a huit jours que je suis passé là et il y avait encore écrit: "S. Eugenio".

Quand c'était au début du Conseil, surtout dans la vieille salle, on parlait davantage le français au Conseil et je me souviens que, quand avec l'Assesseur Bordon nous nous faisions les compliments habituels - je ne dis pas toujours, mais bien souvent -, on se les faisait en français, tandis que maintenant nous continuons à nous faire des compliments, mais nous ne les faisons plus en français. Il s'agit donc d'abord de vaincre notre paresse, parce que parler le français c'est une difficulté dans le sens qu'on parle beaucoup plus facilement l'italien, parce que c'est la langue que l'on parle tous les jours au bureau, au café, au bistrot, partout et alors, quand il s'agit de parler le français, c'est un peu plus difficile, on se laisse vaincre par la paresse et on parle en italien et c'est un mal parce qu'on oublie toujours le français parce qu'on manque d'entraînement; alors il s'agit de surmonter, de vaincre cette paresse et de parler plus souvent le français.

Comme a déjà dit Dolchi, nous sommes parfaitement d'accord sur la motion.

Chamonin (R.V.) - Je déclare avant tout, au nom du Rassemblement Valdôtain, que je voterai à faveur de la motion présentée par les Conseillers Caveri, Chanoux et Fosson, car il est bien clair que tout ce qui touche à la défense de l'ethnie valdôtaine et à la défense de la langue française ne peut pas nous trouver insensibles et, par conséquent, nous ne pouvons qu'être d'accord.

Pour ce qui est du problème de l'École, je ne peux que constater que malheureusement le français est enseigné généralement très mal; il y a les exceptions, très peu d'exceptions, mais en général le français est enseigné d'une façon désastreuse et bien souvent ce sont surtout les enfants qui parlent français chez eux qui se trouvent en plus grosses difficultés, car il arrive souvent qu'ils n'arrivent pas à comprendre certains termes parce que qui enseigne a un accent totalement faux. Nous ne pourrons que remercier donc l'Assesseur pour tout ce qu'il voudra bien faire à ce sujet.

Pour ce qui est de la télévision, je suis d'accord que l'optimum serait de recevoir directement les programmes français et suisses. Je dois confesser ici mon ignorance sur le problème car je fais le géomètre et non le technicien de la télévision et je dois encore dire que ce soir j'ai beaucoup appris, je dirais même que j'ai tout appris, car je ne connaissais pas du tout techniquement le problème. J'ai même entendu que le Conseiller Andrione nous a aussi dit qu'en 1972 ou même en 1973 la France aura un satellite qui servira les Alpes.

J'ai eu le malheur, il y a quelque temps, à l'occasion du Congrès des journalistes de langue française qui s'est tenu à Aoste, de faire une communication de ce genre que j'avais appris à Paris au cours du Congrès de l'Association des Parlementaires de langue française, et j'ai eu quelques jours après - je ne dis pas la surprise, car plus rien d'un certain côté ne peut plus me surprendre - de voir écrit sur un journal local que j'avais navigué dans la stratosphère et que j'aurais mieux fait de garder les pieds sur terre. Cela n'a aucune importance, je suis quand même d'accord de prier la Junte d'insister encore auprès du Gouvernement et le plus fermement possible pour l'installation de ce répéteur à Introd, de manière que qui veut capter les émissions françaises puisse le faire, même si cela devra lui coûter l'achat d'un autre appareil de réception. Cela à mon avis, en entendant ne nous empêche pas du tout de demander des programmes en langue française sur la télévision italienne; là-dessus personne ne pourra nous répondre qu'il y a des difficultés d'ordre technique, et nous avons au moins acquis ceci et je pense que ce sera quand même un bon premier pas qui pourra servir aussi et surtout à un enseignement correct de la langue française. C'est pour cela que j'ai soussigné cet ordre du jour avec les Conseillers Ramera et Milanesio et je prierais vivement le Conseil de vouloir le prendre en considération et de bien vouloir le voter.

Pour ce qui est de la communication que le Président du Conseil, Monsieur Montesano, a bien voulu faire au Conseil au sujet du Congrès de l'Association des Parlementaires de langue française qui s'est tenu à Paris, je dois dire que seulement ce matin j'ai reçu les actes de ce Congrès que je passerai instamment à Monsieur le Président du Conseil afin qu'il puisse en faire faire des copies pour les distribuer aux Conseillers. C'est une chose très intéressante, qui devra, je pense, intéresser au maximum le Conseil régional de la Vallée d'Aoste.

Caveri (U.V.) - Monsieur Bionaz nous a dit qu'il espère dans un changement de la part des Autorités italiennes; nous voulons bien l'espérer nous aussi, mais nous attendons des preuves concrètes de ce changement et j'insiste que les conversations, les pourparlers décisifs sont avec les Autorités politiques, parce que ce sont les Autorités politiques... c'est le Président du Conseil des Ministres qui peut autoriser les Autorités régionales valdôtaines à installer le répéteur et la souplesse et le changement, "tour de valser" favorable à nous de la part des Autorités italiennes nous les reconnaîtrons quand Monsieur le Président du Conseil des Ministres fera une chose très simple: quand il dira à Monsieur Bionaz: "je vous autorise à mettre les répéteurs pour la télévision française en Vallée d'Aoste".

Je veux maintenant, disons, me relier à ce qu'a dit, il y a un moment, Monsieur Dolchi à propos de la question de la pétition des villes jumelées du monde bilingue. J'avais reçu moi aussi de Monsieur Bressand, qui est le Secrétaire général de la Fédération des villes jumelées et du monde bilingue, une correspondance à cet égard. Il demandait qu'au Conseil régional de la Vallée d'Aoste soit présentée une motion afin que les Nations Unies ajoutent deux articles à la Déclaration des droits de l'homme: le premier article se référait au respect de la langue maternelle, le deuxième article se référait au problème de rendre obligatoire le bilinguisme. Je me préparais de prendre contact avec d'autres Conseillers d'autres Groupes pour présenter une motion en ce sens lorsque Monsieur Jean Bressand m'a écrit une lettre en annonçant d'avoir écrit à Monsieur Bionaz, comme Président de la Junte régionale, en l'invitant à prendre une initiative en ce sens; alors il m'a semblé nécessaire d'arrêter la motion pour attendre de voir quelle aurait été l'aptitude, le comportement de Monsieur Bionaz en tant que Président de la Junte régionale. Vu que Monsieur Bressand s'était adressé directement au Président de la Junte régionale, il me semblait que c'était mon devoir d'attendre que cette marche fut accomplie. Alors là aussi je voudrais savoir par Monsieur Bionaz quelle a été la réponse qu'il a envoyée à Monsieur Bressand.

Bionaz (D.C.) - J'ai déjà donné à Monsieur Dolchi la réponse à ce sujet. C'est vrai que j'ai reçu cette lettre, je l'avais portée à la Junte de mercredi, mais simplement la Junte a eu tellement d'autres choses à faire qu'on n'a pas pu en discuter. J'ai dit à Monsieur Dolchi que je répondrai dans le sens que justement Monsieur Dolchi dit qu'il serait opportun de répondre, parce que nous sommes tout-à-fait d'accord d'insérer nous aussi un ordre du jour à propos de cette Déclaration des droits de l'homme.

Fosson (U.V.) - Je voulais seulement dire un petit mot sur la question des inscriptions, en passant en dessous, à la Caisse, où l'on a fait tous les travaux, on a remoderné toutes les choses, pratiquement il n'y a que les inscriptions en langue italienne, on n'a pas mis une inscription en français et moi j'ai accusé le bon Directeur de la Caisse d'Épargne, qui est en dessous... il y a déjà un mois et j'ai dit: regardez que nous nous avons présenté une motion sur l'ethnie et nous soulignerons ces questions, le Directeur a dit:" mais il n'y a pas les termes en français correspondant aux termes italiens"; j'ai dit: regardez, il n'y a qu'à prendre le dictionnaire et on trouve certainement les termes correspondants. Il m'a dit qu'il aurait immédiatement pourvu, qu'il aurait parlé avec quelques membres de la Junte, mais j'ai vu que rien n'a été fait. Je dis ceci seulement pour le signaler à la Junte de façon qu'en parlant dans une motion de l'ethnie valdôtaine, en parlant et en donnant les fautes à tous les autres... tenons présent que dans le Palais régional nous devons tenir le bilinguisme.

Je ne parle pas de plus de l'argument, parce qu'il a été amplement développé, nous prenons acte nous de l'Union Valdôtaine que sur cette motion de l'ethnie que nous avons présentée tout le monde et tous les Groupes se sont ralliés; j'ai même apprécié certaines expressions du Conseiller Ramera et une certaine décision vis-à-vis de la défense de la langue française et j'en donne acte en ce moment.

Tout le monde est d'accord de voter cette motion, mais on a présenté un ordre du jour pour voir si on pouvait faire quelque chose dans l'attente d'avoir la possibilité de recevoir directement la télévision française. Nous nous ne cachons pas que nous avons certaines perplexités, aujourd'hui on a tant parlé de perplexités dans différentes circonstances et nous avons certaines perplexités de voter cet ordre du jour. Je voudrais tout de suite éclaircir les motifs de ces perplexités, c'est-à-dire nous comprenons et nous pensons que Messieurs Ramera et Chamonin et les autres qui ont présenté cet ordre du jour sont en parfaite bonne foi, ils disent: "les questions qui ont été soulevées pour avoir un réémetteur de la télévision française portent à certaines difficultés qui nous portent très loin avant de pouvoir réaliser les émissions de la télévision française en Vallée d'Aoste et alors, en attendant, faisons quelque chose".

En ayant parlé aussi dans le passé avec des membres du Haut-Adige, nous sommes un peu de l'avis que si nous approuvons cet ordre du jour et si nous décidons... la R.A.I. à faire quelque chose dans ce sens, demain on puisse entraver l'autre question, parce qu'ils pourraient nous dire: "eh bien, maintenant vous voulez une émission en langue française en Vallée d'Aoste, nous avons fait, à travers des dépenses très fortes, quelque chose pour notre compte et alors c'est inutile que vous insistez encore pour avoir le réémetteur de la télévision française". Voilà, je voudrais seulement dire le motif qui nous porte à des perplexités parce que dans un certain sens nous pouvons partager aussi votre avis et dire dans l'attente d'avoir la télévision française: "nous sommes parfaitement à même d'avoir des émissions en langue française". Ici il y a tout un discours à faire dans le sens que dans une petite Région comme la nôtre les différents programmes seraient des programmes assez misérables et je ne sais pas ce qu'on pourrait obtenir vis-à-vis de la diffusion de la langue française. Tout de même nous nous sentons pas et nous ne voulons pas voter contre cet ordre du jour, je pense que si ceux qui ont présenté cet ordre du jour veulent le maintenir pour les raisons qui ont déjà été expliquées, nous pourrions aussi nous abstenir sur la question de l'ordre du jour en soi, avec la motivation que j'ai dite, et en expliquant les motifs pour lesquels nous nous abstenons sur l'ordre du jour. Je pense d'avoir été clair.

Tonino (P.S.I.U.P.) - Concordo sull'interessante esposizione fatta dal Consigliere Onorevole Caveri e dichiaro di votare a favore della mozione che porta le firme dei Consiglieri dell'Union Valdôtaine proprio per le ragioni che hanno determinato lo Statuto speciale della Valle d'Aosta per il rispetto del suo contenuto e perché i principi della nostra autonomia regionale siano rispettati partendo anche dalle considerazioni emerse sia dalla relazione che l'Onorevole Caveri ha fatto, sia dalle discussioni che sono susseguite che hanno posto il problema sul bilinguismo in Valle d'Aosta, sulla necessità che la Valle d'Aosta sia dotata del programma televisivo francese mediante il ripetitore. Ci sono state date delle ampie garanzie su questi problemi sollevati, per cui si resta solo in attesa che dalle promesse si passi ai fatti; auspico che le difficoltà che sono state portate a conoscenza da parte degli interessati sull'installazione di un ripetitore del programma televisivo francese siano superate.

Milanesio (P.S.U.) - J'annonce le vote favorable du Parti Socialiste Italien sur la motion présentée par les Conseillers de l'Union Valdôtaine et qui vient d'être discutée. Avec les Conseillers Chamonin et Ramera on a présenté un ordre du jour qui sert à éclaircir l'avis des Partis et des Mouvements du Centre Gauche au sujet du problème des émissions radiotélévisées en langue française et je souhaite encore une fois qu'il puisse être voté à l'unanimité par le Conseil régional.

Montesano (P.S.U.) - Ci sono altre dichiarazioni sull'ordine del giorno? Allora mettiamo prima ai voti la mozione presentata dai Consiglieri dell'Union Valdôtaine e dopo l'ordine del giorno presentato dai Consiglieri Ramera, Milanesio e Chamonin. Chi vota a favore alzi la mano.

Esito della votazione:

Consiglieri presenti, votanti e favorevoli: 28

Il Consiglio approva all'unanimità la soprariportata mozione.

Montesano (P.S.U.) - C'è una dichiarazione di astensione mi pare? Fosson, lei ha fatto una dichiarazione di astensione, sull'ordine del giorno... anche il Partito Comunista... Allora, chi approva l'ordine del giorno?

Esito della votazione:

Consiglieri presenti: 28

Votanti: 16

Favorevoli: 16

Astenuti: 12 (Andrione, Bancod, Caveri, Crétier, Dolchi, Fosson, Freppaz, Germano, Macheda, Manganoni, Perruchon, Tonino)

Il Consiglio approva l'ordine del giorno.

Montesano (P.S.U.) - Così siamo arrivati al punto 33... cosa vuole fare il Consiglio? Rimandiamo alla seduta che viene tenuta nella seconda quindicina di dicembre, sceglieremo il giorno più opportuno che non sia proprio il giorno di Natale, naturalmente; quindi ci vedremo... il Consiglio sarà convocato a domicilio.

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La seduta termina alle ore 22,15.