Oggetto del Consiglio n. 2177 del 19 settembre 2001 - Resoconto
OGGETTO N. 2177/XI Commemorazione delle vittime dei fatti terroristici verificatisi negli USA.
PrésidentCollègues Conseillers, les Chefs de groupe qui viennent de se réunir, ont établi l’opportunité de débuter nos travaux par la commémoration officielle des victimes des attentats qui ont eu lieu aux Etats-Unis. Veuillez vous lever.
Mardi 11 septembre 2001 un raz d’attentats sans précédent dans l’histoire de l’humanité a frappé les Etats-Unis. Les moyens employés, des avions de ligne avec des dizaines de passagers à bord, lancés contre des gratte-ciel et des établissements publics occupés par des milliers de personnes, ont rendu ces attentats odieux à l’humanité entière. Le Conseil de la Vallée exprime aujourd’hui, après que ses Chefs de groupe ont pris dans l’immédiat une position de condamnation ferme de ces attentats, toute sa compassion et toute sa solidarité face à la douleur des victimes et de leurs familles.
Une pensée toute particulière dans ces circonstances dramatiques nous l’adressons aux pompiers et aux policiers morts et blessés pendant qu’ils portaient leur secours aux victimes. Ces actes effrayants de terrorisme inspirent à nous tous horreur, colère et indignation. Nous ne devons cependant pas faire place ni à la psychose ni au fatalisme. Nous n’avons aucune complaisance envers les auteurs de ces actes, envers leurs complices, envers les régimes négligents dans la répression de ces formes de criminalité barbares. Nous avons aussi, cependant, le devoir de bien distinguer le fanatisme homicide de quelques groupes de l’ensemble plus vaste, infiniment plus vaste du monde musulman, qui a réagi face à ces événements avec dignité, avec humanité, avec sens de responsabilité, avec compassion. La politique de lutte contre le terrorisme international doit être serrée et correctement orientée. La cible de cette lutte doivent être les milieux responsables, leurs complices, ainsi que tous ceux qui d’une façon ou de l’autre rendent ces attaques possibles.
Le monde occidental, les Etats-Unis en premier, ont aujourd’hui un devoir de juste appréciation et d’évaluation prudente des formes et des moyens de réaction, qui ne doivent pas entraîner l’humanité entière sur le plan incliné d’un conflit aux dimensions inimaginables.
Le constat que nous faisons aujourd’hui tous ensemble est que notre société aujourd’hui est plus vulnérable: vulnérable dans la cohésion de nos populations, désormais largement multiethniques, multiculturelles et multiconfessionnelles, vulnérable dans les symboles, même les plus marquants, de nos pays et de la plus grande puissance de la planète, vulnérable dans notre capacité de tenir le cap d’un progrès qui avance à une vitesse inconnue jusqu’à nos jours et qui a du mal à se concilier avec une évolution encore incertaine des consciences et avec le partage des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons.
C’est pourquoi, de nos jours, le sentiment qui domine les esprits est la crainte d’un conflit tout à fait nouveau; il ne s’agit plus d’une guerre entre des états bien identifiés, mais d’un combat aux contours encore incertains, contre un ennemi multiple, opaque, insaisissable, un réseau obscur qui a bénéficié et qui bénéficie de complicités étatiques apparemment très graves.
Dans cette dimension inconnue chacun de nous doit craindre le pire et travailler pour que les conditions de la catastrophe ne s’avèrent pas. Si une leçon est à tirer aujourd’hui de ces événements dramatiques, c’est qu’il faut adapter nos politiques à cette nouvelle donne, puisque même les instruments les plus performantes des grandes puissances n’arrivent pas à enrayer ce phénomène de terrorisme.
Nous devons agir pour une coopération internationale serrée, pour le renforcement d’une politique de défense à l’échelle européenne. L’ubiquité et l’insaisissabilité de l’ennemi de nos sociétés doivent entraîner un effort particulier pour la mise en sécurité de tous nos concitoyens. Ce n’est pas la guerre que nous invoquons, mais la réponse ferme et juste, non pas d’un pays blessé, mais de l’humanité entière, meurtrie dans son corps par ces attentats.
C’est la voie que nous considérons la seule à parcourir, surtout à un moment où des faibles mais encourageantes lueurs de paix percent l’obscurité dans l’interminable conflit du Proche Orient. Mais la base de cette sécurité que nous appelons de nos v?ux nous ne pouvons la retrouver qu’en donnant un fond de droit et de liberté à tous les appartenants à la race humaine. En déracinant la plante du racisme, de l’intolérance, de la haine contre l’autre, nous pourrons jeter les bases d’un nouvel ordre mondial sur lequel fonder le progrès de la civilisation au bénéfice des générations à venir. Collègues conseillers, ces victimes innocentes sont aussi nos victimes. Nous partageons la douleur pour leur disparition parce que la douleur ne connaît ni la distance, ni la race, ni la culture ni la couleur de la peau.
Je vous invite à observer tous ensemble une minute de silence à la mémoire de ces femmes et de ces hommes, en exprimant ainsi toute la commotion, toute l’intense participation de notre communauté face à des événements que nous souhaitons ne plus jamais voir se reproduire à l’avenir.
Je vous informe que les Chefs de groupe ont l’intention de déposer une résolution conjointe, et unanime j’espère, contre ces attentats, résolution qui fera l’objet d’une discussion au cours de la journée à partir du moment où elle sera déposée à la Présidence.
Le Conseil prend acte.
