Oggetto del Consiglio n. 95 del 21 aprile 1967 - Verbale

OGGETTO N. 95/67 - Bando di concorso per la redazione di un libro di testo in lingua francese per le Scuole medie superiori della Valle d'Aosta. (Rinvio)

L'Assessore DUJANY dichiara quanto segue:

"Il s'agit d'ouvrir un concours public pour la rédaction d'un ouvrage de géographie, d'histoire et de législation administrative à l'usage des élèves des Écoles moyennes secondaires en Vallée d'Aoste. L'Administration pense de donner une prime aux premières trois œuvres classées, de nommer une Commission pour l'examen de ce travail, de fixer l'échéance au mois de mars 1968 et, ensuite, l'Administration se réserve la propriété exclusive des ouvrages primés.

Dans le troisième point, dans l'annexe distribué aux Conseillers, on n'a pas été précisé le montant; je proposerai comme montant quatre millions, trois millions et deux millions".

Il Consigliere ANDRIONE dichiara quanto segue:

"Je dois dire que je suis très perplexe sur l'initiative en elle-même, quitte à faire acte de me repentir si par hasard elle avait des résultats positifs; cependant, on sait que dans les concours de ce genre - et on en a maintes preuves même en d'autres matières - en général ce ne sont pas les gros calibres qui concourent; malheureusement c'est très souvent, c'est un peu le déchet, comme on dit, qui se présente avec les œuvres en général absolument insuffisantes, avec le risque d'embêter et de ne pas poursuivre ce que l'on désire; en tout cas c'est une expérience qu'on peut faire; ce qui est le plus préoccupant, à mon sens, et là où je voudrais faire les propositions concrètes, c'est le point n° 4.

Je ne voudrais pas passer pour celui qui est contre les Professeurs de l'Université, c'est vraiment excessif; d'autant plus que, pour ce qui concerne la géographie physique de la Vallée d'Aoste il n'y a pas besoin de déranger un gros bonnet pour savoir si le livre est à la hauteur, oui ou non de ce que nous demandons, puisqu'il s'agit d'une chose pour les Écoles secondaires supérieures, si vous voulez, mais en tout cas, d'un tel niveau qu'il peut être jugé sans besoin d'avoir un Professeur d'Université; de même pour ce qui concerne le point c), la législation administrative comme vous dites - et que mieux il faudrait dire constitutionnelle, du moins, autonome - de la Région Valdôtaine. Il n'y a pas besoin de déranger un Professeur de droit pour établir si ce texte scolaire est à la hauteur oui ou non, d'autant plus qu'on sait - ce n'est pas moi qui le dit, mais enfin ce sont des choses normales - que trop souvent les Professeurs d'Université ont des poulains, comme on dit, et il vaut mieux ne pas exagérer chez nous dans ces manifestations de népotisme, pour ne pas dire d'autres paroles plus fortes. Moi je proposerai que si l'on veut laisser un Professeur d'Université, qu'on laisse un Professeur d'histoire, là où effectivement la matière est vaste et difficile, puisqu'elle doit être coordonnée avec l'histoire générale de l'Europe à ce moment, mais qu'on enlève les deux Professeurs d'Université: ils sont très chers, plus chers que ce qu'ils produisent comme travail.

Cela dit, nous demanderions, en même temps, que dans ce jury il y ait une plus grande représentation des grandes expressions de la culture locale, parce qu'il y a un peu trop peu de représentants valdôtains, de l'endroit. Je ne sais si par exemple on ne pourrait pas demander à l'Académie de St. Anselme, ou à un autre organisme de ce genre, d'être représenté dans ce jury, vraiment comme représentant d'une culture locale et de valeur locale, alors qu'ici il s'agirait un peu trop d'un concours qui est, du point de vue valdôtain, dépersonnalisé, un peu trop technique sur ce plan. Comme cela, nous, nous demanderions que ce soit au contraire un jury qui juge les différentes œuvres présentées aussi d'un point de vue purement local, et de rapport entre ce que nous demandons et ce qui doit effectivement être enseigné. C'est cela.".

Il Consigliere CAVERI dichiara quanto segue:

"Je me permets de dire que les ouvrages d'histoire et de géographie, à l'usage des Écoles qui existent actuellement, sont un triste témoignage de la décadence intellectuelle qu'il y a chez nous, comme il y a ailleurs, soit dans le Clergé, soit dans les professions libres. Je me demande combien de Prêtres il y a encore dans le Clergé qui s'occupent de l'histoire valdôtaine ou des questions qui nous concernent et combien d'Avocats il y a encore, ou de Médecins, ou d'Ingénieurs qui s'occupent, je ne sais pas, d'humanisme ou de quelque chose comme ça. Il n'y a que le portefeuille, il n'y a que la préoccupation de gagner beaucoup d'argent et tous les systèmes sont bons. Alors il n'y a pas à s'étonner si ces livres, finis dans les mains de nos enfants, ce sont des livres à un tel niveau qui nous font faire une bien triste impression en matière de culture et d'intellectualisme. C'est pour cela que je me réjouis que l'Assesseur Dujany ait eu la bonne idée de prendre une initiative en cette matière.

Si cependant je suis d'accord dans la question générale, dans l'idée en elle-même je ne suis pas d'accord sur certains points.

Avant tout il faudrait aussi dire, entre autres, à mon avis - et celle-ci est une chose secondaire, je dirai après quelles sont les questions principales -, qu'il faudrait préciser un peu mieux les conditions de ce concours, parce qu'autrement celui qui doit écrire un livre de ce genre ne sait pas bien comment l'écrire, quelles sont les intentions de l'Assesseur, quelles sont les intentions de l'Administration régionale.

Par exemple, ce livre, est-ce qu'il doit être illustré ou non? Parce qu'il pourrait arriver que quelqu'un écrive un texte excellent comme rédaction du texte lui-même; il y en a un autre qui présente un texte plus enfantin, riche d'illustrations et voilà qu'on dit: "il est mieux celui-là parce qu'il y a des illustrations". Celui qui doit écrire un ouvrage doit alors savoir comment il doit le faire: si le livre doit être illustré ou non.

Ensuite il y a la question soulevée par Andrione, et moi je suis plus extrémiste que lui sur le point des Professeurs universitaires. Personnellement je suis contraire à ce qu'il y ait des Professeurs universitaires dans cette Commission, parce que c'est un livre de géographie locale, mais si vous irez nommer un Professeur nationaliste il voudra que ce livre dise à chaque chapitre: "Viva l'Italia, Viva Vittorio Emanuele II, Viva Garibaldi" et des choses pareilles. Donc je crois que Berthet n'a pas oublié que - parce qu'alors c'était lui l'Assesseur à l'Instruction Publique - quand on a fait le Congresso di Storia Subalpina, il y a eu des Professeurs d'Université, considérés comme des grands maîtres de l'histoire, qui sont venus dire à Aoste des âneries plus grosses qu'eux; il y a eu Niccolò Rodolico. Moi personnellement, au Gymnase, au Lycée, j'ai étudié l'histoire sur Niccolò Rodolico et j'avais une certaine estime de ce Professeur, mais qu'est-ce qu'il a eu le courage de dire? Il parle d'Humbert aux Blanches Mains et il dit: "Umberto Biancamano ha cacciato dalla Valle d'Aosta l'usurpatore francese", mais où il a vu cela, où a vu cela Monsieur Rodolico?

Ce sont des choses énormes, parce que, en tout cas, Umberto Biancamano est le premier dans la Maison de Savoie qui est arrivé à Aoste et certainement que cet individu parlait en français, ou si pas en français, dans une langue romane qui était le premier noyau, le premier embryon de la langue française; mais Rodolico a dit cela, que: "Umberto Biancamano ha cacciato dalla Valle d'Aosta l'usurpatore francese". Et moi, je m'attendais que Monsieur Bondaz, comme Président de la Junte, et Monsieur Berthet, comme Assesseur à l'Instruction Publique sautent en haut et disent: "mais Monsieur le Professeur, vous êtes en train de faire de la falsification de l'histoire valdôtaine, vous manquez de probité intellectuelle", mais ni Monsieur Bondaz, ni Monsieur Berthet hanno fatto un piega - comme on dit dans le langage vulgaire -, ils n'ont rien dit. Et alors, attention aux Professeurs universitaires, fatalement les Professeurs universitaires ont une mentalité nationaliste et, par conséquent, s'il y aura un livre à tendance nationaliste c'est celui qui aura le premier prix, il risque d'arriver ceci.

Puis rappelons-nous ce que sont devenus les Universités italiennes où il y a des phénomènes de mafia qui sont impressionnants. Pensez à la question delle libere docenze, il y a des faits scandaleux, il y a un fait scandaleux qui nous touche aussi de près, en Vallée d'Aoste. Je ne sais pas s'il nous touche de près en Vallée d'Aoste; je ne sais pas si nous nous occuperons, nous les Conseillers d'opposition, de ces faits, on arrive à faire des certificats faux en disant qu'un certain candidat à la libera docenza a fait des choses qu'il n'a pas faites parce qu'il ne pouvait pas les faire; et alors attention avec ces Professeurs universitaires! Moi avec cela je ne veux pas jeter la croix sur les Professeurs universitaires, parce qu'il y en a certains qui sont dignes; nous-mêmes nous avons eu des maîtres excellents, il me suffit de penser à un Francesco Ruffini, ou à un Sénateur Cattaneo, à un Sénateur Einaudi, à un Achille Loria; certes il y a eu et il y a encore, bien que moins, de hautes Autorités culturelles éminentes dans le monde universitaire, mais pourquoi mettre trois Professeurs universitaires dans cette Commission? Remplaçons-les avec des personnalités de la culture valdôtaine! Moi je ne voudrais pas faire des noms, mais je ne sais pas, s'il y avait quelqu'un comme Monsieur Colliard, qui est le Directeur des Archives historiques, il saurait juger les ouvrages de géographie et d'histoire valdôtaine autant qu'un Professeur universitaire.

Une autre considération: je ne sais pas si c'est bien de vouloir unifier dans le même livre la géographie, l'histoire et le droit. Pour ce qui concerne le droit, c'est juste ce qu'a dit Andrione: il ne suffit pas de parler de droit administratif, il faut aussi parler de droit constitutionnel; mais, à part cela, où peut-on trouver la même personne qui puisse être en même temps un Géographe, un Historien et un Juriste? Et alors nous voyons sortir des petits fricandeaux où il y a un peu un sandwich, où il y a la tranche de géographie, la tranche d'histoire et la tranche de droit; alors on voit sortir de nouveau un livre comme nous en avons vus malheureusement dans les mains de nos enfants, livres d'histoire valdôtaine qui sont vraiment lamentables. Il me semblerait donc plus opportun faire un concours pour des livres séparés: un livre de géographie, un livre d'histoire et un livre de droit, ce serait beaucoup mieux.

Je ne sais pas ce que dira l'Assesseur Dujany de ce que nous sommes en train de lui énoncer; notre question principale serait celle de séparer la géographie de l'histoire et du droit, en premier. Si on ne veut pas accepter cette idée, au moins il faudrait indiquer aussi aux candidats, à ceux qui veulent écrire ces monographies, ces livres, quelles sont les proportions des différentes matières, quelle ampleur doit avoir dans le livre la géographie, quelle ampleur doit avoir l'histoire, quelle ampleur doit avoir la discussion sur les thèmes juridiques, parce qu'évidemment le thème de l'histoire par exemple est beaucoup plus vaste que celui de la géographie. Il y a beaucoup de choses à dire sur la géographie valdôtaine, mais quand même il y en a beaucoup de plus à dire sur l'histoire, parce que il y a au moins 3.000 ans d'histoire, n'est-ce pas?

Et puis il y a une autre chose importante sur la Commission: je demande, nous demandons que cette Commission monocorde où il n'y a que des Chanoines, des Abbés ou des Religieuses de St. Joseph... parce que vous savez, pendant trop longtemps on a raconté l'histoire valdôtaine comme celui qui a fait le livre "I grandi valdostani", mais dans ce livre, selon son auteur - avec lequel j'étais d'autre part ami et j'ai toujours été en bonnes relations - il n'y a que des Chanoines et des Prêtres là-dedans! Alors, je ne sais pas, nous avions publié ce livre sur Charles-Frédéric De la Pierre, par exemple, qui est un écrivain assez éminent et je ne sais pas pourquoi on n'a pas distribué ce livre aux Conseillers avec... mais bref, de cet individu-là il y a un livre qui a été imprimé par nous "Nouvelles et récits de Charles-Frédéric De la Pierre", vous pouvez le demander à Monsieur Martin, il l'a en haut, dans ses armoires... voyez-vous, par exemple de ce personnage-là on n'a jamais parlé, mais pourquoi? Parce qu'il s'agissait d'un Libéral et alors les Cléricaux avaient l'histoire de la Vallée d'Aoste dans leurs mains, il ne fallait pas parler des Libéraux. Je crois que là-dessus au moins Monsieur Pedrini me donne raison, bien qu'il s'agissait d'autres Libéraux... Voilà les différentes questions que je voulais vous poser.

Une autre question: qu'est-ce qu'on veut faire de ce livre? Est-ce qu'on veut faire une espèce de livre d'État obligatoire pour tous les enfants? Cela serait dangereux, il faudrait l'exclure dans les conditions, quand même, ou mieux, dans la délibération du Conseil il faudra quand même dire que les Instituteurs et les Professeurs sont libres de faire acheter ou de conseiller à leur enfants les livres qu'ils veulent, parce que je ne voudrais pas que ce livre devienne un livre obligatoire...

Voilà quels sont les motifs de perplexité que nous avons: ce ne sont pas même des raisons de perplexité, parce que nous avons des idées précises sur ce point, c'est-à-dire: nous sommes d'accord sur l'idée en général et sur les initiatives, mais quand même il y a quelque chose à modifier. J'insiste que la Commission ne soit pas composée par des Professeurs universitaires mais par des personnes éminentes de la culture valdôtaine; ces personnalités ne manquent pas et, surtout, j'insiste afin que grosso modo les grands courants de pensée soient représentés dans cette Commission, de manière qu'il n'y ait pas une mentalité... je ne dis pas de mafia, mais une mentalité de compagnonnage, sans vouloir faire des allusions à Monsieur Germano.".

Il Presidente della Giunta, BIONAZ, dichiara:

"Je crois que la question a échappé à l'attention de Monsieur l'Assesseur; aux lettres a), b) et c) moi j'ajouterais la lettre d): "littérature valdôtaine". Je crois qu'aussi du point de vue de la formation... sur les sujets qui devront être traités par le livre, j'ajouterais la littérature valdôtaine, donc j'ajouterais une lettre d). Je pense que cette lettre a échappé à Monsieur l'Assesseur, et à nous-mêmes, quand on en a discuté.".

Il Consigliere BERTHET dichiara quanto segue:

"Je m'excuse, mais je dois contredire Monsieur Caveri. Monsieur Rodolico a été rappelé sur le problème par le soussigné, par Monseigneur Frutaz et en particulier par le Sénateur Page, lequel - vous connaissez ses méthodes - a créé une telle réaction dans la séance que le Professeur Cognazzo a dû intervenir lui aussi en nous donnant parfaitement raison et en priant Monsieur Rodolico d'être plus prudent dans ses affirmations.

En 1953-1954 l'Administration régionale avait fait quelque chose d'analogue et les résultats effectivement n'ont pas été des meilleurs, tant il est vrai que tous ses ouvrages n'ont pas été publiés; on n'a payé que les frais et pas plus que cela; mais alors ces Instituteurs, ces concurrents, qu'ont-ils fait? Ils ont publié à leurs frais les publications et c'est pour ceci que nous avons ce groupe de livres qui circulent dans nos Écoles et qui ne donnent pas pleine satisfaction à la culture valdôtaine, parce qu'ils ne respectent pas l'histoire, ni la géographie, comme nous prétendrions. Tout de même je suis parfaitement d'accord avec l'Assesseur Dujany d'avoir relancé ce concours. Je voudrais aussi demander que les ouvrages soient anonymes et que le jury soit nommé après la présentation de tous ces ouvrages, ceci évidemment pour l'expérience que j'ai eue dans d'autres concours.".

L'Assessore DUJANY dichiara quanto segue:

"Je voudrais tout de suite dire ceci: que le but de ce concours est justement celui de solliciter toutes les personnes qui ont la volonté de faire quelque chose de sérieux du point de vue de l'histoire et de la géographie valdôtaine, qui puissent avoir l'occasion de le faire et de le faire d'une façon évidemment satisfaisante, vu aussi le montant des prix.

En deuxième lieu, le but est celui de donner à nos enfants qui fréquentent les Écoles secondaires un instrument sérieux pour étudier l'histoire et la géographie valdôtaine. On n'a pas précisé des limites, on n'a pas précisé s'il doit être illustré ou non, ni le nombre des pages; on n'a rien voulu préciser pour laisser la possibilité, aux différentes personnes qui prendront part à ce concours, de développer les arguments selon leurs idées et leurs intentions, en sachant uniquement que ce livre doit servir pour des élèves des Écoles secondaires, c'est-à-dire des élèves de 15 à 18 ans.

Trois œuvres séparées, on disait, ce serait mieux de faire trois œuvres séparées au lieu d'en faire une seule. C'est vrai, si le travail est sérieux il doit être fait par des spécialistes; évidemment il faudra probablement un spécialiste en géographie, un spécialiste en histoire et en législation; ce n'est pas possible d'avoir un seul concurrent pour produire ces trois œuvres. On pensait à un travail d'équipe: cela n'enlève pas la possibilité, n'est-ce pas, que le volume soit un seul, parce que ce seront les concurrents mêmes qui chercheront de faire ce travail en équipe au lieu de le faire singulièrement.

Sur la question de la Commission la Junte n'a rien contre l'adhésion aux requêtes qui ont été faites en proposant la modification du point n° 4 en ce sens: la Commission sera alors composée de cinq membres, un Professeur d'Université - au moins un -, un Professeur en service dans les Écoles moyennes de la Vallée d'Aoste et trois représentants de l'Administration régionale.".

Replica quanto segue il Consigliere CAVERI:

"Que ce soit des personnes éminentes dans la culture valdôtaine, parce qu'autrement on nomme... il faudrait le dire cela.".

Dichiara quanto segue l'Assessore DUJANY:

"Trois personnalités éminentes de la culture valdôtaine. Ensuite Monsieur Berthet me suggérait justement l'opportunité que les œuvres soient anonymes, alors évidemment cela aussi il faut le préciser.

La question de la Commission a une importance énorme; c'est un essai qu'on veut faire, et on va essayer de faire quelque chose, mais le problème de fond est, je crois, que la grande importance doit être attribuée à cette Commission, à ce jury, parce que si vous avez vu le point n° 5 "au cas où l'un ou plusieurs de trois premiers ouvrages classés ne seraient pas jugés dignes des prix, le jury pourra proposer à la Junte d'attribuer au lieu de ces prix une récompense, c'est-à-dire que ces prix pourraient, en théorie, ne pas être attribués, n'est-ce pas? Alors évidemment le Jury a vraiment une importance tout à fait particulière à cet effet.

Ensuite il faudrait ajouter l'anonymat des ouvrages.".

Il Consigliere CAVERI dichiara quanto segue:

"Je suis d'accord avec certaines choses qui ont été dites par le Conseiller Berthet et je me réjouis que l'Assesseur Dujany ait accepté au moins en partie... et pour mon compte je ne sais pas si je parle seulement à titre personnel ou au nom de mes collègues, mais je pense qu'effectivement une Commission où il y a un Professeur universitaire, un Professeur d'école moyenne et trois personnalités éminentes de la culture valdôtaine, cela pourrait aller assez bien comme distribution. Que ce ne soient pas des gens d'une même théorie et d'une même confrérie reste toujours une préoccupation et une recommandation.

Je me permets d'insister sur le fait qu'il faudrait séparer les matières. Moi, je suis d'accord avec ce qu'a dit Bionaz, c'est-à-dire qu'il fallait aussi parler de littérature à la lettre d), mais voyez-vous, si quelqu'un doit écrire un livre où l'on parle de géographie, d'histoire, de droit et de littérature... Monsieur Bionaz m'a fait le reproche d'être encyclopédique quand j'ai traité le problème de la Cogne, mais celui-ci devrait être vraiment une espèce de Leonardo da Vinci, parce que, vous savez, traiter la géographie, l'histoire, le droit constitutionnel et administratif et la littérature... moi je ne sais pas qu'il y a en Vallée d'Aoste qui pourra faire un travail de ce genre! J'ai dit "en Vallée d'Aoste" entre parenthèse, il faudrait dire que les émigrés peuvent concourir; il faudrait peut-être le dire que les émigrés valdôtains peuvent participer à ce concours quelle que soit leur nationalité, ou quelque chose d'analogue.

Je retourne à la question des matières qui me semble une importante. Alors il est presque impossible de trouver un super-encyclopédique qui écrive un livre sur quatre matières tellement différentes. Dujany dit une chose qui est assez raisonnable, parce qu'il dit: oui, mais cependant quatre spécialistes peuvent se mettre ensemble et travailler en équipe; cela est vrai, et je vous dirai de plus, qu'en 1951-1952 j'avais convoqué un tas de personnes cultivées de la Vallée d'Aoste, une quinzaine à peu près, et j'avais proposé de faire l'encyclopédie valdôtaine, c'est-à-dire une grande publication digne, à un niveau intellectuel très élevé, où il devait y être la géographie, la météorologie, la faune, la botanique, l'histoire, l'économie de la Vallée d'Aoste, et ainsi de suite. Cette initiative a été prise en considération, la Junte a délibéré, il me semble que même le Conseil a approuvé, mais rien n'est sorti. Pourquoi? Parce que c'est difficile de trouver des gens qui désirent travailler en équipe. Aller trouver quatre personnes en Vallée d'Aoste qui se mettent d'accord pour faire un seul ouvrage sur quatre matières... moi, pour mon compte, je ne dis pas que je veux concourir pour faire la partie de l'histoire, mais si je me lançais à faire un travail de ce genre, qu'évidemment je ne pourrais pas faire parce que j'ai d'autres occupations... mais est-ce que je pourrais accepter dans mon équipe quelqu'un qui a écrit un livre d'histoire, de géographie - je ne cite pas le nom - qui ne vaut rien du tout? Non! Pour une question de dignité intellectuelle, d'amour propre, on n'est pas disposés à prendre des gens au niveau post-élémentaire et de collaborer avec ceux qui sont à un niveau trop modeste. Et alors, voyez-vous, l'idée d'une équipe serait très belle, il faudrait une équipe de 15 personnes pour faire un grand "monumentum", disons, de la culture valdôtaine. On pourrait le faire, ce serait très intéressant d'étudier quelque chose de ce genre, ce serait quelque chose plus grandiose que celle-ci.

Évidemment quand Monsieur Dujany pense au livre pour les Écoles moyennes supérieures il pense à quelque chose de plus modeste, mais je crois que l'idée d'une encyclopédie valdôtaine - appelons-la comme nous voulons - ne doit pas être abandonnée, compte tenu qu'il y a encore des personnes en Vallée d'Aoste qui ont des intérêts intellectuels et pour cela ils sont considérés comme des espèces d'habitants d'un autre planète, parce que maintenant si quelqu'un s'occupe de questions intellectuelles il est considéré comme un original, comme un homme qui fait rire. Et alors, je me permets d'insister, méditons sur ce fait qu'il faudrait vraiment séparer les matières, peut-être en rendant plus modestes les prix; il s'agirait de redistribuer, mais celle-ci est une chose secondaire. Je me permets d'insister parce qu'il est impossible qu'il y ait un qui puisse écrire sur quatre matières si différentes. Je suis d'accord avec ce qu'a dit Monsieur Bionaz, qu'il faut ajouter la littérature, c'est très vrai, mais alors où nous trouvons celui qui écrit ces quatre matières? Est-ce possible de trouver quatre personnes qui se mettent ensemble à écrire un livre en équipe sur quatre matières différentes? C'est très difficile! Il me semble alors que l'on doit réfléchir et voir si ce n'est pas le cas de séparer et de faire quatre publications différentes.".

Il Consigliere ANDRIONE dichiara quanto segue:

"Je voudrais proposer avant tout deux modifications, mais simplement linguistiques, techniques. Au point b), là où on dit "histoire et législation politique", je demanderais qu'on écrive "histoire et institutions politiques, administratives et religieuses"... institutions, comme il y a eu des changements... et là où l'on dit, au point c) "législation administrative", mettre "législation constitutionnelle et administrative, autonome de la Région".

Je dois dire que pour une fois... ou du moins que je ne suis pas complètement d'accord avec ce que Monsieur Caveri vient de dire et ce qu'a dit Monsieur Bionaz. Il y a maintenant en matière d'historiographie une tendance qui est différente de celle qui a dominé pendant plus d'un siècle et où l'on fait des ouvrages très techniques: par exemple Frédéric Chabod, avec son "Histoire de la diplomatie italienne en 1838 et 1911", c'est-à-dire une période très limitée et seulement sur un point historique, un ouvrage de profondeur, ou sinon, quand on parle en général d'histoire, on fait quelque chose qui ne tient pas seulement compte de l'histoire civile comme on l'appelait autrefois et que nous avons étudié, voire la Bataille de Marengo du 14 juin 1800 ou la Bataille d'Austerlitz du 2 décembre 1805. Mais c'est une histoire dans le sens le plus complet, et où l'on parle de l'art de la littérature, des mœurs sociales, c'est-à-dire on fait quelque chose qui est une synthèse. Évidemment c'est quelque chose de très difficile, mais on ne met pas le mot "histoire" simplement pour faire comme on a fait jusqu'à maintenant: les Salasses, les Romains, les Burgondes, ou... et cette suite un peu pénible de choses.

Par conséquent, moi je suis favorable à cette conception plus synthétique, évidemment complète, et je partage assez ce que Monsieur Dujany a dit: que pour les nécessités scolaires, il faut arriver, même si à travers un travail d'équipe, à un seul livre.

Je reprends ce que Monsieur Berthet a dit en demandant que le jury soit nommé après que les travaux seront présentés, parce que sinon l'anonymat risque d'être un peu le secret de Gribouille, c'est-à-dire un secret qui est connu par tout le monde et, par conséquent, ne plus utile.".

Il Consigliere GERMANO chiede all'Assessore alle Finanze su quale voce del bilancio vengano stanziati i 9 milioni.

Il Consigliere CHAMONIN dichiara quanto segue:

"Moi je pense qu'effectivement est très beau le travail en équipe, comme le disait l'Assesseur Dujany, mais quand même je pense qu'il serait absolument nécessaire de séparer les matières, parce que le livre peut être très valide pour trois points des quatre traités et en faire absolument le meilleur, mais être tellement non valide sur une seule des matières traitées que ce livre doit être absolument écarté. Donc, je pense vraiment qu'il faudrait que les quatre matières soient traitées séparément parce que, évidemment, il peut y avoir des équipes qui ont travaillé très bien sur une matière et moins bien sur une autre. Il faudrait vraiment que quand même ce livre somme en lui-même tout le mieux possible sur ces quatre matières et s'il faut, pour des raisons techniques, pour les écoles, n'avoir qu'un seul ouvrage, cet ouvrage peut quand même réunir quatre matières traitées, par exemple par quatre équipes différentes.".

L'Assessore all'Istruzione DUJANY dichiara:

"Le problème de fond je crois que c'est celui-ci et, si on veut évidemment faire quatre travaux différents, il faut changer aussi le point n° 3, parce qu'évidemment le premier prix est rapporté au principe qu'il y ait qu'une œuvre, n'est-ce pas? Cela demanderait toute une analyse, alors moi je demanderais d'étudier la question et de la reporter aujourd'hui dans l'après-midi...

Pour ce qui concerne le financement, n'est-ce pas, on demandera au Conseil un mandat général à la Junte pour toutes les délibérations d'exécution du point de vue du financement, du point de vue du financement il y a le fameux article des œuvres scolaires et cetera... c'est un article général qui paraît dans le bilan.".

Il Consigliere CAVERI dichiara quanto segue:

"Je suis d'accord avec ce qui vient de dire Monsieur Dujany, et je me permets de briser une lance pour ce qui concerne la séparation des quatre matières: c'est très difficile dans un Pays comme le nôtre, avec le caractère individualiste qu'il y a, de trouver quatre personnes qui se mettent d'accord ensemble pour faire un livre en quatre parties. Ce serait souhaitable et ce serait une belle chose, mais c'est très difficile. Alors qu'est-ce qu'il arrive? Il arrive que l'individu qui doit écrire le livre en quatre parties, sur ces quatre parties qui sont tellement divergentes, n'est-ce pas, comme inspiration et comme vocation littéraire ou scientifique, finit par être ce qu'on dit en italien "un generico" qui fricote un peu l'histoire, un peu de géographie, un peu de droit et ça sort toujours le même fricandeau.

Andrione n'est pas d'accord avec moi, mais cela démontre en tout cas qu'il y a la démocratie dans l'Union Valdôtaine, parce que quand au Conseil un Unioniste soutient une chose et l'autre soutient une thèse diamétralement opposée, c'est la plus belle preuve que - on parle assez souvent de dictature dans l'Union Valdôtaine - que dans l'Union Valdôtaine il y a la démocratie.".

Il Presidente MONTESANO rimanda pertanto la trattazione dell'oggetto.

Il Consigliere ANDRIONE aggiunge quanto segue:

"Vous permettrez que j'ajoute encore une question. Il faut tenir compte qu'il s'agit d'une chose qui est destinée aux Écoles...

Sur l'autre point moi je n'avais pas compris et j'avais fait une proposition. Vous parlez maintenant de quatre points, mais il me semble que la question de la littérature devrait être comprise dans cette synthèse historique et donc ne pas mettre un livre pour la littérature valdôtaine, parce que, écoutez, il y a une tentative de Bréan avec cette anthologie, mais alors là vraiment nous nous mettons dans un champ qui est très, très vaste et qui doit être étudié, ou entre autres, pour ne pas faire des noms, du Chanoine Durand, qui a fait quelques faux livres célèbres, parce qu'il était très plaisantin. Je crois que si vraiment on veut élargir à ce point-là pour faire un livre de littérature valdôtaine qui soit sérieux, il faut faire une équipe de spécialistes, parce qu'évidemment vous ne pouvez pas faire un livre, être un spécialiste du Moyen Age jusqu'arriver aux derniers écrivains. Et alors effectivement on retombe dans ce dont parlait maintenant Monsieur Caveri, c'est-à-dire dans une chose très générique et très superficielle. Voilà, moi je me permets de dire ceci, si on veut faire une synthèse sérieuse pour l'école, là où l'on parle d'histoire et d'Institutions politiques valdôtaines, on doit parler de l'art, on doit parler des mœurs sociales, on doit parler de la littérature, mais évidemment d'une façon synthétique, sérieuse, sans affronter à fond tous les problèmes. Cela me semble un peu... c'est-à-dire que ce n'est pas à un niveau universitaire, c'est à un niveau d'écoliers du Lycée qui sont quand même préparés mais qui sont encore des écoliers du Lycée, ce n'est pas une Université, ni une encyclopédie dont parlait avant Monsieur Caveri.".

Il Consiglio prende atto del rinvio.

Il Presidente, MONTESANO, propone in chiusura la trattazione del punto n. 10 in seduta segreta, essendoci la nomina di una Commissione. Invita pertanto il pubblico a lasciare la tribuna.

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Si dà atto che la seduta è sospesa alle ore 12 e minuti 57 e rinviata alle ore 15 e minuti 30.