Objet du Conseil n. 570 du 12 mai 2004 - Resoconto
OBJET N° 570/XII - Communications du Président de la Région.
Presidente - La parola al Presidente della Regione, Perrin.
Perrin (UV) - Les 28, 29 et 30 avril dernier, j'ai eu le plaisir et l'honneur de représenter notre Région lors des célébrations organisées dans la Voïvodie polonaise de Warmie et Mazurie à l'occasion de l'entrée de la République de Pologne dans l'Union européenne. Pour mesurer toute la portée de cet événement, il suffit de penser à l'importance historique que revêt cet élargissement de l'Union européenne pour les communautés locales des nouveaux pays adhérents, et notamment pour la Voïvodie de Warmie et Mazurie, qui a signé en 1999 un protocole d'accord et de collaboration avec la Vallée d'Aoste. Au cours des nombreuses rencontres institutionnelles avec les représentants de la Voïvodie et les autorités provinciales et communales, ainsi qu'avec une délégation de jeunes venus des 17 provinces de Warmie et Mazurie, j'ai réaffirmé le sens et la valeur que nous attribuons au lien qui nous unit et j'ai exprimé notre volonté de renforcer les rapports de collaboration entre nos deux régions.
Après la rencontre de Ollomont du 27 avril dernier, lundi 10 mai s'est déroulée à Epernay, en France, la deuxième phase de l'initiative "Fontina e Champagne". Le bilan de cette initiative est très positif, ayant permis de faire apprécier au niveau international les caractères d'unicité des deux produits, très liés au terroir et au savoir-faire spécifique des producteurs, et surtout de faire émerger la complémentarité entre eux. Le constat des potentialités de ce mariage entre notre fromage et le champagne a amené l'Assessorat de l'agriculture, ressources naturelles et protection civile et la "Moët et Chandon" à convenir de la volonté de poursuivre ensemble ce chemin de mise en valeur de nos produits, à travers de nouvelles initiatives futures qui seront étudiées en étroite collaboration.
L'Assesseur Fosson me prie aussi de donner lecture de cette communication sur la visite en Chine de la délégation valdôtaine:
"En 1995 le Président du Gouvernement régional de l'époque se rendait à Hangzhou et signait un accord de programme et de collaboration avec la région de Zhejiang; en 2002, une délégation chinoise de l'Université de Hangzhou, conduite par son président, arrivait à Aoste. Au cours des différentes rencontres avec les opérateurs sanitaires de l'hôpital et avec le public, elle illustrait les techniques propres à la médecine traditionnelle chinoise et les synergies possibles avec notre médecine. En 2003, une délégation valdôtaine dut renoncer à se rendre en Chine en raison de l'épidémie de syndrome aiguë respiratoire sévère, la Sars, qui sévissait. Ainsi, cette année, à l'occasion du Congrès international de médicine traditionnelle chinoise, on a organisé la visite.
Nous avons formé une délégation vraiment restreinte composée des représentants du Conseil, des responsables de l'Assessorat à la santé, des responsables de l'agence sanitaire et de l'Assesseur même. Le dr. Lupi, responsable de l'association d'Acupuncture et de l'Unité hospitalière qui s'appuie à cette technique nous accompagnait lui aussi. C'est en fait le véritable trait d'union entre la Chine et la Vallée d'Aoste du fait de ses nombreux voyages en Chine et de sa connaissance des hôpitaux chinois et des rapports étroits qu'ils entretiennent avec l'Université de Hangzhou.
Le groupe est arrivé à Shanghai et de là le groupe a poursuivi en autocar jusqu'à Hangzhou, qui se trouve 200 kilomètres plus au nord. Avant toute autre chose je voudrais dire que la Chine m'a surpris, j'ai été frappé par sa modernité, au niveau des trains allant à 430 km/h, des gratte-ciels dans tout Shanghai, des tours de 350 mètres de haut, une activité intense. Nous avons donc participé au Congrès international de médecine traditionnelle chinoise, je dois dire que l'accueil qui nous a été réservé a été exceptionnel. J'ai eu l'honneur de m'adresser au public juste après le discours inaugural du président Jiang Zemin et j'ai décrit la Vallée d'Aoste, ainsi que sa situation sanitaire pendant que des images des paysages valdôtains défilaient sur un écran.
Si je devais donner un avis technique sur ce congrès, je dirais avant toute autre chose que la médecine traditionnelle chinoise intéresse les grands pôles scientifiques, que sont les universités européennes et américaines, lesquelles étaient également présentes à ce congrès. La réflexion la plus importante est que l'acupuncture et la phytothérapie surtout alimentaire offrent très certainement de nombreuses synergies avec la médecine occidentale. L'Université de Stafford, en particulier, a présenté 5 cas de malades qui poursuivent une chimiothérapie pour le traitement du cancer et qui après les séances d'acupuncture n'ont plus eu des nausées, ni des douleurs. L'effet positif de l'acupuncture est également reconnu en ce qui concerne le traitement des douleurs musculaires, articulaires et inflammatoires.
Les jours suivants nous avons visité certains hôpitaux chinois, qui ne sont évidemment pas comme les nôtres, mais qui ne sont pas pour autant tellement en retard, toujours accompagné du groupe universitaire, ce qui nous a permis d'établir une confrontation sincère. Ce climat favorable à la collaboration et notre envie de nous comprendre nous ont permis d'aboutir à la signature d'un protocole d'accord entre nos deux réalités sanitaires, dans le grand salon de l'Université de Hangzhou. Cet accord formel qui portera ses fruits lorsque le Gouvernement régional l'aura ratifié, est en tout état de cause un point de départ significatif et intéressant.
A l'initiative du Conseiller Borre nous avons profité de cette occasion pour faire la promotion touristique de la Vallée d'Aoste, en présentant au public des films et des diapositives, car un pays comme la Chine, habitué aux grands nombres et qui s'ouvre peu à peu au tourisme, peut représenter une belle opportunité de développement".
J'ai reçu de la part des Conseillers Adriana Viérin et Claudio Lavoyer deux lettres; je crois opportun d'en donner lecture à cette Assemblée. Voilà celle de la Conseillère Viérin Adriana:
"Cher Président, le 30 avril prochain aura lieu l'audience pénale prévue dans le cadre de la procédure... ce qui est déjà arrivé. Je suis totalement innocente et le procès rendra justice à la rectitude et à la loyauté de ma conduite administrative dans le rôle qui était le mien, à l'époque. Néanmoins, et tout en comprenant les raisons et les intérêts pour lesquels le Gouvernement valdôtain entend se porter partie civile à mon égard, je me vois dans l'obligation d'enrayer tout soupçon à l'égard d'un conflit potentiel entre mes fonctions actuelles et les intérêts de la Région, dont entre temps je suis devenue Conseillère. Une loi injuste et, à mon sens, inconstitutionnelle, m'oblige donc à dédommager aujourd'hui la Région des dommages hypothétiques qu'elle pourrait avoir subis à son propre prestige, tout en n'étant nullement responsable d'après l'enquête pénale, ainsi que d'après l'expertise de M. Badellino des dommages patrimoniaux à l'égard de l'institution régionale. Je vous prie de faire état à l'adresse du Gouvernement, ainsi que du Conseil de la Vallée, des raisons de mon geste, en attendant que la justice puisse me blanchir définitivement des soupçons qui m'ont concernés. En vous remerciant pour votre attention et pour la parfaite impartialité avec laquelle vous avez accompli votre tâche en l'occurrence, je vous prie de croire, cher Président, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs".
La lettre suivante m'a été adressée par le Conseiller Lavoyer:
"Caro Presidente, come sai, il 30 aprile prossimo si svolgerà l'udienza di fronte al GIP del procedimento penale. Ho intanto preso conoscenza delle deliberazioni con cui la Giunta regionale ha dapprima incaricato l'avv. Sergio Badellino quale difensore di persona offesa dal reato e successivamente determinato i criteri per il risarcimento dei danni che ritiene possano esserle stati procurati. Sono personalmente convinto che le accuse mosse nei miei confronti si riveleranno del tutto infondate e che il dibattimento potrà dare conto dell'assoluta correttezza con cui ho agito in queste circostanze, come in tutto il resto della mia attività politica e amministrativa. D'altra parte è anche noto come, per una legge iniqua di dubbia costituzionalità e risalente a oltre 40 anni or sono, la costituzione di parte civile nei confronti di un Consigliere eletto può provocare una potenziale "litis pendenza", determinando condizioni di dubbia legittimità dello svolgimento mandato elettivo che mi è stato rinnovato dagli elettori, pur in presenza di un micidiale attacco mediatico e di voci calunniose nei miei confronti nelle elezioni regionali del 13 giugno scorso. Per quanto mi riguarda, ho svolto e svolgo il mio mandato con scrupolo e in coscienza, non ritengo giusto essere esposto a questa situazione. Nondimeno, nessuna alternativa mi permette di conciliare diversamente la difesa delle mie ragioni e lo svolgimento del mio mandato, se non quella di eliminare in radice la causa di un possibile conflitto di interesse con la Regione. Mi sono perciò determinato, anche se a malincuore, a compiere il gesto di risarcire alla Regione Valle d'Aosta, sulla base dei criteri indicati dal suo legale, dell'intero ipotetico danno, tanto materiale quanto di immagine, oltre ad ogni accessorio, pur di rimuovere ogni causa di potenziale conflitto in cui verserei nei suoi confronti. Per queste ragioni e con questo spirito rimetto a mani dell'Amministrazione l'intera somma conteggiata dal Dipartimento legislativo e legale, certo che la sede processuale sarà comunque in grado di provare la mia innocenza e la lealtà del mio agire di amministratore pubblico. Con sincera stima, Claudio Lavoyer".
Presidente - Sulle comunicazioni del Presidente, la parola al Consigliere Pastoret.
Pastoret (UV) - Lundi 10 mai le juge pour l'audience préliminaire a accueilli la requête de renvoi en jugement pour les collègues Lavoyer et Viérin Adriana, et pour le Président Dino Viérin. La première audience a été fixée pour le 29 septembre prochain.
Tout d'abord, je souhaite aux personnes intéressées de pouvoir démontrer leur totale innocence quant aux faits desquels ils sont accusés. Je le souhaite, je l'espère et je suis aussi convaincu qu'à la fin ils seront acquittés et si cela se vérifiera - comme je le pense -, j'espère que quelqu'un sache et puisse faire acte de contrition par rapport à tout ce qui a été dit et écrit au cours de tout ce temps. Pour le moment je prends acte, avec grande satisfaction que, pour ce qui est de la soi-disant "affaire des expositions", ni le Président Viérin, ni Adriana Viérin, qui avaient là des accusations sur eux, ont été renvoyés en jugement. Il est bien de rappeler qu'il ne s'agit pas là de prescriptions ou d'insuffisance d'épreuves. Si mes informations sont bonnes - et d'habitude elles le sont - c'est le Ministère public lui-même qui a demandé de ne pas poursuivre en jugement Viérin Adriana et Dino Viérin pour ce qui concerne l'activité des expositions.
Il me semble donc juste prendre acte aujourd'hui que tous les théorèmes concernant la soi-disant pourriture de cette activité était bel et bien non pas infondée, mais inexistante! J'en ai toujours été sûr, mais dans certaines situations ce que nous pensons ne vaut à rien, malgré nous et malgré tout c'est ce que pensent les gens, ce sont les jugements "a priori" qui font l'état des choses.
Le peu de temps ne me permet pas de faire la liste des titres et des contenus des médias de l'époque, qui avaient déjà en grande mesure condamné, non seulement les personnes que je viens de citer, mais aussi celles que quelqu'un aurait voulu voir impliquées davantage, dans je ne sais pas quelle sale affaire!
Je veux profiter de cette occasion pour remettre à l'attention de tout le monde deux éléments.
Le premier, d'abord, la parfaite honnêteté des fonctionnaires et des personnels de l'Assessorat de l'éducation et de la culture, s'étant occupés dans les années prises en examen des expositions. Je veux leur rendre hommage comme je me l'étais promis et comme je le leur avais promis. Je veux rappeler comme, malgré les temps difficiles, malgré les nombreuses tâches, ils se soient aussi activés pour donner les réponses dues à toutes les questions surgissant de cette Assemblée sur ce thème et aux requêtes de tout genre des différentes commissions d'enquête. Je les remercie, je les félicite pour leur dévouement à l'Administration et, permettez-le moi, je m'excuse avec eux pour le peu de confiance dont l'Administration leur a fait épreuve dans ces tristes jours.
L'autre question concerne plus directement la politique et les fonctions que nous sommes appelés à remplir ici. Le 18 décembre 2002 le Président de l'Assemblée régionale donna lecture de la lettre de démission du Président de la Région Dino Viérin, une lettre que je voudrais vous relire:
"M. le Président, toute activité ou action de gouvernement exige une condition d'objective sérénité surtout politique; c'est ainsi que nous avons toujours œuvré au cours de ces années, dans le but précis d'assurer le développement et le bien-être de la communauté valdôtaine. A l'heure actuelle cette condition semble comprise par un climat de suspicion, qui se répercute inévitablement sur les institutions. Aussi s'avère-t-il impérieux de sauvegarder l'objectif prioritaire du déroulement correct des fonctions institutionnelles, qui ne doivent en aucun cas être influencées par l'affaire judiciaire en cours, même si je suis convaincu de pouvoir bientôt démontrer que je suis étrange à cette affaire et éprouver ma bonne foi, j'estime nécessaire et responsable de garantir le plein fonctionnement et en toute sérénité de la Région, en séparant ma position personnelle et en remettant toutes décisions aux instances politiques et institutionnelles naturelles. A cet effet j'ai décidé de donner ma démission et de remettre au Conseil de la Vallée le mandat de Président de la Région autonome de la Vallée d'Aoste".
Malgré ce message honnête, d'un homme honnête tel que vous le saviez bien l'avoir été, le Président Viérin, nous avions pris acte, à l'époque, de ces démissions sans rien dire.
"Un atto dovuto, on disait dans cette salle, la giustizia farà il suo corso... bisogna prendere atto che il Presidente ha dato fiducia a persone sbagliate e ne deve trarre delle conseguenze"! Il y aurait plein de choses à dire, en relisant les comptes rendus du Conseil de l'époque, ce n'est pas la peine d'y revenir. Certes, reste - comme je le disais - le thème politique et il m'est obligatoire de rappeler qu'à l'époque non seulement un gouvernement, mais aussi une majorité, avait chuté. Je regrette qu'il y ait eu alors un sens d'abandon de la part de la politique et c'est pour ce sens d'abandon que M. Viérin avait démissionné. Je pense que ces épisodes devraient bien nous faire réfléchir pour le futur et que nous, qui militons dans la politique, nous apprenions que la politique elle doit avoir de la noblesse et de l'honnêteté intellectuelle, sans quoi on est et on reste démuni face à des faits tels que ceux que je viens de rappeler.
Je termine en disant que nous devons tous regretter de ne pas avoir su nous battre à l'époque, pour sauvegarder non pas des privilèges, mais des principes lorsqu'il était temps de le faire, mais peut-être voir mourir le "vieux lion" était préférable qu'affirmer des principes et la faute que nous avons faite à l'époque personne ne pourra la récupérer!
