Oggetto del Consiglio n. 270 del 26 novembre 2013 - Resoconto
OBJET N° 270/XIV - Interpellation: "Attribution de financements pour le soutien de l'activité des bibliothèques valdôtaines pour l'année 2014".
Président - Pour l'illustration, la parole à la collègue Morelli.
Morelli (ALPE) - Merci Madame la Présidente.
Nous allons terminer la matinée sur un argument qui, de temps en temps, revient au sein du Conseil régional. L'argument est les bibliothèques régionales, le système des bibliothèques et la bibliothèque régionale. C'est un argument qui, de notre point de vue, est un argument important. Le système bibliothécaire valdôtain, qui est né il y a à peu près quarante ans, est un exemple dans le panorama bibliothécaire italien et même à niveau plus international. Ce système bibliothécaire a été réglé par la loi de 1992, une loi qui a abrogé une loi précédente qui datait de 1976, donc c'est vraiment une tradition dans le panorama culturel valdôtain. Depuis lors soit l'Administration régionale, soit les administrations communales ont toujours investi beaucoup dans ce secteur, ont toujours fait des efforts pour que ce domaine grandisse, s'améliore, prenne toujours plus de place dans le monde culturel valdôtain que ce soit strictement dans le prêt du livre, mais également dans le fait de proposer à la population des activités culturelles, des cours de formation et un tas vraiment d'autres activités. Or, nous avons appris qu'il y a ce bruit qui court et qui inquiète beaucoup d'opérateurs du secteur, mais non seulement, il y a un bruit qui court, il paraîtrait que pour l'année 2014 seraient prévues d'importantes réductions de financement pour le soutien de l'activité des bibliothèques, touchant même à l'acquisition des documents, à l'acquisition des livres, ce qui voudrait dire...on pourrait comparer cette réduction à une boulangerie qui ne pourrait plus proposer du pain frais, mais qui devrait se contenter de proposer du pain sec, du pain vieux. Nous croyons que la diminution de la disponibilité financière ne devrait pas aller compromettre, ne devrait pas aller peser trop lourdement sur ce système, sur ce service, qui est le fruit de politiques poursuivies avec persévérance et prévoyance par l'Administration régionale au cours de quatre décennies.
Lors de l'audition de l'Assesseur Farcoz en Commission en préparation de la discussion sur le budget ces données ont été demandées, nous n'avons rien reçu et donc, voilà, nous nous approchons à la discussion du bilan...du budget pardon, et nous ne disposons pas encore de ces données, donc nous les demandons directement, nous voulons savoir quel est le montant du financement attribué pour l'année 2014, partagé selon...la bibliothèque régionale et les bibliothèques du territoire et, comme vous êtes un Assesseur tout frais et tout nouveau, nous avons tout l'intérêt à vous interroger pour savoir quelles sont les intentions du Gouvernement et, en particulier, vos intentions quant à l'avenir du système bibliothécaire régional. Pendant ces dernières années il y a eu quelques problèmes, des bibliothèques ont fermé, donc nous avions imaginé que la loi de 1992 aurait dû être actualisée, aurait dû être modifiée, justement pour se conformer à l'évolution de la situation. Nous n'en savons rien, donc nous vous demandons, Assesseur, quelles sont vos intentions quant à l'actualisation de cette loi et quant à l'avenir en général du système bibliothécaire.
La troisième question puis est une question qui dérive du fait que le service des bibliothèques doit être un service qui adhère aux exigences des citoyens le plus possible, même pour ce qui est des horaires d'ouverture, plusieurs bibliothèques communales offrent aux citoyens des horaires même le soir et même dans des journées fériées. La question donc est très directe: nous vous demandons si vous estimez utile et praticable la possibilité de prévoir l'ouverture de la bibliothèque régionale même le soir et dans certains jours fériés, ceci pour donner la possibilité à plus de monde de fréquenter cette structure, qui représente sûrement une excellence de notre région, ainsi que tout le système des bibliothèques régionales.
Président - Pour la réponse, la parole à l'Assesseur Farcoz.
Farcoz (UV) - Oui, merci Madame le Président.
Les bruits ne sont pas tout à fait corrects parce que l'intention du Gouvernement régional et d'augmenter le montant du crédit pour les financements destinés aux bibliothèques du système régional aux termes de la loi 28 par rapport au budget 2013, en raison aussi d'une tendance à une augmentation de l'utilisation des services offerts par les bibliothèques sur le territoire dans toute la région. Augmentation qu'on a pu constater dans de nombreux cas en Italie et ailleurs liée à la crise économique et à la diminution des dépenses pour la consommation, une situation qui pousse les gens à utiliser d'avantage les services publics gratuits. Les crédits affectés à l'achat de documents à fournir aux bibliothèques en exécution des conventions stipulées avec les collectivités locales aux termes de la loi citée se chiffreront donc globalement pour l'année prochaine à 391.800 contre les 304.000 de cette année. Conformément aux années précédentes, cette somme sera partagée entre la bibliothèque régionale Bruno Salvadori d'Aoste, les bibliothèques de zone et les bibliothèques communales selon les critères de partage consolidés depuis la constitution du système, qui tient compte du nombre d'habitants, du nombre d'inscrits de chaque collectivité locale, de la capacité de dépense, de la nature des collections, chaque bibliothèque du territoire a une sorte de spécialisation dans un domaine donné, et, éventuellement, des exigences particulières. En raison des caractéristiques de chaque bibliothèque du système, la fourniture des documents aux structures régionales et communales est basée sur des proportions qui varient selon le type des documents fournis. Pour ce qui est des livres, qui représentent la dépense la plus importante, on prévoit pour le 2014 une dépense de 300.000 euros au total contre les 255.000 de cette année, donc le 30 pour cent destiné aux achats pour la bibliothèque d'Aoste et du 15 au 20 pour cent environ aux bibliothèques de zone et, enfin, du 50 au 55 pour cent pour les bibliothèques communales.
Pour ce qui est du second point, depuis plusieurs années la question se pose à la réforme du système valdôtain des bibliothèques et, jusqu'à présent, cette problématique n'a pas trouvé les débouchés dans la proposition d'un dessin de loi, bien que dans la législature précédente elle fait l'objet d'un travail d'approfondissement qui a vu la participation des structures régionales compétentes du CELVA et l'Association italienne des bibliothèques. La difficulté de trouver une sorte de formule aboutissant l'amélioration d'un système, qui en tout cas a démontré jusqu'à présent d'être fonctionnel, trouve ses raisons lointaines dans les processus de formation du système lui-même qui s'est développé à partir du 1976 de manière spontanée en se basant sur une législation régionale très favorable à l'installation des bibliothèques sur tout le territoire sans pour autant prévoir des mécanismes de coordination et des règles communes. Cela a permis la naissance d'un grand nombre de bibliothèques qui ont joué et jouent toujours un rôle important d'agrégation sociale, particulièrement dans les communes les plus petites. Par la loi régionale 28 du 1992, la Région a essayé de mieux règlementer cette matière en imaginant un mécanisme fondé sur des sous-systèmes correspondant aux Communautés de montagne, mais les réalités locales très différenciées, le choix politique successif et l'évolution de la législation régionale n'ont cependant pas permis que ce système puisse être pleinement à régime. De plus, la réforme du système des autonomies locales réalisée par la loi 54 du 1998 et la première loi régionale du 2002, en attribuant aux collectivités locales les compétences en matière de gestion des services publics de lecture, a transféré à son tour aux Communes la responsabilité d'instituer, maintenir ou supprimer leurs propres bibliothèques en pleine autonomie, ce qui a ultérieurement réduit les possibilités pour la Région d'intervenir concrètement dans les choix locaux en cette matière. Les difficultés financières actuelles ont déjà entraîné des conséquences sur la gestion des structures et sur l'affectation du personnel communal, notamment sur les responsables des services bibliothécaires et des solutions diverses ont été concrétisées avec l'assistance des services régionaux compétents quand elle a été requise, par exemple, en confiant aux bibliothèques de Communes différentes un seul bibliothécaire, ce qui se passait dans les Communes de Valpelline, de Roisan, Ollomont et Doues, la constitution d'un consortium prévoyant une seule bibliothèque intercommunale avec des succursales éventuelles.
À l'heure actuelle, la diversité des situations, qui est la conséquence de la manière dont se sont constituées les différentes bibliothèques, ainsi que l'hétérogénéité des exigences locales, empêchent de cristalliser dans un nouveau texte de loi un projet d'avenir crédible. Le bon sens suggère en tout cas d'attendre que la situation actuellement en évolution se stabilise avant de songer à élaborer des nouvelles normes, qui, d'un côté, doivent être liées aux normes de caractère général du système des communautés locales valdôtaines et de son évolution et, de l'autre, qui risqueraient de répondre, peut-être, positivement à des exigences immédiates, mais qui pourraient se révéler inefficaces à moyen et à long terme, tout en considérant aussi le fait que les nouvelles technologies sont en train de provoquer des transformations profondes dans le concept même de lecture publique et qu'il faut donc raisonner, d'ores et déjà, dans une perspective de service à distance, voire à domicile, et d'accès par voie télématique, même en ce qui concerne les services de lecture publique. Sans oublier, pour autant, que les bibliothèques territoriales ne sont nullement des simples distributeurs de livres, mais elles constituent, dans les petites communautés surtout, des centres d'agrégation sociale importants et même points de repère pour l'intégration des vagues de migration provenant désormais de tous les Pays du monde.
Pour ce qui est du point 3, la bibliothèque régionale d'Aoste est ouverte normalement 55 heures par semaine et, pour ce qui est de l'utilité de prolonger l'ouverture le soir et les jours fériés et surtout sa praticabilité, il faut rappeler que des essais ont déjà été faits dans le passé sans obtenir des résultats particulièrement positifs. L'ouverture pure et simple le soir en deux ou trois occasions n'a eu aucun succès, mais il faut évidemment compter le fait que les habitudes se créent lentement. Par contre l'ouverture prolongée liée à des événements particuliers, comme, par exemple, La Nuit des chercheurs, organisée il y a quelques années, a vu un bon afflux de visiteurs, bien que non exceptionnel. Le problème se pose donc en des termes d'estimation des coûts par rapport aux bénéfices, compte tenu de la tendance actuelle, à laquelle nous devons forcément nous aligner, de la réduction de la dépense publique et de l'impossibilité d'augmenter le nombre des employés, voire à l'obligation de les réduire par la limitation des nouvelles embauches. Cela dit, il est évident que l'augmentation des heures d'ouverture de la bibliothèque régionale d'Aoste surtout dans les jours fériés devient difficilement envisageable. Par contre, il est souhaitable d'activer un système automatisé de prêt et de restitution permettant aux usagers d'être servis 24 heures sur 24.
L'aspect du bénévolat est sûrement intéressant vu qu'il s'agit d'une activité qui en Vallée d'Aoste donne toujours des excellents résultats dans nombre de secteurs de la vie sociale et économique, de l'aide social à la protection civile, au tourisme. Dans le domaine culturel aussi on peut citer l'exemple de l'Association Chiese aperte, qui déploie une activité méritoire de promotion de notre patrimoine culturel et qui a collaboré activement cette année avec notre Assessorat pour la gestion de l'exposition Prêtres, évêques, abbés dans le cadre de l'initiative Des Saints et des hommes, ainsi que des bénévoles qui prêtent déjà leur collaboration à des bibliothèques communales. Il est cependant opportun de rappeler que la profession de bibliothécaire, comme toute autre profession, a des contenus techniques qui ne peuvent pas être banalisés. Il est possible et même souhaitable que des bénévoles collaborent avec les bibliothèques pour la gestion des salles de lecture ou pour l'organisation de manifestations culturelles. On ne peut pas songer à remplacer les bibliothécaires par des bénévoles dans les tâches essentielles de la profession. Pour ce qui est du bénévolat, donc bien sûr nous sommes d'accord, mais on doit tenir compte que le bibliothécaire est une profession avec des qualités techniques pas indifférentes, vous le comprenez bien, et donc je crois qu'on ira dans cette direction en regardant aussi les exemples qu'il y a en Italie, mais on doit faire des évaluations plus approfondies pour mener en avant cet aspect du bénévolat. Merci.
Président - Pour la réplique, la parole à la collègue Morelli.
Morelli (ALPE) - Merci Madame la Présidente.
Assesseur Farcoz, les bruits qui courent parfois se trompent, mais parfois ont aussi un effet bénéfique et parfois obtiennent même le résultat d'éviter que l'on prenne des décisions impopulaires et incorrectes. Je prends donc acte avec faveur du fait que pour l'année prochaine le financement pour les bibliothèques sera augmenté, ce qui est le signe d'une attention particulière de votre part et que je ne peux qu'apprécier, ainsi que je ne peux que partager toute votre exposition quant à la fonction, quant au rôle de la bibliothèque régionale et des bibliothèques communales de la Vallée d'Aoste. Évidemment, vous avez bien raison, c'est dans les moments de crise que ces institutions deviennent plus précieuses et plus utiles et, donc, il est bien de les soutenir.
Quant au fait que, d'après vous, il est nécessaire de rédiger une loi dans le moment où la situation sera stabilisée, et bien là je crois que c'est l'inverse du parcours qu'il faudrait faire. Je crois que c'est d'abord à travers une loi que l'on essaie de gouverner et d'accompagner un changement, d'accompagner une évolution. Je crois que les changements qui sont en train de se produire dans le système bibliothécaire, dans les bibliothèques du territoire essentiellement, sont très clairs et il faudrait, de notre point de vue, intervenir même du point de vue législatif et ne pas laisser que la situation précipite, ne pas laisser que la situation évolue de manière spontanée. Je crois que c'est exactement le contraire: le rôle de la politique, le rôle du législateur est celui de décider comment accompagner l'évolution, comment gouverner ce système, ainsi que cela vaut pour tous les autres domaines. Je reste donc de l'avis que vraiment il faudrait travailler en ce sens, en faisant un groupe de travail qui puisse donner la possibilité à tous les acteurs de s'exprimer, que ce soit aux professionnels, que ce soit aux administrateurs des Communes, que ce soit évidemment à l'Assessorat et à la Dirigence de la bibliothèque régionale, mais il faut faire une réflexion là-dessus, il ne faut pas attendre que la situation précipite. Il faut vraiment se poser le problème, se poser face à la réalité et essayer de donner les réponses les plus adéquates et les mieux répondant à la situation actuelle. Je vous remercie donc pour votre réponse, mais en ce sens je ne suis pas satisfaite.
Pour ce qui est de la troisième question, évidemment l'on ne peut pas confier seulement aux bénévoles l'ouverture d'une bibliothèque, surtout d'une bibliothèque comme la bibliothèque régionale, mais je crois que là aussi l'on puisse travailler avec le bénévolat, comme vous l'avez dit, cela a déjà été fait dans d'autres situations pour d'autres événements culturels et donc essayons là aussi de former les bénévoles pour que une collaboration plus étroite puisse se produire dans le futur. C'est un argument qui m'est particulièrement à c?ur comme je crois vous pouvez le comprendre et je vous assure ma participation et ma collaboration au cas où vous voudrez porter le problème à l'intérieur de la Ve Commission. Je vous remercie.
Président - Merci. Collègues, vu l'heure, on peut?à 15 heures et 15 minutes il y aura la réunion des Chefs de groupe, après à 15 heures et 30 minutes il y aura la reprise des travaux. Merci.
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La séance se termine à treize heures et trois minutes.
