Objet du Conseil n. 151 du 1er août 1946 - Verbale

OGGETTO N. 151/46 - RELAZIONE DELL'ASSESSORE AVV. PAGE SULL'ISTRUZIONE PUBBLICA: PROPOSTE PER L'ORDINAMENTO SCOLASTICO IN VALLE D'AOSTA.

Su invito del Presidente, l'Assessore Avv. Page riferisce al Consiglio sul programma relativo al nuovo ordinamento dell'Istruzione Pubblica in Valle d'Aosta.

Mémoire sur l'instruction publique en Vallée d'Aoste

Le poète français Pierre Jean de Béranger, qui a élevé le genre de la chanson à la hauteur d'une création littéraire, a écrit quatre vers qui peuvent servir comme ouverture au sujet sur lequel je vais vous entretenir:

Lieux où jadis m'a bercé l'Espérance,

Je vous revois à plus de cinquante ans.

On rajeunit aux souvenirs d'enfance,

Comme on renaît au souffle du printemps.

Et moi aujourd'hui, en allant vous parler d'écoles et de thèmes, d'instituteurs et de professeurs, d'instruction primaire et secondaire, je vais vous reporter aux belles et insouciantes années de votre jeunesse et par conséquent vous faire rajeunir aux souvenirs d'enfance comme on renaît au souffle du printemps.

En nous introduisant donc dans cet heureux domaine du jeune âge, en tenant compte des propositions suggérées par la Commission nommée à cet effet et aussi des renseignements que nous avons puisés à diverses sources, nous avons l'honneur de soumettre à la discussion et à l'approbation du Conseil de la Vallée le mémoire suivant.

Classification des écoles - L'instruction publique dans la Vallée d'Aoste peut se partager en deux grandes branches: instruction primaire et instruction secondaire.

A) L'instruction primaire comprend:

1°) Les écoles maternelles ou enfantines: (salles d'asile, nids d'enfance, école Froebel, sale di custodia, qui correspondent aux écoles del grado preparatorio).

2°) Les écoles primaires (les cinq premiers cours élémentaires d'état, les écoles subsidiées, les écoles pour les enfants du peuple travailleur, les écoles d'artisanat).

B) L'instruction secondaire comprend:

1°) Les écoles secondaires ou moyennes inférieures: les trois premiers cours de grammaire (ginnasio); les écoles magistrales inférieures et les écoles professionnelles, qui préparent les élèves pour la vie ou pour des cours supérieurs.

2°) Les écoles secondaires supérieures: (humanité et rhétorique, ou lycée de 5 ans comprenant le gymnase supérieur et le lycée) les écoles magistrales supérieures, les lycées classiques, techniques ou professionnels qui préparent les élèves pour les brévets supérieurs de comptable, géomètre, instituteur, etc., ou qui donnent accès à l'Université.

INSTRUCTION PRIMAIRE - Ecoles maternelles ou enfantines - Ces écoles sont facultatives et en général gratuites; ce sont des écoles préparatoires à l'enseignement primaire; elles accueillent les enfants de 3 à 6 ans; on les dénomme aussi salles d'asile; les enfants des deux sexes y apprennent les premiers éléments de l'écriture et de la lecture. Elles fonctionnent dans bon nombre de Communes.

Nous comptons dans la Vallée 32 salles d'asile, dont 24 dirigées par les Sœurs de St. Joseph; ce sont les suivantes: Courmayeur, Morgex, Cogne, Jovençan, Gressan, Sarre, Aoste (asile Monseigneur Jourdain), Aoste (Asile Saint Ours), Aoste (asile "Froebel" auprès des écoles magistrales), Nus, Châtillon (asile Rigollet), Châtillon (asile Providence), Torgnon, Valtournenche, Saint Vincent, Verrès, Challand-Saint-Anselme, Brusson, Ayas, Donnas, Pont-Saint-Martin, Fontainemore, Issime, Gaby.

Nous devons en outre enregistrer:

à Aoste, la salle d'asile de St. Jean Bosco, dirigée par les Sœurs de Marie Auxiliatrice; à Issogne, la salle d'asile dirigée par les Sœurs Franciscaines; à Hône, Arnaz, St. Vincent fraction Moron, La Salle et Fénis des chambres de bonne garde.

Ecoles primaires ou élémentaires - Elles sont obligatoires et se subdivisent en: 1°) écoles élémentaires d'état ou classifiées; 2°) écoles subsidiées ou de hameaux.

Ecoles élémentaires d'état ou classifiées - Elles sont tenues par un instituteur ou une institutrice munis d'un brévet régulier pour l'enseignement primaire.

Nous comptons actuellement 366 écoles élémentaires d'état (classifiées) en Vallée d'Aoste, subdivisées comme suit:

1°) cercle didactique d'Aoste: total 81, dont 17 pour garçons, 10 pour filles et 54 mixtes;

2°) cercle de Châtillon: total 48, dont 5 pour garçons, 5 pour filles et 38 mixtes;

3°) cercle de Nus: 48 mixtes;

4°) cercle de Verrès: total 57, dont 3 pour garçons, 3 pour filles et 51 mixtes;

5°) cercle de Pont-Saint-Martin: total 47, dont 2 pour garçons, 2 pour filles et 43 mixtes;

6°) cercle de Morgex: 63 mixtes;

7°) cercle de Valpelline: 22 mixtes.

Sur ces 366 écoles, nous en avons présentement 264 qui ont leur titulaires de rôle et 102, dont les instituteurs chargés des cours sont provisoires.

A ce propos nous relevons que sur 366 écoles classifiées, 35 sont fréquentées par un nombre d'écoliers inférieur à 15; elles ne comprennent pour la plupart que les trois premiers cours élémentaires. C'est pourquoi ces écoles pourraient éventuellement à l'avenir être transformées en subsidiées, obtenant ainsi une sensible économie sur le budget de la Vallée, comme aussi les écoles de hameaux pourraient à leur tour devenir des écoles classifiées.

Ecoles subsidiées - Ce sont les écoles de hameaux proprement dites, situées à des trop grandes distances des écoles élémentaires d'état, ou dans des villages trop élevés, et fréquentées par un nombre restreint d'écoliers (inférieur à 15). Nous en comptons actuellement 75 en Vallée d'Aoste, réparties comme suit:

1°) cercle didactique d'Aoste: 5 écoles, total 44 écoliers, dont 22 garçons et 22 fillettes;

2°) cercle de Châtillon: 8 écoles, total 33 écoliers, dont 15 garçons et 18 fillettes;

3°) cercle de Verrès: 8 écoles, total 76 écoliers, dont 33 garçons et 43 fillettes;

4°) cercle de Nus: 5 écoles, total 45 écoliers, dont 27 garçons et 18 fillettes;

5°) cercle de Pont-Saint-Martin: 13 écoles, total 119 écoliers, dont 57 garçons et 62 fillettes;

6°) cercle de Morgex: 33 écoles, total 224 écoliers, dont 137 garçons et 87 fillettes;

7°) cercle de Valpelline: 3 écoles, total 38 écoliers, dont 23 garçons et 15 fillettes.

Nombre d'écoliers - Les écoles classifiées, subsidiées et salles d'asile de la Vallée d'Aoste ont un total de 11.737 écoliers des deux sexes.

Dépenses - Le montant annuel des dépenses pour l'enseignement élémentaire dans la Vallée d'Aoste est de lires 37.183.477,00 réparties comme suit:

Cercle d'Aoste

L. 9.121.145;

Cercle de Châtillon

L. 4.835.015;

Cercle de Morgex

L. 6.436.938;

Cercle de Nus

L. 4.527.846;

Cercle de Pont-Saint-Martin

L. 4.423.305;

Cercle de Valpelline

L. 2.113.376;

Cercle de Verrès

L. 5.725.852.

Chaque écolier coûte en moyenne lires 4.000 par an.

A remarquer que dans la Commune de La Magdeleine, où nous avons qu'une seule écoles de 10 écoliers, l'on dépense L. 89.820 par an: chaque écolier coûte donc 8.982 lires annuelles.

Comparaison de la situation actuelle avec celle de 1875 - Si nous additionnons maintenant les 366 écoles élémentaires d'état aux 75 écoles subsidiées, nous n'avons actuellement qu'un total de 441 écoles; tandis qu'en 1875 nous comptions déjà en Vallée d'Aoste 508 écoles primaires.

Voici ce que l'Abbé Amé Gorret (l'ours de la montagne) écrivait à ce sujet en 1875 dans son Guide de la Vallée d'Aoste, Turin-F. Casanova - libraire - Rue de l'Académie des sciences n° 2 - page 124 -

"Pour l'enseignement élémentaire, l'arrondissement d'Aoste est en Italie celui où, en proportion du nombre de ses communes (73), de sa population (81.160) et des ressources économiques, l'instruction primaire est la plus répandue et qui compte par conséquent le moins d'illettrés, comme le constatent les statistiques officielles. Voici le résumé de la condition de notre Vallée sous le rapport de l'instruction primaire au mois de décembre 1875:

Population ................

81.160

Ecoles primaires .........

508

Ecoles privées ............

26

Elèves des deux sexes ...

14.701

Maîtres et maîtresses.....

537

Sommes dépensées pour les écoles élémentaires L. 84.473."

PROPOSITIONS

Rétablissement des écoles subsidiées - La Commission propose le rétablissement du plus grand nombre possible des écoles de hameaux, et ce, sur demande qui pourra être présentée par l'Autorité Communale ou par des groupements de citoyens intéressés, en réservant la nomination des instituteurs aux autorités scolaires de la Vallée. Pourront être nommés des instituteurs et des institutrices de l'endroit, même non munis d'un brévet d'état de capacité à l'enseignement, mais qui ont subi l'examen, dont on parle ensuite.

Les écoles de hameaux ne pourront être instituées que pour les premiers cours de l'enseignement: 1, 2 et 3 cours élémentaires et pas au delà, et seulement quand le nombre des écoliers est très restreint et ne dépasse pas la quinzaine.

Les enfants des écoles subsidiées ou de hameaux entreront dans les écoles élémentaires ordinaires moyennant un examen d'admission, qui sera donné par une commission composée de trois instituteurs ou institutrices, dont un est l'enseignant du quatrième cours qui recevra les écoliers, le deuxième est l'enseignant du hameau (3 premiers cours) et le troisième sera nommé par l'autorité scolaire.

Durée des écoles de hameaux - Par rapport à la durée des écoles, la Commission propose d'adapter, autant que possible, le calendrier aux exigences locales de la population montagnarde de la Vallée. Les écoles pourraient être ouvertes après que les travaux de la campagne seraient terminés et continuer sans interruption jusqu'à la reprise de ces mêmes travaux au printemps, en abrégeant même les longues vacances de Noël et de Pâques.

Enseignement de la langue française - La Commission propose que la langue française soit enseignée depuis les écoles maternelles et soit continuée dans tous les cinq cours élémentaires avec le même nombre d'heures qu'on donne à l'enseignement de la langue italienne, de sorte que cet enseignement bilingue et parallèle puisse toujours procéder uniformément à études égales, à parité.

La Commission recommande encore d'une façon spéciale que l'enseignement de la religion soit donné en français ainsi que l'enseignement de l'histoire et de la géographie locales.

Examen pour les enseignants des écoles subsidiées - La Commission propose que les personnes chargées de l'enseignement dans les écoles subsidiées de hameau n'aient pas besoin d'être munies de brévet officiel d'aptitude à l'enseignement: il suffira que ces personnes subissent victorieusement un examen, à Aoste, par devant une commission mixte composée d'un professeur d'école moyenne et de deux instituteurs. Ces examens pourraient consister dans une composition française et italienne, une dictée, une traduction, grammaire, lecture, leçon de choses, arithmétique, notions principales de géographie et d'histoire générales et de la Vallée. La commission examinatrice délivrera aux candidats reçus un certificat spécial d'aptitude à l'enseignement dans les écoles de hameaux.

Examen de langue françaises dans les écoles classifiées - Tous les instituteurs et institutrices munis d'un diplôme d'état, qui aspirent à l'enseignement dans les écoles de la Vallée devront démontrer de connaître la langue française: à cet effet, ils seront soumis à un examen, à Aoste, par devant une Commission mixte composée d'un professeur d'école moyenne supérieure, d'un professeur d'école moyenne inférieure et d'un instituteur, laquelle décidera sur leur aptitude au dit enseignement pour la Vallée (exclusivement sous le rapport du français). Il y aura un examen écrit et un examen oral; l'examen oral consiste dans la connaissance des règles de la grammaire et de la syntaxe, la lecture, la conversation, et en plus l'étude d'un ouvrage d'un auteur français: pas de littérature donc: mais connaissance pratique de la langue française.

Ces examens de langue française pourront avoir lieu chaque année, et ce dans le but de recruter le personnel enseignant nécessaire dans les différentes écoles.

Les Commissions seront formées annuellement, selon les besoins, par l'autorité scolaire.

On fait exception pour les instituteurs et institutrices qui ont déjà enseigné précédemment le français dans nos écoles primaires avant l'avènement du fascisme, qui ont la note spéciale de la langue française sur leur brevet, ou qui démontrent part titres de connaître la prédite langue.

Commission de vigilance des écoles de hameaux - Il serait très à propos d'établir une commission chargée de visiter les locaux destinés aux écoles des hameaux et aux asiles de montagne, soit pour en soigner le décor, soit pour les rendre plus confortables - en s'appuyant pour cela tant sur la bonne volonté de la population, qui est toujours généreuse à ce sujet, que sur l'autorité communale - qui a le devoir de soutenir ces précieuses institutions.

Par ce moyen l'on arriverait certainement à doter chaque commune, surtout de montagne, d'un petit asile bien aménagé, ainsi que des écoles de hameau confortables; un pas très important serait alors réalisé en faveur de l'instruction et éducation primaire du peuple valdôtain.

Cette Commission pourrait être composée du directeur didactique du cercle local, du syndic de la commune et du curé local, on pourra aussi, en cas de besoin, appeler à faire partie de cette commission l'officier sanitaire.

Langue allemande - Voulant respecter les traditions et les usages locaux, les instituteurs des écoles primaires de Gressoney-St-Jean et Gressoney-La-Trinité pourront continuer à enseigner aussi les premiers éléments de la langue allemande aux écoliers des deux communes;

Réorganisation des écoles subsidiées ou de hameaux - On propose enfin que la réorganisation des écoles de hameaux ou subsidiées se fasse en même temps que celle des écoles élémentaires classifiées en général: les valdôtains auront ainsi deux sortes d'écoles primaires dûment reconnues: les écoles primaires élémentaires classifiées et les écoles primaires de hameaux avec un rôle régional des instituteurs pour les premières et un rôle régional des instituteurs pour les secondes.

Toutes ces mesures pourraient atteindre divers buts:

1°) celui de coopérer à enrayer le dépeuplement de la montagne;

2°) celui de répandre l'instruction et le français jusqu'aux plus petits hameaux;

3°) celui de réaliser une plus rationnelle systématisation des différentes écoles;

4°) celui de faire une importante économie sur le budget pour l'enseignement.

INSTRUCTION SECONDAIRE

Comme nous avons relevé plus haut, elle comprend:

A - Les écoles secondaires inférieures qui sont:

1°) Les écoles professionnelles ou d'art et métier et d'acheminement;

2°) Les trois premiers cours de grammaire (gymnase) ou école moyenne;

3°) Les écoles magistrales inférieures;

B - Les écoles secondaires supérieures comprenant les lycées:

1°) Lycée classique de 5 ans avec la 4.me e 5.me gymnasiales et lycée proprement dit de 3 ans;

2°) Lycée scientifique (où les sciences remplacent les langues mortes). Ces lycées préparent les jeunes gens aux Universités.

3°) Lycée magistral ou école normale supérieure (prépare les instituteurs);

4°) Lycée ou institut technique (prépare les géomètres);

5°) Lycée ou institut commercial (prépare les comptables).

Total des élèves pour tous ces cours durant l'année scolaire 1945-1946: 1.005, ainsi répartis: 145 au gymnase supérieur et lycée; 130 au lycée magistral; 300 aux écoles moyennes; 430 aux diverses écoles professionnelles.

Écoles professionnelles - Ce furent d'abord les écoles techniques, puis complémentaires, puis écoles de préparation au travail qui se sont transformées et qui sont devenues aujourd'hui les écoles professionnelles, à Aoste, ces écoles durent 3 ans, elles sont fréquentées par les écoliers munis du certificat d'étude élémentaire. Nous avons à Aoste deux cours, de trois ans, l'un genre industriel, l'autre genre commercial.

A Châtillon il y a un cours de 2 ans, genre agraire; il sera transformé en commercial sur délibération de la Commune et sur approbation de l'Autorité supérieure: si tout cela se réalise le cours sera de 3 ans.

A Verrès, un cours de 2 ans, genre industriel; la direction vient de demander que le cours ait une durée de trois ans afin de préparer des ouvriers spécialistes et des techniciens pour les industries locales.

Il y a encore une école de fabrique dans l'intérieur de la Soc. Cogne, genre industriel, pour la Société elle même.

Cette dernière école a deux cours: le premier est fréquenté par des élèves munis de certificat d'étude élémentaire; le deuxième par des élèves déjà munis d'un brevet professionnel.

Une autre nouvelle a aussi couru: il paraît que la puissante Société industrielle S.I.P. aurait l'intention d'instituer à Aoste un cours genre industriel (branche hydro-électrique) pour la préparation d'ouvriers spécialisés et de techniciens, qui seraient embauchés dans les installations de production d'énergie hydro-électrique de la Vallée. Seulement les écoliers munis de brévet professionnel pourraient être admis à ces cours.

PROPOSITIONS

Institut technique - Nous n'avons pas à Aoste un institut technique; et nous comptons environ 77 élèves, qui se trouvent hors de la Vallée et qui étudient dans divers instituts pour obtenir leur brévet de géomètre, comptable, expert, etc. - A cause que nous manquons d'un institut technique supérieur ou lycée commercial plusieurs de nos élèves (50% presque) s'inscrivent forcément aux classes gymnasiales ou magistrales.

Nous devons aussi ajouter que bon nombre des mêmes étudiants ne peuvent sortir du pays, faute de moyens.

Il est donc à souhaiter que le Conseil de la Vallée examine la possibilité de la création d'un institut technique supérieur à Aoste, au moins pour les trois premières années: (classe de collegamento, premier et deuxième cours).

Pour cette année, les deux premiers cours pourraient être tenus au premier étage du collège aux études, et ils pourraient préparer les élèves pour devenir soit géomètres, soit compatbles.

Il faut relever à ce sujet que le gouvernement avait déjà institué auprès du collège (prince de Naples) des cours privés pour un institut technique et ce durant les années 1937, 38 et 39: une trentaine d'élèves fréquentèrent ces cours à leurs frais, mais ils ont dû être suspendu à cause de la guerre.

Pensionnat pour filles - Nous avons eu pendant de longues années à Aoste un pensionnat pour jeunes filles auprès de l'école magistrale; beaucoup de jeunes étudiantes y venaient, surtout dans le but d'y apprendre la langue française: on comptait en moyenne 225 pensionnaires par an; dès que le gouvernement fasciste a supprimé l'enseignement de la langue française, le pensionnat a cessé de prospérer; il est mort d'anémie.

Il serait utile sous plusieurs point de vue, de le reconstituer.

Chaire de langue française - Tout en tenant compte que nous devons tendre à l'application intégrale de l'art. 18, c'est à dire à la parification des deux langues italienne et française, avec le même nombre d'heures d'enseignement, la commission est de l'avis que la réalisation de ce programme ne puisse s'obtenir que d'une façon graduelle.

A cet effet, on propose, comme application immédiate, l'institution d'une chaire de langue française, pour tous les cours des écoles secondaires inférieures et supérieures et l'examen obligatoire pour le français, comme pour les autres matières.

Cette chaire comprendrait:

1°) l'enseignement de la langue française (grammaire, syntaxe), géographie et histoire locale, folklore, écrivains valdôtains, dans toutes les classes moyennes inférieures (école professionnelles, écoles magistrales inférieures, gymnase inférieur).

2°) l'enseignement de la littérature et de la culture française dans les classes supérieures (écoles magistrales supérieures, 4 et 5 cours de gymnase et 1, 2 e 3 lycée). Les heures dédiées à cet enseignement devront être, autant que possible, égales aux heures dédiées à l'enseignement de l'italien.

L'enseignement de la géographie et de l'histoire locales comme aussi l'instruction religieuse dans les diverses classes pourront être donnés en langue françaises.

Nous rapportant toujours à l'article 18 de la loi, il faudra d'ores et déjà tâcher d'adapter les divers programmes, en vue de la formation bilingue de l'élève; ce qui permettra d'enseigner éventuellement, en français, à l'avenir, même d'autres matières.

Choix des professeurs pour les écoles moyennes - Tous les professeurs, qui devront enseigner en français leurs matières dans les écoles moyennes de la Vallée, devront être munis de leur brévet d'enseignement régulier d'état et en plus subir un examen oral de langue française (colloquio) par devant une commission composée d'un professeur d'Université et de deux professeurs des écoles moyennes. Cette Commission aura son siège à Aoste. Il va sans dire que les professeurs, déjà munis d'un brévet d'aptitude à l'enseignement de la langue française seront dispensés de l'examen susnommé.

Cependant les professeurs, titulaires des chaires de langue française dans les diverses classes, devront être munis d'un brévet régulier de capacité à l'enseignement de la prédite langue.

Remplacements - En vue d'encourager beaucoup de valdôtains encore dépourvus des diplômes ou brévets officiels pour l'enseignement dans les écoles moyennes, mais connaissant bien leurs matières et la langue française, la Commission fait une recommandation spéciale de recourir largement au système des remplacements (supplenze) en choisissant les éléments du pays de préférence à ceux du dehors.

La Commission est de l'idée que c'est là le seul moyen de former une classe enseignante, qui, dans quelques années sera à même d'assurer l'intégrale application de l'article 18 du Décret 7 septembre 1945.

Études à l'étranger - Nous rapportant toujours à l'application de l'art. 18, on recommande que les adaptations des programmes prévus par le dit article ne se limitent pas seulement aux nécessités locales, mais que ces adaptations soient de nature à permettre aux jeunes étudiants, qui ont fréquenté leurs cours en Vallée d'Aoste, de se rendre aussi en pays étrangers pour la continuation de leurs études universitaires, et cela évidemment sans porter préjudice à l'admission des étudiants aux Universités italiennes.

École du soir - Une importance toute particulière doit être accordée aux écoles professionnelles et d'acheminement destinées surtout aux ouvriers.

Ces écoles on généralement lieu dans la soirée des jours d'œuvre ou le dimanche. Elles peuvent avoir des buts différents. Elles peuvent être destinées à conserver et à augmenter les connaissances acquises à l'école primaire. Dans les contrées industrielles surtout, ces écoles sont consacrées ordinairement à l'enseignement professionnel pour les apprentis et les ouvriers, et les élèves s'appliquent surtout à l'étude du dessein, de la comptabilité, de la géométrie, des mathématiques, de l'histoire et de la géographie locales et des langues étrangères, françaises, anglaise.

On pourrait avoir l'enseignement qui se rattache de près ou de loin aux arts et métiers et, l'on pourrait ranger dans cette catégorie de cours les écoles spéciales de tissage, de sculpture sur bois, de vannerie, des petites industries forestières, etc. que l'on souhaiterait de voir surgir dans diverses communes: ce qui alimenterait de beaucoup la foire annuelle de St. Ours.

Le Conseil régional fera bien en encourageant toute initiative individuelle ou collective tendant au développement de l'instruction et de l'artisanat dans le pays.

Ouverture de cours ou d'institut - Nous voulons croire que tous les instituts d'éducation et d'instruction comme aussi tous les autres cours déjà existants dans la Vallée se conformeront de bon gré aux recommandations et aux dispositions susdites ainsi qu'aux programmes qui seront arrêtés à la suite par les Autorités scolaires.

Personne ne pourra ouvrir une école, ou un institut d'éducation et d'instruction dans la Vallée sans la préalable autorisation du Conseil de la Vallée.

Titre étranger - Pour l'enseignement de la langue française dans les écoles secondaires inférieures et supérieures de la région, pourra être considéré comme valable le titre de licencié ès lettres, obtenu par les enseignants dans une Université de pays de langue française, et il pourra être accepté aussi par le Conseil régional.

Conservations des droits acquis - Le Conseil régional devra s'accorder avec le Ministère de l'instruction publique dans le sens de reconnaître aux enseignants tous leurs droits par rapport à la conservation de leur siège, à leur ancienneté, à la pension et à tous les autres droits inhérents à leurs carrières.

Rôle régional - Après que les professeurs des écoles moyennes auront obtenu le certificat d'étude à l'enseignement (idoneità) ils pourront être admis au concours que le Conseil de la Vallée ouvrira pour constituer le rôle régional des professeurs. Les enseignants qui sont dans les rôles de l'État et qui désirent enseigner dans les écoles de la Vallée devront en faire demande au Conseil régional.

Le Conseil régional accordera aux enseignants le même traitement payé par l'Etat, sauf de meilleures conditions; mais les enseignants doivent s'engager à accepter soit pour l'horaire, soit pour les leçons, toutes les dispositions rendues à cet effet par le Conseil régional.

Un procédé analogue sera adopté pour la constitution du rôle régional des instituteurs.

Centre bilingue d'études - Toutes les propositions que nous venons d'avancer ont essentiellement pour but:

1°) de rehausser le niveau des études dans la Vallée;

2°) de répandre l'enseignement du français dans toutes les écoles;

3°) de créer une pépinière de jeunes gens qui soient à même de se servir avec la même facilité de l'italien et du français et de pouvoir obtenir des places soit comme professeurs de langue française, soit comme interprètes, soit comme secrétaires ou employés d'ambassade, de consulats et de maisons italiennes à l'étranger.

4°) de permettre aux familles aisées, qui désirent que leurs enfants, garçons ou filles, apprennent bien le français, de trouver ici même, sans aller en Suisse ou en France, des écoles, où ils peuvent apprendre à parles et à écrire correctement le français;

5°) de faciliter nos émigrants sur terre étrangère, à trouver du travail ou des places pour gagner leur vie: un émigrant connaissant la langue du pays où il émigre est toujours mieux accueilli et tenu en plus grande considération.

Nous savons même que dans les régions voisines du Piémont (Turin, Pignerol, etc.) on a institué des écoles pour l'enseignement du français aux futurs émigrants.

ORGANISATION ET DIRECTION DES ECOLES

En suite de la suppression du proviseur aux études (provveditorato agli studi) on retient de réorganiser les écoles de la manière suivante:

Ecoles élémentaires - Les sept directions didactiques actuelles des cercles d'Aoste, Morgex, Valpelline, Nus, Châtillon, Verrès et Pont-Saint-Martin sont maintenues et la circonscription régionale de la Vallée est confiée à un Inspecteur scolaire. Soit l'Inspecteur, soit les directeurs didactiques sont soumis au surintendant aux écoles.

Ecoles professionnelles, moyennes, magistrales supérieures, institut technique - La direction (preside) de ces écoles sera confiée respectivement à un des professeurs ordinaires de chaque école, choisi par le corps enseignant de l'école et approuvé par le surintendant aux écoles et par le Conseil de la Vallée.

Lycée classique - Le directeur (preside) du lycée sera nommé par le Conseil régional. Le proviseur du lycée classique aura aussi la charge de surintendant aux études (provveditore agli studi).

Naturellement soit les directeurs des écoles soit le surintendant comme tels, auront une rétribution à part, établie par le Conseil régional.

Ils pourront conserver leurs charges respectives et êtres réélus.

DISPOSITIONS GENERALES

Publications et activités régionalistes - Le Conseil de la Vallée sollicite et encourage la publication et la diffusion des ouvrages régionalistes, qui ont pour but d'illustrer et de faire connaître notre pays soit à l'intérieur, soit à l'étranger.

Il serait très louable et très utile de faire réimprimer une collection des ouvrages sur l'histoire, la géographie, le folklore, les traditions, les légendes et contes du terroir, les institutions valdôtaines, etc. (De Tillier, Gérard, Bérard, Fenoil, Frutaz, Cerlogne, Duc, Lucat, Perret, Béthaz, etc.).

Le Conseil de la Vallée fera encore œuvre de patriotisme en aidant les institutions de culture locale, telle que l'Académie de Saint Anselme: ce qui pratiquement a déjà été réalisé en allouant à cette Société scientifique la somme de lire 30.000 pour la publication du bulletin 1946.

Le Conseil sera toujours soucieux de favoriser les manifestations visant à faire apprécier nos costumes, faire connaître les beautés et les sites enchanteurs de la Vallée au moyen de cartes géographiques, de guides, de tableaux, de cartes illustrées, etc.

Un grand mérite lui sera acquis en concourant au rétablissement dans leur forme primitive française des noms, des enseignes, des indications des rues et places et des inscriptions de nos divers monuments.

Théâtres, cinémas - Quelqu'un avait suggéré de donner à Aoste des représentations théâtrales françaises: l'idée est magnifique.

Nous avons déjà eu dans la période précédente au fascisme des troupes locales d'amateurs qui ont joué des pièces françaises sur nos théâtres et dans nos collèges.

Espérons que ces sociétés philodramatiques renaissent au plus tôt; nous verrons ensuite quand il sera possible, d'inviter tout à fait des troupes de théâtre françaises à venir jouer sur nos scènes.

Quant au cinéma, il faut espérer que des raisons politiques ne viennent pas empêcher à nos entrepreneurs de se mettre d'accord avec des maisons françaises ou suisses de film, pour projeter leurs chefs d'œuvre sur nos écrans.

Palais des institutions de culture valdôtaine - La Junte du Conseil de la Vallée, dans sa séance du ________ a déjà délibéré et le Conseil a approuvé d'affecter le Palais Roncas comme siège des institutions de culture valdôtaine. C'est pourquoi, là pourront trouver leur place:

1°) la bibliothèque civique de la ville d'Aoste;

2°) le musée des antiquités préromaines, romaines et moyen-âgeuses qui se trouvent actuellement dans des locaux à Saint Ours;

3°) le musée de la flore et de la faune valdôtaine qui se trouve actuellement au château du Duc des Abruzzes;

4°) le musée du folklore valdôtain;

5°) les archives dispersées un peu partout dans la Vallée, dans l'ex-Préfecture, dans divers municipes et chez des privés.

L'Académie Saint Anselme pourra aussi trouver au Palais Roncas un siège convenable pour ses séances.

Nous sommes certain d'ores et déjà que le Palais Roncas, ainsi aménagé, pourra recevoir dignement les diverses et riches bibliothèques, les collections privées d'objets précieux régionaux de la part de bienfaiteurs et mécènes de la Vallée d'Aoste, et dont on gravera les noms sur un marbre pour les rappeler à la mémoire de la postérité.

Chansonnier valdôtain - Le premier chansonnier valdôtain, comprenant 27 chansons, a été publié en 1912 sous les auspices de la Ligue valdôtaine pour la protection de la langue française dans la Vallée d'Aoste.

Un deuxième recueil de 35 chansons, intitulé "Valdôtains, chantons" a paru en 1932; l'auteur en est l'Abbé Trèves. Cette deuxième édition, comme la première, sont déjà épuisées, car on ne trouve plus aucune part un seul de ces précieux recueils.

Or, un moyen pour répandre la langue et l'amour du pays est celui de faire connaître nos chansons d'aujourd'hui et celle d'autrefois. A cet effet, il serait tout à fait opportun de publier nouvellement un recueil des vieilles et nouvelles chansons du terroir et de les débiter à un prix modéré, à la portée de toutes les bourses.

Certes nous ne pourrons pas aussitôt parvenir aux brillants résultats obtenus dans les pays voisins: en Suisse par exemple. Elle a des chansonniers pour chaque canton, qui compte 100 et même 200 chansons chacun; et ces chansonniers sont obligatoires aussi dans les écoles.

Il y a en plus dans tous les villages des sociétés chorales, qui exécutent les chansons d'une manière technique.

Nous comptons de préparer un recueil des chansons les plus populaires de la Vallée et de les introduire dans les écoles élémentaires, afin que les nouvelles générations puissent elles aussi les apprendre, les chanter et s'écrier comme nous:

Montagnes valdôtaines vous êtes mes amours!

École ferme ou école agricole - Il est une vérité en fait d'économie politique constatée de tout temps que l'agriculture est la première et la plus indispensable des industries. L'art de forcer le sol à devenir le père nourricier des hommes a toujours été le premier élément de leur civilisation et de leur force.

Tous les peuples ont toujours reconnu dans les productions de la terre leur principale richesse; toujours et partout ils ont accordé leur estime à la profession de l'agriculture; les législateurs l'ont favorisée, les hommes de génie lui on prodigué leurs encouragements.

Les valdôtains de tout temps fîrent de l'agriculture leur principale occupation: le valdôtain est par nature agriculteur. Ses tendances, ses aptitudes le portent vers cette humble mais noble profession.

C'est pourquoi si le Conseil de la Vallée veut faire une œuvre utile en pays, il doit penser à la reconstitution d'une école ferme ayant pour modèle celle qui avait déjà fonctionné à souhait auprès de l'hospice de charité d'Aoste avec toutes les améliorations apportées par la technique moderne. Elle a fourni au pays un grand nombre d'agriculteurs avisés et compétents.

C'est l'administration de l'hospice de charité elle même qui a fondé, en 1885, une école agraire dans le but d'instruire un certain nombre de jeunes gens du pays et de leur procurer des leçons théoriques et pratiques d'agricultures. Sans parler des étables et autres dépendances, elle a su aménager les différentes pièces nécessaires à une institution de ce genre, salles d'étude, classes, dortoir, réfectoire, en leur donnant pour assises les anciens remparts romains. La Tour du Lépreux même, immortalisée par la plume brillante de Xavier de Maistre, a accueilli dans ses murs monumentaux la troupe écolière.

C'a été une pépinière d'agriculteurs capables et expérimentés. Nous devons remettre en honneur et en valeur notre sol, nous devons constituer une école ferme moderne. Il y a trop d'étudiants dans nos écoles et trop de déclassés dans notre société moderne, il faut en acheminer un bon nombre à la culture de la terre.

Ces jeunes gens, en sortant de l'école agraire deviendront de bons cultivateurs. Mais il ne travailleront pas seulement pour eux-même. Leur heureux exemple rayonnera dans toute la Vallée. Une foule de valdôtains ne demanderont pas ni aux grandes villes étrangères ni aux usines les moyens de subsistance: il les trouveront sur le sol natal.

Collège "Prince de Naples" - On propose que le collège "Prince de Naples", actuellement administré par l'Etat, soit transformé en collège régional et administré par la Vallée d'Aoste au moyen d'un Conseil d'Administration nommé par le Conseil de la Vallée et composé de l'Assesseur à l'Instruction Publique, de deux Conseillers de la Vallée, d'un représentant de la Commune d'Aoste e d'un médecin. Dans le Collège on devra parler français.

Cours d'école moyenne à Châtillon - On propose d'instituer à Châtillon une section d'école moyenne, comprenant les trois premiers cours, dans le but surtout d'éviter de longs voyages aux étudiants de la basse Vallée et de décongestionner les écoles d'Aoste.

M. l'Avt. Page termine sa relation en disant: le français est la cause, la première affirmation de notre autonomie. M. le Prof. Louis Jaccod de Châtillon écrivait les paroles suivantes dans la première livraison, septembre 1919, de l'"Augusta Praetoria", revue valdôtaine de pensée et d'action régionalistes:

"En assistant au riche renouveau de la vie provinciale dans le midi de la France, en applaudissant à la résurrection de nombreux foyers régionaux dans différentes parties de l'Italie, il nous est arrivé maintes fois de songer, avec un nostalgique regret, à notre petite patrie valdôtaine, dont la voix séculaire n'a pas d'écho au delà des étroites frontières des montagnes natales...".

Les choses ont bien changé aujourd'hui: depuis deux ans le nom de la Vallée d'Aoste court le monde par les journaux et par la radio; des milliers d'yeux sont fixés sur nous: quelques uns par curiosité, quelques autres par amour pour la Vallée et d'autres encore par une petite jalousie.

Nos droits ethniques et linguistiques ont déjà formé l'objet d'étude de la part du Gouvernement qui a dû les reconnaître par les décrets du 7 septembre 1945.

La Vallée est administré par 25 conseillers élus par le peuple valdôtain; et le Président, choisi par ces 25 conseillers, remplace le Préfet pour notre région.

Le français, pour lequel nous avons lutté si âprement et si longtemps, reprend le même rang que l'italien dans nos écoles et dans nos bureaux publics.

Notre Vallée est déclarée Zone franche.

Pourquoi cela? La réponse je la lis dans vos yeux et vous l'avez sur vos lèvres: c'est parce que nous habitons dans une région particulière spéciale; c'est parce que nous avons toujours eu le français comme notre langue maternelle.

Soignons donc l'étude du français.

Le Président, Prof. Chabod, remercie l'Avt. Page et invite Mrs. les Conseillers à la discussion des propositions avancées au sujet de l'Instruction Publique.

M. l'Avt. Torrione souhaite que l'école soit encore, comme jadis, une famille. Il suggère que l'on adapte les programmes scolaires aux nécessités spéciales de la Vallée d'Aoste, et qu'on les rende plus souples et moins pesantes. Il propose qu'on rétablisse la 6.me classe élémentaire et que l'on remette en usage l'enseignement de la calligraphie dans les écoles. Il est de l'avis que les écoles de hameaux doivent être aidées autant que possible, car c'est grâce à elles si nous n'avons par d'illettrés dans la Vallée. Pour ce qui concerne l'enseignement du français, M. l'Avt. Torrione est de l'avis que l'on procède par degrés, dans le but de permettre aux enseignants de se perfectionner et, en même temps, de ne pas imposer aux élèves un trop grand effort. Le problème du Collège régional doit avoir une immédiate solution, si l'on veut que le Collège soit à même de fonctionner le mois d'octobre prochain. Il recommande, à ce propos, que l'on fasse, d'ores et déjà, de la réclame sur les journaux ou bien par affiches, de manière qu'au moment voulu, il n'y ait pas seulement les locaux et le personnel nécessaires, mais aussi les élèves. Le Gouvernement cherche à placer dans les divers collèges nationaux les enfants de la Vénétie Julienne. Pourquoi ne pas en accueillir quelques uns aussi dans le Collèges de la Vallée d'Aoste? Mr. l' Avocat Torrione se proclame contraire à ce que le Directeur du Lycée soit en même temps Surintendant aux études; les deux charges doivent être distinctes. Il est heureux d'entendre qu'on a l'intention de reprendre la publication des livres d'auteurs valdôtains. A ce propos, il exprime le désir que le Conseil encourage la publication d'un recueil complet des poésies de l'Avt. Désiré Lucat. Les publications de l'Académie de Saint Anselme devraient être répandues aussi à l'étranger, au milieu des bibliothèques et des instituts de culture. M. l'Avt. Torrione fait enfin remarquer qu'il est nécessaire d'instituer de nombreuses bourses d'étude, au moyen desquelles les jeunes gens de bonne volonté, qui appartiennent aux classes sociales les plus humbles, puissent, eux aussi, s'élever et se créer un avenir. Les hommes les meilleurs sont presque toujours ceux qui viennent du peuple.

M. le Col. Ferrein remarque, à propos des écoles de hameaux, qu'il serait bon de ne pas établir le nombre de 15 élèves comme limite absolu; il propose aussi que le calendrier scolaire ne soit pas unique pour la Vallée tout entière, mais adapté aux exigences de chaque zone.

M. l'Avt. Caveri attire, tout d'abord, l'attention du Conseil sur la nécessité que le corps des enseignants soit à la hauteur de sa tâche et que surtout les jeunes professeurs improvisés atteignent en peu de temps un degré satisfaisant de préparation et soient à même de garantir un enseignement sérieux et utile. M. l'Avt. Caveri est d'accord avec M. l'Avt. Torrione sur la nécessité qu'une plus grande familiarité s'établisse entre les enseignants et les élèves; mais il affirme qu'à son avis une parfaite entente se réalisera entre les uns et les autres, dès que l'école sera valdôtainisée. Il faut cependant améliorer les conditions des enseignants en général, qui sono actuellement de vraie "paria" dans la société. Il est indispensable que leurs appointements soient améliorés et il est à souhaiter qu'ils ne soient pas déplacés à tout instant, mais qu'ils restent le plus longtemps possible dans un même lieu, afin qu'à l'aide d'une plus profonde connaissance des nécessités, non pas seulement des élèves, mais de tous les habitants de l'endroit, ils puissent éduquer et en même temps instruire. Les écoles élémentaires sont réellement surchargées de matières; il faut donc alléger les programmes. M. l'Avt. Caveri propose en outre l'institution d'une "Fête des prix" à la clôture de l'année scolaire, avec distribution des prix en forme solennelle, par les mains du Président du Conseil de la Vallée. Pour ce qui concerne les écoles de hameaux ou subsidiées, M. l'Avt. Caveri proclame la nécessité qu'elles soient aidées autant que possible; il ne faudra pas tout de même transformer les écoles classifiées en subsidiées, ce qui constituerait un retour en arrière; il suffira tout simplement de reconstituer les écoles de hameaux qui existaient jadis. Les textes d'étude doivent être modernisés et, par le moyen de l'école, tous les valdôtains doivent en faire de même. Mr. l'Avt. Caveri est décidément contraire à ce que l'on accueille dans le Collège régional les enfants de la Vénétie Julienne. Toujours à propos du Collège régional il fait remarquer d'avoir entendu dire que M. le professeur Vallainc aurait demandé à être nommé Recteur du Collège, il ajoute que, pour son compte, il est absolument contraire à ce que cela advienne, soit parce qu'il s'agit d'une personne qui a, maintes fois, démontré ses idées fascistes, soit parce qu'il est souhaitable que la direction en soit confiée à un père de famille. Mr. l'Avt. Caveri observe enfin qu'il serait convenable d'instituer un impôt progressif pesant sur les familles les plus riches de la Vallée pour contribuer au fonctionnement des écoles. Pour terminer, il souhaite l'installation d'un poste d'émission de T.S.F. valdôtain.

Mr. l'Ing. Binel fait remarquer que les appointements des enseignants des écoles de hameaux sont tout-à-fait insuffisants. Mr. le Président observe à ce propos que dans le bilan on a alloué 55 millions pour l'instruction publique et qu'il est pourtant possible d'améliorer les appointements y compris ceux des enseignants des écoles de hameaux.

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La seduta è sospesa alle ore dodici e venticinque minuti e viene rinviata alle ore quindici pomeridiane.

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Si dà atto che la seduta è riaperta alle ore quindici e quindici minuti sotto la presidenza del Prof. Federico Chabod, con l'intervento di tutti i Consiglieri presenti alla riunione del mattino.

Riconosciuta la validità dell'adunanza, essendo presenti oltre i due terzi dei Consiglieri il Presidente dichiara aperta la seduta.

Prosegue la discussione sulle proposte enunciate dall'Assessore Avv. Page in tema di istruzione pubblica.

Mr. Manganoni est contraire, comme Mr. l'Avt. Caveri, à ce que l'on accueille dans le Collège les enfants réfugiés de la Vénétie Julienne. Il demande des renseignements à propos de l'élection des membres de l'Académie de Saint Anselme. Mr. l'Avt. Page donne les renseignements requis.

Mr. le Géomètre Arbaney propose l'amélioration des appointements des enseignants des écoles subsidiées et suggère que les frais pour les dites écoles soient à charge de l'Administration de la Vallée, sauf les frais pour l'ameublement des locaux, qui restent à la charge des Communes. Il propose aussi que la durée des écoles, dans les villages de haute montagne, ne dépasse pas les 140-145 jours par an. Il fait encore remarquer que les locaux affectés aux écoles ne soient pas loués par les Communes, durant l'été, afin d'éviter que le matériel didactique soit détérioré ou emporté. Il proclame la nécessité d'instituer la 6.me classe élémentaire, du moins quand le nombre des élèves dépasse la trentaine. Quant à l'école-ferme il observe qu'il serait bon, à l'égard de son fonctionnement, de s'uniformer, autant que possible, aux méthodes en usage dans les écoles de ce genre françaises et suisses.

Mr. Thomasset propose l'institution d'une "école hôtelière".

Mr. Chabloz est de l'avis que toutes les écoles soient classifiées et que l'on institue des écoles entièrement gratuites afin de permettre que tout enfant ait la possibilité de s'instruire. Il faut démocratiser l'école - affirme-t-il - ayant égard soit aux enseignants (parmi lesquels il y en a encore trop qui ont la mentalité fasciste), soit aux livres de texte.

Mr. le Colonel Ferrein insiste su la nécessité de la valorisation des écoles de hameaux: leur transformation en écoles classifiées porterait comme conséquence l'impossibilité matérielle de trouver les enseignants en nombre suffisant pour en assurer le bon fonctionnement, surtout dans les villages de haute montagne.

Mr. l'Ing. Binel demande que l'étude du français, surtout dans les écoles supérieures, comprenne aussi l'étude sur la dérivation de la langue française du latin, à travers le "patois". La Vallée d'Aoste est un pays de langue romande et il doit rester roman. Il rend hommage à la mémoire de l'Abbé Trèves et demande que son livre "Une injustice qui crie vengeance" soit reimprimé.

Mr. l'Avt. Caveri propose: 1°) la création d'une école professionnelle à type industriel, à Aoste, dans le but de former les quadres valdôtains pour l'industrie - 2) l'institution d'une "école ménagère". Il est d'accord avec Mr. l'Ing. Binel pour ce qui concerne le "patois" et suggère qu'on fasse lire des poésies en "patois" aux élèves des écoles élémentaires. Il attire l'attention du Conseil sur l'opportunité que l'on présente à Aoste des films parlés en français et propose que, dès que l'on constituera le musée de la Vallée d'Aoste au Palais Roncas, on demande à la ville de Turin la restitution des trésors d'art, jadis emportés, des châteaux valdôtains. Il suggère enfin d'instituer un Institut International de Hautes Etudes, où l'on tienne des cours de langue, de géographie alpine: quelque chose qui ressemble à l'école de Grenoble et qui comme celle-là dure les mois de l'été.

Mr. l'Avt. Page, a propos de théâtres et de cinémas, observe:

Quelqu'un avait suggéré de donner à Aoste des représentations théâtrales françaises: l'idée est magnifique.

Nous avons déjà eu dans la période précédente au fascisme des troupes locales d'amateurs qui ont joué des pièces française sur nos théâtres et dans nos collèges.

Espérons que ces sociétés philodramatiques renaissent au plus tôt; nous verrons ensuite, quand il sera possible, d'inviter tout à fait des troupes de théâtre françaises à venir jouer sur nos scènes.

Quant au cinéma, il faut espérer que des raisons politiques ne viennent pas empêcher à nos entrepreneurs de se mettre d'accord avec des maisons françaises ou suisses de film, pour projeter leurs chefs d'œuvres sur nos écrans.

La discussion terminée (tous les Conseillers y ont pris part), Mr. l'Avt. Page assure que l'on tiendra bon compte des observations faites. Le Conseil prend acte des déclarations de Mr. l'Avt. Page et, à l'unanimité, il approuve, en ligne de principe, les propositions relatives à l'Instruction Publique dans la Vallée d'Aoste.

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