Oggetto del Consiglio n. 88 del 21 aprile 1967 - Verbale

OBJET N° 88/67 - Célébration du XXIIème anniversaire de la Libération du Pays - Commémoration du premier anniversaire de la tragédie de Ceva.

Monsieur le Président de la Junte, BIONAZ, déclare ce qui suit:

"Mardi prochain nous célèbrerons le XXIIème anniversaire de la Libération du Pays. C'est une date mémorable pour toute la Nation, mais je crois que vous serez d'accord avec moi pour dire que cette date est peut-être encore plus mémorable pour nous Valdôtains, car elle marque vraiment la date de la naissance de notre résurrection sanctionnée par l'Autonomie.

Après des années de lutte sur toutes les montagnes de la Vallée, les combattants de la Résistance eurent enfin la satisfaction morale de constater que leur long combat avait atteint son but et que le sacrifice de leurs camarades - qu'il s'agisse des soldats du Maquis ou de ceux des villes luttant en civil - n'avait pas été vain.

C'est à tous - que j'embrasse indifféremment dans un unique et respectueux hommage - que nous devons l'Autonomie dont nous avons pu apprécier les bénéfices inestimables pour le développement économique, social, culturel de la collectivité valdôtaine. Et nous leur sommes débiteurs également de la forme de gouvernement démocratique sous laquelle nous vivons, qui sera - souhaitons-le - de toutes nos forces celle sous laquelle vivront toujours les Italiens, car la clandestinité, les souffrances, la faim, les angoisses, les opérations de guerre contre l'ennemi n'avaient qu'un objectif: retrouver enfin la Liberté. C'est pour cela que nous avons combattu, Valdôtains venus des campagnes, de la ville, ouvriers, employés, agriculteurs ou appartenant aux professions libérales, tous unis dans le même idéal de liberté, bien que liés aux tendances politiques les plus diverses.

Notre but était d'abolir la dictature, depuis il n'a pas changé; nous continuerons à être contre la dictature, contre les menées personnelles, car nous sommes profondément Démocrates et nous désirons que les affaires publiques soient dirigées par la volonté du Peuple valdôtain.

Il nous appartient de nous montrer dignes de l'héritage qui nous a été légué. Il nous appartient, à nous tous, de renforcer, de développer et de protéger cette Autonomie si chèrement acquise et grâce à laquelle tant de bon chemin a pu être accompli au cours de ces derniers 20 ans et un autre beau morceau de chemin sera parcouru par la jeunesse valdôtaine de demain.

Et voici qu'en prononçant ce mot de "jeunesse", je pense que revient en ces jours le premier anniversaire de la terrible catastrophe de Ceva, où périrent 8 personnes que nous connaissions de près et, parmi elles, Monsieur le Député Corrado Gex, jeune valdôtain d'une grande valeur, de vive intelligence et auquel le plus brillant avenir était assuré.

Que dire en ce douloureux anniversaire qui n'ait déjà été dit? La brutalité aveugle de l'accident nous laissa comme pétrifiés et le seul recours que nous avons, nous autres Chrétiens qui croyons à l'au-delà - et espérons dans la vie future - c'est la consolation de penser que Dieu les a accueillis dans son sein, dans son infinie bonté.

Nous nous inclinons avec émotion devant les membres de la famille et gardons en nos cœurs le souvenir toujours présent de ces huit disparus que chacun de nous a connus à des titres divers, elles étaient toutes absolument des personnes estimables et attachantes.

Leurs visages demeureront en nos mémoires et la Vallée d'Aoste toute entière - je le sais et je peux en lire l'approbation dans vos regards, Messieurs les Conseillers - s'associe à nous en ce moment pour se recueillir et évoquer cette tragédie qui, à un an de distance, nous fait encore trembler et souffrir du plus amer et profond regret.".

Monsieur le Conseiller CHAMONIN déclare ce qui suit:

"Il y a un an, la Vallée d'Aoste était secouée par une nouvelle terrible: l'avion de Gex était précipité sur une anonyme colline du Piémont.

Au premier abord, ce fut l'incrédulité sur la possibilité que Corrado, lui, si calme, si maître de lui-même, si capable, lui qui était habitué à voler sur nos plus hautes montagnes même avec le mauvais temps, à atterrir sur nos plus hauts glaciers, lui, premier pilote des neiges en Italie, ait pu commettre une imprudence ou ait dû succomber à une telle fatalité. Cela était incroyable mais, petit à petit, les nouvelles confirmaient l'impossible: Gex et ses compagnons de voyage étaient tous décédés.

Et l'on assista alors à Aoste à ce magnifique témoignage d'estime envers l'ami si tragiquement disparu; on s'aperçut alors combien Gex comptait réellement, non seulement comme homme politique, mais comme homme tout simplement; on vit alors combien sa simplicité, sa gentillesse, son éducation; sa manière de faire avaient fait prise sur les gens de toute condition.

Il avait le don de se faire aimer au premier abord, sa spontanéité le faisait communiquer immédiatement avec quiconque: de l'homme mûr au petit enfant.

Je me trouvais un jour à l'Aéroport d'Aoste avec ma fille et ma femme pendant que Gex était en train d'atterrir: il arrivait de Courchevel. Comme il nous vit, il s'approcha avec son si bon sourire et demanda à ma fille si elle voulait faire un tour avec lui en avion: et cette petite fille, qui n'avait jamais volé et qui n'est pas particulièrement courageuse, lui donna la main avec une si totale confiance que ma femme et moi en restâmes ébahis, et elle partit tranquillement avec lui.

Voilà surtout où les dimensions humaines de l'homme se faisaient apprécier: sa capacité de susciter l'immédiate confiance de son interlocuteur.

Sa carrière d'homme politique fut extrêmement brillante, bien que tragiquement trop courte. Je ne veux pas retracer ici les étapes de cette splendide carrière que nous tous nous connaissons - je le dois à sa mémoire - le témoignage de sa droiture, de sa franchise.

Corrado n'était pas l'homme des commissions plus au moins subtiles, des jeux politiques plus au moins cachés; Corrado était l'homme de la clarté et plus il murissait politiquement, plus ses positions devenaient intransigeantes, fermes, claires.

La Vallée d'Aoste a perdu un de ses fils les meilleurs; l'avenir politique du Pays a perdu un homme loyal, capable, équilibré, un homme qui avait tout pour devenir, dans un avenir tout proche, un chef.

Nous, nous avons perdu un ami, un compagnon de route; il nous reste son souvenir, il nous reste le souvenir de son regard franc, de son sourire, de sa joie de vivre même parmi les tempêtes de la vie politique.

Il nous reste la tendresse mélancolique d'un petit fragment d'une poésie de lui: "Dz'ì deun mon cœur la douceur d'euna dzornaie bien accomplia". Journée bien courte, hélas, mais suffisante à nous le rappeler pour toujours.".

Monsieur le Conseiller ANDRIONE déclare:

"Au nom du groupe de l'Union Valdôtaine je voudrais m'associer aux regrets qui ont été exprimés pour les victimes de la tragédie de Ceva et, tout particulièrement, pour la disparition de Gex que nous avons eu comme ami et compagnon de lutte pendant bien des années.".

Monsieur le Conseiller ALBANEY déclare ce qui suit:

"Monsieur le Président, Messieurs les Conseillers, il y a un an, dans ce mois d'avril, s'accomplissait tragiquement le destin du Député Gex et de ses compagnons de vol.

Oui, il y a un an, notre famille valdôtaine a perdu des fils vaillants que personne ne pourra remplacer, car ces jeunes emportés dans le ciel de Ceva étaient tellement présents, tellement actifs et brillants qu'ils sont encore aujourd'hui avec nous.

Nous sentons leur présence spirituelle, nous conservons pour eux toute notre estime, notre amitié, comme si la mort qui les a pris n'existait pas.

Edy Tillot, dans le plein de sa formidable activité de journaliste et de correspondant de la R.A.I., il avait du sentiment valdôtain et, bien qu'il fut jeune, il gardait le sens de la mesure qui débordait seulement dans l'amour du Pays, de nos traditions et de nos montagnes.

Monsieur Chiavenuto avait un grand intérêt pour les avions, une passion pour la technique du vol qui dominait toute sa vie; il était courageux, modeste, tenace et, lorsqu'il avait un peu d'argent, il ne refusait jamais d'aider les pauvres gens, parce qu'il avait un cœur généreux. Maintenant le journal L'Aeroporto vient de paraître pour la première fois après sa mort et nous pensons que c'est une juste façon de penser à Monsieur Chiavenuto qui, à cet hebdomadaire, dédia toutes ses précieuses qualités de journaliste.

Mademoiselle Marussa Zagari, employée chez notre Administration, aimait profondément le Val d'Aoste. Elle avait terminé ses études par une brillante thèse sur le patois de notre Pays; elle était douée d'une grande intelligence et d'une connaissance solide des problèmes sociaux.

Messieurs Andorno, père et fille, bien estimés et appréciés par tout le monde; la fille, employée elle aussi au Département du Tourisme, était une précieuse collaboratrice de ses collègues et de ses supérieurs.

Monsieur Maglione et Mademoiselle Coudre. Le Major Maglione, ami de la famille Andorno, et Marie Coudre, brillante journaliste, professeur estimé par tout le monde, dynamique et sensible, qui aimait notre Vallée comme une seconde patrie.

C'est la longue liste des compagnons de voyage du Député Gex, représentant de la Région Autonome de la Vallée d'Aoste au Parlement Italien.

Corrado Gex était un véritable valdôtain, un jeune capable, qui participait à la vie politique pour un meilleur avenir de notre Pays, avec un esprit de sacrifice et un caractère modeste, malgré des qualités de formation intellectuelle, l'envergure et le prestige de sa personne.

De la vie, des œuvres de Corrado Gex nous parlerons encore dans nos milieux campagnards; aujourd'hui, par ces quelques mots, nous voulons seulement le rappeler, dire que sa lutte pour la civilisation alpestre, pour le fédéralisme européen, pour la foi catholique, pour nos mœurs, pour la valorisation de notre Autonomie n'a pas été inutile, car les jeunes ont un exemple lumineux à suivre.

L'élève du Chanoine Bréan, le disciple du Chanoine Durand, le régionaliste convaincu, l'Assesseur au Département à l'Instruction Publique, le Député valdôtain, était un jeune qui plaçait les intérêts de la communauté valdôtaine au-dessus des intérêts personnels.

C'est pourquoi le Pays aujourd'hui le rappelle.".

Il Consigliere GERMANO dichiara quanto segue:

"Come Gruppo Comunista ci associamo alla celebrazione del 25 aprile fatta dall'Avvocato Bionaz. Ricordiamo anche noi i Caduti; dobbiamo però fare rilevare proprio in questa occasione - e non credo che sia una nota discorde - il fatto che, a 20 anni di distanza da quella grande lotta, gli ideali per cui molti operai e contadini valdostani hanno dato la loro vita non sono ancora stati realizzati.

L'Autonomia è ancora una cosa che deve essere conquistata con la lotta; pensiamo solo che da 18 anni si studia la Zona franca e non si presenta il progetto di legge della Zona franca.

La considerazione che dobbiamo fare, secondo noi, è questa: l'unità della Resistenza ha perso la conquista dello Statuto autonomo, la divisione attuale delle forze politiche valdostane ne impedisce la piena realizzazione. È necessaria una nuova unità di tutto il Popolo valdostano.

Ci associamo anche alla celebrazione dell'Onorevole Corrado Gex e di tutti i suoi compagni che sono tragicamente scomparsi con lui. Nel ricordarli, e nel ricordare particolarmente Corrado Gex, noi ricordiamo il giovane che si batteva per le sue idee, che si batteva per l'Autonomia e ricordiamo l'amarezza con cui, poco prima della sua dipartita, ci comunicava l'attacco che veniva fatto alla scuola valdostana.

Credo che il modo migliore per ricordarlo sia quello di continuare a battersi per le sue idee e per la realizzazione dell'Autonomia in cui lui credeva. Credo che il modo migliore per ricordarlo sia anche quello di fare in modo che la Costituzione Italiana sia rispettata e che la Valle d'Aosta abbia la sua rappresentanza in Parlamento.".

Il Consigliere PEDRINI dichiara quanto segue:

"Sull'anniversario del 25 aprile io mi associo, evidentemente, e penso che Il Monitore Valdostano, riportando l'articolo di fondo, esprima ancora una volta il pensiero della corrente liberale su questo argomento.

Per quanto riguarda l'Onorevole Gex e tutti gli altri, chiaramente non possiamo non associarci con tutto il cuore a quanto detto su questo giovane che era una delle speranze valdostane, che era un giovane di ampio respiro, che avrebbe potuto lavorare veramente - pur dissentendo io dalla sua opinione politica - in favore della Valle d'Aosta.

Mi sia consentito adesso, qui, un particolare ricordo sia per l'amico Tillot che per l'amico Chiavenuto, compagni di lotta ai quali io mando un affettuoso ricordo, un amicale ricordo, uomini di primo piano che si sono battuti, sia pur giovani, per il miglioramento della Valle d'Aosta.".

L'Assessore BALESTRI dichiara:

"Ricordando la tragica tragedia subitanea successa un anno fa, a Ceva, e che ci colpì, ancora oggi ci rimane negli occhi quell'impronta di questa inaspettata tragedia che travolse otto vite umane fra amici, collaboratori. Siamo veramente commossi.

Il ricordo di Corrado Gex, che tanta generosità, con la sua gioventù, impresse in tante attività a beneficio della Valle d'Aosta, ci lascia perplessi, per tante considerazioni, e ci stimola nel loro ricordo per tutto quanto noi dobbiamo operare per la nostra Valle.

Il Partito Socialista, commosso, rende omaggio a queste persone.".

Il Presidente, MONTESANO, dichiara:

"Sarebbe stato doveroso che il Presidente del Consiglio avesse commemorato gli scomparsi della tragedia di Ceva a nome del Consiglio, ma io ho creduto più opportuno che in questa seduta, per il giorno anniversario della tragedia, avessero parlato tutti i Capi Gruppo e quindi avessero espresso questo cordoglio e tutti i sentimenti di ogni Gruppo.

Io personalmente non posso fare altro che associarmi alle parole di tutti e ricordare ai Consiglieri che il giorno 25 aprile, proprio nel giorno anniversario della tragedia, sarà scoperta una stele ricordo all'Onorevole Gex ed ai sui compagni di avventura sul Campo di Aviazione.

Io credo che, se ancora non sono giunti gli inviti e le comunicazioni, arriveranno in mattinata, in modo che il Consiglio regionale e la popolazione valdostana, in quella giornata e in quella sede, sapranno ricordare degnamente gli scomparsi della tragedia di Ceva".

Il Consiglio prende atto.